Kung Fu vs Acrobatic (摩登如來神掌) 1990

12 travaux Bis, épisode 3 :

Andy&Nat Jaunes et le royaume du gras de Bouddha
2-50
Presque 10 ans après son ultime pétage de câble Buddha’s Palm, hommage au film original de 1964 qui mettait en vedette le grand papy à la filmographie monstrueuse Walter TSO Tat Wah, Taylor Wong, réalisateur bien tâcheron quand même, retente le coup avec ce film titré : Modern Buddha’s palm, et fait même revenir le papy sur le retour, le titre Kung fu vs acrobatic n’étant qu’une énième manœuvre de diversion pour faire croire au public occidental à un gros film de kung fu. Il n’en est rien. Comédie débile est le maître mot.

La légende ancestrale de la paume de Bouddha popularisée à un degré insoupçonnable par le film de 1964, a profondément imprégné la culture fantastique HK. Le combat entre les différents clans de ce conte aux multiples ramifications a mis en place les bases de nombreux délires à venir. Notamment l’idée de l’élu totalement novice et inconscient de sa destinée de héros qui va être formé par un maître surpuissant pour combattre le côté maléfique des arts martiaux (ça ne vous rappelle rien…)…

Peu importe, ce film est un joyeux bordel surtout pas respectueux du genre. Le jeune beau gosse Andy Lau décide de partir en Chine continentale récupérer des antiquités pour renflouer les dettes de son ami et sidekick difficilement défendable, Nat Chan l’imbécile heureux. Pris à parti par la police lors du deal avec les contrebandiers armés locaux, ils atterrissent dans une grotte, à la manière brutale de Zu, et découvrent les 2 rivaux ancestraux de la légende pétrifiés depuis 700 ans, ainsi qu’un manuel de techniques martiales. Nat Chan ne prend pas plus de quelques plans supplémentaires pour libérer par inadvertance les deux guerriers ainsi qu’une princesse et sa suivante qu’ils vont ramener chez eux à Hong Kong non sans avoir échappé à la douane, au méchant encore trop engourdi ainsi qu’à une sorte de serpent périscopique tapis au fond d’un marécage (là c’est normal si ça vous rappelle quelque chose..). Pfiouu… Donc, voilà pour les 20 premières minutes en très gros qui mixent allègrement une touche d’Indiana Jones et un brin de Star Wars donc..

A partir de là, le film vire aux Visiteurs à HK et à une bonne déferlante de gags inégaux parfois abusivement référencés à la culture locale, linguistique ou fantastique, et donc assez hermétiques au novice. Les deux princesses découvrent les années 90 dans un melting pot assez dangereux pour les neurones. On y parle côté fantastique du Jin Hseng millénaire, du pied de Tien Chan, du rire tremblement de terre, jusqu’ici rien d’inabordable, mais une grande partie relève du simple caméo rapide plutôt que du bel hommage déjanté ce qui est d’autant plus dur à avaler. Les références à la culture 90’s sont aussi nombreuses. Et là aussi même constat, tout est en pachyderme massif. Simple exemple, le placement produit, c’est dépassé, ici on montre carrément la pub Coca à la télé et on en fait la pub, allez boom. A partir de là, logiquement, c’est la grande lessive. Andy et Nat devenus maîtres en quelques secondes font de la pub pour les hamburgers à la télé, Yuen Wah le méchant devient télé maniaque, Nat Chan avale des gros vers ou se fait asperger d’urine et d’abats de chiens, La délirante suivante princière se fait une robe en slibards, au point qu’à un moment…, une espèce de kung fu tortue vaguement ninja vient s’incruster sur Nat Chan et la pellicule comme un Roger Rabbit sur un Bob Hoskins. Et c’est super mal fait, et hors sujet total… Pourtant, Taylor Wong a l’air d’en être fier puisque le générique de fin nous remontre les passages à la chaîne, histoire de rentabiliser le prix sans doute exorbitant de l’animation mixée au live. C’est très raté.

Mais le plus gros problème de Kung Fu vs Acrobatic reste qu’il n’y a pas de chorés et donc peu d’action au final. Franchement, l’excellent Yuen Wah se la coule très douce. Le principal consiste à des effets cheaps incrustés sur la pellicule qui ne font plus du tout le même effet magique que dans un Buddha’s palm par le manque évident de dynamisme environnant. C’est assez rare de voir des films HK d’un standing pas si honteux avec des chorés aussi faibles. Quelques corps sont joyeusement balancés dans le décor mais le reste est incroyablement vide. Même Yuen Wah n’est pas crédible physiquement c’est dire. A part ça, il parvient à être aussi honteux que dans the big deal dans son personnage de méchant et ce n’est pas rien non plus. Il faut le voir danser sur les pubs télé. Du gros comique hardcore plutôt que de l’action donc.

Mais, qu’importe encore une fois. Comment ce film a pu rester gravé si profondément dans l’esprit illuminé de Martin ? Sans doute parce qu’au final, ça fuse tellement dans tous les sens et c’est tellement inrésumable et indéfendable que quelque part, oui là bas tout au fond, c’est un peu unique.

09/05/2011 SC

14/09/2011 HKMANIA

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