7 Aatankwadi (2005)

7aatankwadi
Le grand Jageera, le plus terrible des terroristes islamiste pakistanais recherché par les polices de 21 pays, et sa fine équipe de bras droits, dont le fidèle Abdullah, menacent de tuer la famille du premier ministre indien. La tentative échoue grâce au courage du docteur Suraj (Avinash Wadhavan), un séducteur en pleine réussite. Le frère de Jageera chargé de l’opération est tué par la police. Jageera et sa bande vont alors prendre le Dr Suraj et sa femme en otage dans leur maison. Jeu de pouvoir d’influence et d’argent, la tension monte dangereusement entre les 4 murs.

2h30 au coeur d’un pur nanar atomique Bollywoodien.
4-50
Il y a des nanars qui véhiculent une réputation très flatteuse mais auxquels on n’ose s’attaquer seul sachant d’une que c’est surement très mauvais, et de deux dans le cas présent, qu’il dure au minimum 2h30 puisqu’il est Bollywoodien. Une séance collective est donc une bonne occasion de tenter à plusieurs ce que l’on n’ose faire seul. Choisi au départ pour seule envie d’en voir quelques images, 7 Aatankwadi s’avère très vite tellement affolant et jubilatoire qu’il mérite sans crainte ses 2h30 et sans télécommande qui plus est.

Considéré tout de même comme un poids lourd kitsch même chez les amateurs de Bollywood, 7 Aatankwadi est aussi un vrai nanar ultra juteux réalisé et interprété avec passion, tellement mal réalisé et premier degré qu’il en devient très vite à mourir de rire, dès les premières images en fait. Mais le challenge très ardu de ce type de sous productions reste de tenir la route et mieux de tenir en haleine malgré tout. De ce côté là, 7 Aatankwadi est une réussite totale. Rarement, on aura été aussi intéressé par les virages que prend un scénario et ce malgré la profonde débilité de l’ensemble.

De surcroît, mise à part cette histoire anti terroriste patriotique à suspens avec de l’amour dedans aussi lobotomisante par son insistance que surprenante par ses directions imprévisibles, l’oeuvre accumule du très lourd dans tous les compartiments. Le cast pour commencer ne fait pas dans la demi mesure. Avec le docteur Suraj, héros de la nation fier de sa maison répétant à qui mieux mieux son incorruptibilité, le terroriste ultime, Jageera, molosse moustachu persuadé que tout à un prix et dont le mot cabotinage n’a plus de secret depuis des lustres, Abdullah le bras droit, improbable Iznogoud Bollywoodien dont le regard vitreux de poisson lune laisse pantois dès sa première apparition, le premier ministre adepte du regard caméra et secrètement amoureux du héro (si, si, c’est un fait), 3 autres terroristes sans cerveau (sic), qui le soir même de la mort de leur copain vont fêter l’évènement en s’éclatant dans une boîte où une jolie potelée chante sa passion des téléphones portables, et une bonne dose supplémentaire de non acteurs ébourrifants et de non actrices à talons compensés, le film pose déjà une première couche conséquente.

La mise en scène est elle aussi un autre argument de poids qui cherche clairement à repousser les limites de l’héroïsme Bollywoodien dans des retranchements impensables de subterfuges inavouables. Pour dire, on ose même pas casser un téléphone portable de peur d’exploser le budget. On reste très loin aussi de la frénésie turque. L’action est loin d’être le noeud de l’affaire. Le but le plus probable de cette mise en scène car il s’agit bien de cela (il y a une vraie idée derrière les plans) semble le vertige des sens, jusqu’à la nausée. Du champ contre champ rotatif qui n’en finit plus de rotater, des zooms épileptiques étrangement paniqués à l’approche d’un téléphone (ne me demandez pas pourquoi), des erreurs de raccords capillaires, des combats à mains nus plus nuls encore que ceux des turcs, des gunfights champion du monde de l’inefficacité avec des pistolets en plastique qui se rechargent à chaque balle tirée, d’autres plans zoomés et répétés à la chaîne avec férocité, des contre plongées hideuses, etc, le réalisateur aussi inconnu que le film, Harvinder Pal, fait preuve d’une incompétence aussi gigantesque que son envie d’en mettre plein la vue côté tension et suspense insoutenable.

Si nous ajoutons à tout cela les décors kitsch d’une laideur insensée dont celui très monopolisé de la maison du docteur, lieu de toutes les tensions et espace à deux étages digne des plateaux de sitcoms AB Prod les plus colorées, ou d’une maison de poupées chics au choix, ainsi que les immanquables chansons parmi les summums du raté chorégraphique brutal, cela ne suffit pas à tout bon nanar qui soit pour mériter une telle note.
C’est véritablement le récit, les méandres du scénario oserais-je dire, le recyclage ultime du genre suspense à huit clos Hollywoodien, les répliques imparables (« Tu es comme la queue du chien, tu ne seras jamais droite ») les idéologies manichéennes dispensées collectivement tel un désenparant bourrage de crâne scolaire, la psychologie des personnages friable à souhait et pourtant creusée avec insistance, le duo principal quasi Shakespirien, le tissu social, politique, nationaliste et anti terroriste dépeint, la fixation inexplicable sur les téléphones, les latences délicieusement interminables, un sous-titrage français approximatif très en forme et un twist final aussi brillant qu’abassourdissant de con.nerie pour finir, qui font de 7 Aatankwadi un tout grand nanar made in Bollywood, une véritable oeuvre à part dont la surprise sait se renouveler jusqu’à l’ultime plan final.

http://www.cinemasie.com/fr/fiche/oeuvre/aatankwadi/critiques.html
21/01/2011
http://www.senscritique.com/film/7-aatankwadi/9261285869697016/critique/drelium/
01 7 Aatankwadi
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