Ninja Powa

Films de Ninja chroniqués sur La Queue du Chien

Alors vu que je suis censé être le spécialiste des Ninjas, je me dois de tenter de répondre à toutes les questions et les attentes… Donc :

Pour ce qui est du « sexe ninjesque », voyez plutôt une scène du classique Shaolin Dolemite (1999) …

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… avec l’attaque dite « du sein tabasseur. »

Ou le grand écart ninja en contre plongée et à poil, tant qu’on y est…

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… présent dans l’original et grand classique intercontinental Ninja, the Final Duel (1985) .

Ça, c’est fait.

Pour ce qui est « du sang, des révélations, des cascades mortelles, du ralenti ridicule et, peut-être, des femmes ninjas » Le même film cité plus haut ou sa préquelle, comment déjà, ah oui, Ninja, the Final Duel, ou tout autre film taïwanais du début des années 80 avec ninja dans le titre feront très bien l’affaire. Filtrez bien cependant les ninjas moustachus signés Godfrey Ho qui ne sont pas taïwanais contrairement aux idées reçues.

Citons donc aussi et dès maintenant les films de ninja de cette brillante lignée taïwanaise, la meilleure bien entendue, qu’il vous faut dans votre vidéothèque si vous êtes un véritable amateur de ninja au sens le plus noble du terme, vous savez ces films dont beaucoup ignorent même jusqu’à leur existence : Shaolin Vs Ninja (1981) , Mafia Vs Ninja (1983) , Wu Tang vs Ninja (1984) , Ninja Condors (1987) , Ninja Vs Shaolin Guards (1982) , The Super Ninja (1984) , Ninja in the USA (1985) , A Life of Ninja (1983) . Ho mais quelle surprise, un certain Alexander LO Rei est le héros de quasiment tous ces films. Voyez donc ce lien ci pour un portrait consistant du monsieur.

Autant le répéter haut et fort, j’aime le Ninja et les Ninjas Taïwanais sont les meilleurs de tous les ninjas .
La majeure partie d’entre eux fut formée au tout début des années 80 par un certain Robert Tai, voyez donc ce site ci pour de plus amples informations sur le monsieur.

Tant qu’on est dans ma vidéothèque Ninja idéale, ajoutons pelle mêle les autres indispensables du genre : Five Element Ninjas (1982) , Heroes of the East (1978) , Ninja in the Dragon’s Den (1982) ou encore Ninja in the Deadly Trap (1985) , jusqu’à l’inratable Watari the Ninja Boy (1966) en passant par le sommet Turc Death Warrior (1984) sans oublier le fond du fond du nanar Challenge of the Lady Ninja (1983)

Ca, c’est fait.

Passons aux questions plus personnelles :

Comment peut-on parler de ninja sans avoir vu Ninja the final duel ?

La réponse est dans la question !

Comment Mickey Rourke en catcheur masqué peut-il être plus intéressant qu’un ninja ?

Mickey Rourke veut faire son intéressant, pas le ninja !

Le film de ninja a toujours été un cas à part difficilement critiquable au premier degré, au même titre que les films de catcheur masqué, souvent placé en dessous même des films japonais de monstres, de robots géants et autres super justiciers en équipe. Vu qu’aucune star ne souhaite incarner un guerrier non seulement totalement masqué mais de surcroît totalement opaque et mystérieux, la mythologie du ninja elle-même se répand où elle peut, c’est à dire en secret et dans les bas-fonds.

Le catcheur masqué a aussi une vie sous son masque. Le robot géant est contrôlé par un gamin et une télécommande, l’équipe de héros déguisés de Watchmen sortent ensemble la nuit, les fake-Batman, Batman, dérivé notoire du Ninja rappelons-le, font les pitres avec leur Robin. Pas le ninja.

Ninja = mystère, Ninja = silence… Tapi dans l’ombre, le vrai Ninja veille, mortel.

Pourquoi les dessinateurs de comics s’évertuent à imaginer des héros aux pouvoirs sensationnels sachant qu’un ninja aurait pu faire l’affaire pour rétamer n’importe quel salaud en costume ?

Si c’était tous des ninjas, on ne les reconnaîtrait pas ! Car bien entendu, tous les super héros en collant sont des dérivés du ninja.

