Les Fleurs et les vagues (花と怒濤) 1964


Un Yakuza épris de la fiancée de son boss kidnappe la promise à quelques jours de son mariage. A Tokyo, le jeune homme devient ouvrier tandis que la jeune femme est engagée comme serveuse dans un bar. Mais très vite, un assassin mystérieux, la police et un gang rival font peser une lourde menace sur les amants en fuite

Froid Yakuza Versus Chaud Suzuki.
3-50
Un Seijun Suzuki qui va encore très vite, pourtant beaucoup moins esthétique et déluré que ses délires pop. Les fleurs et les vagues reste sobre dans sa mise en scène. Peu de décalages ironiques et de fulgurances esthétiques, Suzuki tente une vraie approche classique du genre Yakuza façon Toei pour un récit de vengeance et d’amour impossible protéiforme et éclaté. La deuxième partie parvient à faire monter une certaine puissance dramatique, l’image et les acteurs sont beaux, mais paradoxalement, le manque de coups de pinceaux ironiques et graphiques habituels, la folie Suzukienne manque à parfaire cette belle histoire qui reste sage et plutôt froide. Irrémédiablement singulier comparé aux grands classiques du genre, les combats y sont un peu maladroits tout de même et quelques raccourcis brutaux ne sont pas des plus heureux. Alors qu’on pourrait souvent reprocher à Suzuki d’être justement trop graphique et ironique et d’oublier facilement le scénario, souvent imposé, il montre un vrai talent classique de conteur dans Les fleurs et les vagues, mais il manque justement ce grain de folie qui justifierait cette histoire originale qui ne peut s’empêcher de tout embrasser, de la romance contrariée à la satire sociale du monde ouvrier en passant par l’action du yakuza solitaire, les incertitudes des prostituées loyales ou les déboires de serveuses trop belles, je dirais même plus d’une beauté hallucinante…. Autant de thèmes assez diffus en émotions qui seront mieux amenés dans d’autres Suzuki, les plus aboutis Histoire d’une prostituée, La barrière de chair voire La vie d’un tatoué. L’approche plus sage est intéressante malgré tout, la réalisation classieuse et les acteurs de qualité. L’ensemble est maîtrisé mais cette froideur Yakuza peine un peu à se mêler à l’esprit surchauffé de Suzuki.

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s