Tron (1982)


Kevin Flynn, un concepteur de jeux vidéos qui s’est vu voler ses jeux vidéos par son ex-employeur, veut à tout prix récupérer une preuve qui lui ferait valoir ses droits. Avec l’aide d’Alan et de Lora, deux de ses anciens collègues, il infiltre le MCP (Maître Contrôleur Principal), un ordinateur avide de pouvoir à l’intelligence artificielle surdévelopée. Quand ce dernier découvre que Flynn veut s’infiltrer dans ses circuits, il le téléporte dans un jeu vidéo. Pour s’évader, Flynn devra compter sur l’aide de Tron, un programme indépendant inventé par Alan.

1982
4-00
A peine un ordinateur digne de ce nom dans les foyers, le monde virtuel n’a même pas encore de définition, personne ne sait ce que ça veut dire. Dans un contexte Disneyien tout sauf convaincu d’avance, Steven Lisberger et son équipe, hétéroclite à l’extrême dans tous les domaines visuels de pointe, rament comme des ours pour développer, rassembler et coordonner des techniques jamais vues avant et créer un film-monde totalement inédit visuellement, une véritable représentation d’un univers vivant au sein de l’ordinateur, peuplé de programmes hiérarchisés et dépendants de l’utilisateur étranger, l’extraterrestre humain, le mythe du concepteur, l’inconnu, leur dieu en somme.

1982, l’époque bénie des films bas de plafond ultra bourrins, des punchlines beuarh et des scénars en forme de fuck. Tron ferait presque figure d’œuvre subtile à côté. Les programmes ne ressentent rien, ils calculent. Confrontés à l’intrusion de Clu, cheval de troie créé par Flynn, ils calculent encore, cherchent la faille pour éradiquer le virus. Tron, programme rebelle, est le seul facteur capable de les contrecarrer afin d’éradiquer le programme tyrannique Sark, alter-ego virtuel d’Ed Dillinger, requin prêt à mettre la main sur les idées d’Alan Bradley (alter-ego de Tron) et de Flynn, brillant créateur de jeux et alter-ego de Clu. Ajoutez Lora / Yorie pour compléter ce quatuor d’alter-egos interconnectés entre réel et virtuel. Rien que ça, c’est tout de suite un peu plus creusé que le résumé vidéoludique offert par IMDB.

« A hacker is literally abducted into the world of a computer and forced to participate in gladiatorial games where his only chance of escape is with the help of a heroic security program.  »

Même si le temps lui fait mal et qu’il est bien évident que tout cela est enfantin, naïf, dépassé, et pourquoi pas mal foutu, rien d’étonnant en même temps vu ce qu’il a fallu déployer d’effort et de créativité pour ne serait-ce qu’obtenir un résultat visuel puis passer l’aval des producteurs dans les temps impartis, le concept est tellement en avance qu’encore aujourd’hui il est pompé à tous les râteliers.

Je ne sais pas si la jeune génération prend en compte cette performance, cette vision même. Voyez-le en Blu-Ray au minimum avant de comparer équitablement avec Legacy, et voyez comme il est extrêmement en avance sur son temps, ne serait-ce que sur sa bande originale. Peut-on en dire autant de legacy ? Je ne crois pas non.

Le culte de Tron vient de bien plus qu’une bande de geeks boutonneux pas remis du jeu vidéo de Flynn. Ce truc si vieux et « moche » a juste ouvert la voie du virtuel avec 20 ans d’avance.

Je ne m’énerve pas, je ne suis pas un fanatique ni un vieux con, j’aimerais juste que l’on remette le film un peu plus en perspective. Non, Tron n’est pas seulement qu’un simple phénomène d’une population de vieux geeks nostalgiques prêts à ériger n’importe quelle étrangeté rétro au rang de culte. S’il perdure jusqu’à aujourd’hui et sait encore frapper l’imaginaire de la jeune génération (pas toute clairement), c’est forcément grâce à davantage qu’un culte sans fondement.

Je ne sais pas pour vous, mais pour moi c’est certain, Tron fait figure d’ovni cinématographique, et ce depuis 30 ans.

ps : Respect à Syd Mead qui laissa aussi son empreinte sur le film.

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http://www.senscritique.com/film/tron/8701229516068597/critique/drelium/

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