Le Ninja est multiforme et multiculturel qu’on se le dise. Aura comique bas de plafond ou guerrier mortel et intouchable, la culture Ninja est vaste et sait se glisser dans les recoins.
La culture Flash par exemple, et sans aucun rapport, est une très bonne école d’animation où le ninja qui a la classe est très souvent mis en scène. Facile à dessiner, facile à mouvoir, charismatique avec une forme noire simple et deux yeux blancs, ou l’inverse, le ninja est parfait pour le rough. Sa façon unique de se mouvoir et d’attaquer, points primordiaux qui entretiennent le mythe du ninja, en font un sujet rêvé pour l’expérimentation.

Par extension, la culture vidéoludique (Shinobi, Samurai Spirits, Nina Gaiden, etc…) a considérablement redoré le blason du ninja, de même les animés japonais (Naruto, Ninja Scroll (1994), etc) restent de solides références du genre ninja.

Célèbre label electro britannique, Ninja Tune et son logo « Ninja lanceur de vinyle » prouve encore une fois que le Ninja est cool et sait de quoi il parle, il fait partie intégrante de la culture underground.

Et pourquoi les ninjas au cinéma sont si mal représentés ? Pourquoi sont-ils toujours ridicules ? Pourquoi Flic ou Ninja est si mauvais ?

Très peu considéré cinématographiquement, le ninja est bien un genre à part qui agonise depuis plus de 20 ans et n’a jamais réellement supporté les feux du succès. Même au Japon, pays du Ninja où ses racines ancestrales l’ont maintes fois porté sur le grand écran, il n’existe que trop peu de chefs d’œuvre du genre, voire aucun, encore moins à l’étranger que ce soit à HK, en Corée, à Taïwan, aux Philippines, en Indonésie, en Turquie, en Inde, en Europe, Aux États-Unis, en Amérique Latine, en Australie… Niente.

Le Ninja est donc jusqu’ici bis et malmené, élément comique torturé, sous-fifre invisible ou au mieux guerrier respectable mais fauché. Peu loquace, il pâtit de sa secrète mystique autant qu’il en brille, alors que ses origines d’espion déloyal sont le plus souvent mises en avant. Guerrier secret aux tactiques sournoises, personnalité ultra codifié, le Ninja désigne tout autant un agent furtif, un groupe secret organisé et commandé par une personnalité retors, qu’un justicier solitaire, sorte de Ronin du pauvre.
Passer inaperçu et dans le même temps se démultiplier semblent donc plutôt cohérent pour un ninja, d’autant qu’aucun code Bushido ne vient renforcer ses racines, les premiers ninjas n’étant même que de simples paysans rebelles.

Si tout le monde s’entend pour dire que le ninja de cinéma tel que le public le perçoit le plus largement remonte à KOSUGI Sho en 1979, l’époque où la Cannon et son (super naze) Enter the Ninja (1981) suivi de ses séquelles, montre enfin un vrai ninja japonais héros d’un film, il est moins clairement établi, et pourtant il faudrait le dire plus souvent, qu’au-delà des America Ninja (1985) et autres ninjas américains dévastateurs pour son image, c’est bien ce diablotin de Godfrey HO Chi Keung qui a définitivement tué le mythe en traînant le ninja dans les fanges des pyjamas fluos et des gweilos moustachus les plus innommables.

Selon IMDB, Godfrey Ho a réalisé 90 films dont approximativement 40 contiennent le mot « ninja » dans leur titre. Autant dire que le bonhomme et ses compères Thomas TANG Kaak Yan et Joseph LAI , ne se sont pas gênés pour rentabiliser les 2 en 1 en bourrant le crâne des masses avec une science chirurgicale du marketing ciblé, participant largement à l’image désastreuse que trimballe le Ninja de cinéma dans l’inconscient collectif. Ajoutez les séquelles de la Cannon (Pray for Death et autres Ultime violence), nullissimes, n’ayons pas peur de le dire, on comprend mieux pourquoi le ninja se fait rare aujourd’hui jusqu’à l’éradiquer totalement au cinéma.

Donnez moi un titre de film de ninja sérieux et respectable qui ne soit pas japonais ?

