Mystery Men (1999)

mysterymen
Trois modestes apprentis héros, Roy surnommé M. Furieux, le gentil Jeffrey, spécialiste du lancer de fourchettes appelé le Fakir bleu et Eddie, virtuose du maniement de la pelle, arpentent les rues de Champion City dans l’espoir d’exercer leurs dons contre quelque méchant et ainsi attirer l’attention des médias. Seulement Champion City a déjà son héros, capitaine Admirable, bien sous tout rapport et vaniteux comme un paon. La chance se présente aux trois lascars quand ce dernier se fait séquestrer par le terrible Casanova Frankenstein.

Ultimate Geek Movie
4-50
« Biens-aimés disciples d’Hippocrate, mon cœur est déchiré en deux. Il déborde d’un tel chagrin pour mes abominables crimes et pourtant, il regorge d’amour pour vous, pour ce sanctuaire, cet… cet endroit de guérison. Dans mon âme je sens un chœur chanter Beethoven, son immortel Hymne à la joie, où tous les hommes peuvent devenir frères ! »
Casanova Frankenstein

Impossible de résister….

Avant la vague blockbuster Marvel / DC, bien avant Kick Ass, Scott Pilgrim et autres pompes à fric néo-comics, existait Mystery Men, la première véritable satyre de l’univers des super héros. Kinka Usher, clipeur pubard MTV né, met en scène les personnages secondaires d’un obscure Comic, une bande de losers persuadés d’avoir des super pouvoirs, un truc pré-geek et pré-troisième millénaire à priori indéfendable.

Mais ici, point de maigrelets boutonneux ou d’asociaux paranoïaques, non, des hommes, et une femme, irresponsables certes mais pas moins Hommes, d’âge mûre, qui travaillent (au moins un), mangent, boivent des coups et rentrent à la maison le soir, avec les problèmes quotidiens qui en résultent. Point de jeune clone d’Elijah Wood en pleine prise de confiance, non, de vrais acteurs cultes pour différentes raisons : Ben Stiller (Zoolander), William H Macy (Fargo), Geoffrey Rush (voix unique venue du théâtre) et Janeane Garofalo (d’une terrible coolitude), le reste du cast est… Tout aussi mémorable.

Tous prennent un panard évident à incarner leur loser respectif et à se balancer des répliques volontairement minables, à y apporter chacun et à chaque instant sa subtile touche slapstick pour que l’équipe repousse les limites du disparate et en devienne miraculeusement profondément unie et attachante. Rarement on aura vu Ben Stiller aussi furieux. Rarement on aura vu Macy, Garofalo et même Geofrrey Rush si loin et proches à la fois de leur registre. C’est sans compter sur Hank Zakaria le Fakir Bleu habillé en vert lanceurs de couteaux qui n’a que des fourchettes, Tom Waits le docteur Heller, savant fou délirant et pervers, avec les grands-mères exclusivement, Paul Reubens (Pee-Wee) totalement grave en pétomane zozoteur disco-hippie, et l’Invisible… Efficace seulement quand personne ne le voit. Ajoutez une troupe de Disco Boys incapables sortis d’une lointaine Fureur, une bande de vilains de seconde zone, les « Yeux Rouges », qui introduisent le film en dépouillant une maison de retraite en pleine soirée dansante, un casting de super héros in-filmo avec une brochette encore plus naze que les autres (Gauffremaaaan !). C’est du lourd…

Les tronches n’arrêtent pas, encore 5 gangs déjantés plus fêtards que vilains à ajouter, à peine le temps de fuir ou de se faire avoir par une arme non-létale du Docteur Heller (le Q des Mystery Men), et la présentation n’est encore que partielle. Greg Kinnear est un succulent cliché sur pattes du défenseur de la ville, le Capitaine Admirable, son meilleur rôle carrément. Geoffrey Rush est l’ultime super-vilain, une manipulation génétique entre Dracula et Larry Flint dénommé Casanova Frankenstein tout juste sortie de l’asile et avide de remettre la main sur sa ville : Champion City…

En clair, la galerie est un sommet de coup de cœur absurde et inargumentable. Les SFX, la photo et le montage psychédé-clip soutiennent vaillamment l’ambiance foutraque et rivalisent même avec les envolées de blockbusters, notamment pour ce qui est des images de la ville, assez Speed racer dans l’âme.

ça ne vole clairement pas plus haut qu’un bourdon asthmatique mais je ne sais pas, c’est d’une coolitude si naze au premier et second degré que ça en devient merveilleux au troisième.

L’humour y est en fait pas si primaire qu’il n’y paraît. Derrière un lancer de fourchette ou un gag pétomane surgit une profonde tendresse pour ces hommes ordinaires qui décident simplement d’être extraordinaires parce qu’ils en sont persuadés, oubliant le doute et toute notion de crédibilité substantielle : de vrais rêveurs. Le rythme est frénétique comme sur MTV et l’ambiance innocente comme un Barbecue dans un jardin de famille moyenne américaine.

Dur d’aimer Mystery Men, plus dur encore que d’aimer Tenacious D ou Zoolander et autres Tonnerre sous les tropiques. Partout où j’ai tenté de le placer ou presque, je n’ai obtenu que fracassantes réticences et dénigrement immédiat.

En tant que satyre des super héros, attachante et véritable vitamine pour mon cerveau, je le trouve extraordinaire.

Et je ne parle même pas du Sphinx… Terriblement mystérieux.

Et la vf est un bonheur.

SC

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