Introuvable quasiment. Hormis deux exceptions Hongkongaises (Duel to the Death (1983) et Heroes of the East (1978) ), j’ai beau scruter même jusqu’en Corée, c’est introuvable ou presque. Ninja in the Dragon’s Den (1982) de Corey YUEN Kwai qui surfe directement sur la vague ninja japonaise de l’époque (Shogun’s Ninja (1980) et autres petites bisseries nipponnes sans grand intérêt…), bien que très recommandable lui, est davantage porté sur la comédie.
Les Ninjas classiques quant à eux ont beau fourmiller au cinéma, ils ne sont toujours que seconds rôles, le plus souvent en grappe impersonnelle et vite entraperçus. Les Ninjas restants font eux dans la parodie tarte (merci les navets Ninja nippons post-2000, Nin x Nin (2004) et autre Red Shadow (2001) ) jusqu’aux délires les plus puérils (le néanmoins excellent Watari the Ninja Boy (1966), San Ku Kai (1979) , la télé nippone, etc).

Et en effet, nous pouvons aussi considérer le cinéma japonais classique avec des ninjas dedans (Samurai Spy (1965) , Manual of Ninja Arts (1967) , Castle of Owls (1963) , etc) comme très secondaires devant la place cinématographique du Samouraï ou même du Ronin. Historiquement, un héros se détache tout de même, Hattori Hanzo, le « célèbre » Ninja réputé invincible au service du clan Tokugawa que l’on retrouve dans Kill Bill, le jeu Samouraï Spirits, le manga Basilisk, les films et le manga Babycart entre autres, mais toujours en second rôle, à l’opposé de la ribambelle de héros samouraïs multi-serialisés Jubei Yagyu, Itami Hanzo, Ogami Itto, Nemuri Kyoshiro, etc.

cf l’excellent vintage ninja pour plus de ninjas japonais classiques.

Il n’y a plus alors qu’à considérer le ninja comme situé au dessus des concepts de bons et de mauvais films sinon, c’est la déception quasi assurée. Le Ninja possède une puissante mystique, hélas, de son lourd pédigrée historique et de toutes les possibilités visuelles qu’il offre, il s’est vu exploité jusqu’à la moelle, en particulier dans la pire des périodes du cinéma pour se faire exploiter, les années 80.

Oui, le ninja est malmené, mystérieux, mal connu mais songez aux terribles épreuves qu’il a bravement surmonté tout au long de ces longues années de cinéma . Le Ninja dans son éternel mystère cache aujourd’hui ses plus belles pépites patiemment semées au plus profond de toutes les filmographies du monde, tel un Lord of the Underground. Qu’il soit Turc ou Taïwanais, Indien, Brésilien, Français ou Nigérien, le ninja vous attend dans les turbins les plus malfamés et fera toujours le bonheur du gamin qui cherche un brin de baston folle, du shadow kick d’arbres en arbres et des pluies de shurikens qui s’abattent sur une armée de mannequins volants.

Force est de constater qu’à ce jeu là, rien ne surpasse jusqu’à présent la puissance du Ninja Taïwanais à l’oeuvre, le vrai ninja du coin élevé au grain, celui qui se lève à 5h00 et part courir dans la forêt avant d’enfiler sa belle tenue blanche pour tanner du récalcitrant avec le vrai style du Ninja justicier, un vrai respect du mystère, de la magie et des surprises qu’est censé posséder un ninja, Alexander Lou en ninja en somme. Alexander restera toujours le meilleur ninja car
1) c’est un superbe athlète et
2) il est 10 fois plus charismatique camouflé en ninja que tête nue.

Terminons par une petite ode :
Ô toi immortel et invincible ninja, guerrier mystérieux dont la mystique se répand dans les traditions les plus séculaires, toi qui hante sans relâche les vicissitudes des filmographies les plus reculées, et qui fort de ta magie obscure et colorée, toujours inconnu te glisse dans les cultures cinématographiques du monde entier sans jamais créer de stars ni de remous, tu brandis sans relâche ta devise aux 4 coins du globe : justice de l’ombre !

http://www.cinemasie.com/fr/fiche/dossier/368/

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