Le Verdict (The Verdict) 1982

leverdict

Résistance

3-75

Paul Newman n’a pas encore tout donné et se vide les tripes pour interpréter un avocat looser alcoolique sur le retour qui veut prouver sa valeur face aux intouchables médecins du méchant lobby judéo-chrétien, son dernier bon rôle si je ne m’abuse.

Oui, c’est un peu gros sabot avec une certaine propension à simplifier les enjeux en un manichéisme bien commode et parfois pas très heureux (les opprimés sont purs comme des colombes, le témoin principal de la partie civile est noir, et blanc comme neige, la défense est retors et avide tel un prédateur pieuvre des temps modernes, etc). Mais tout reste malin. L’opprimé contre l’establishment est la cible principale par le prisme d’un anti-héros en fin de course, comme une sorte de version délabrée de « Mr Smith au sénat » d’où la justice ne pourrait plus émerger sous le poids des failles de la vieillesse et du système, où tout serait enveloppé d’une chape de désespoir. C’est donc du gros paquet bien sale délivré par Lumet lui aussi un peu fatigué mais en belle demande de résistance, qui prend des risques en ne misant pas sur l’explosion des sentiments. Derrière les ficelles un peu visibles du film de procès, les personnages gardent une belle épaisseur et le réalisme cru est encore d’attaque.

Quelle maîtrise de la narration encore une fois, Lumet laisse le huis-clos pour la rudesse de l’hiver à Boston et se concentre un long moment sur l’avant-procès sombre et lancinant qui suit habilement la route chaotique de Franck Galvin qui court la ville tel une âme en peine vers le verdict de sa vie. L’espoir n’est qu’un dernier recours possible d’une longue et pesante descente vers la chute finale. Jack Warden est impeccable dans le rôle éculé du vieux prof qui soutient son ancien élève et ami, Charlotte Rampling fait sa mystérieuse usuelle et ça lui va pas mal, et James Mason assure encore en vieux briscard tout puissant du barreau.

Moins agressif et éclatant qu’Un après midi de chien ou Network, moins puissant et parfait que l’intouchable « 12 hommes en colère », Le verdict se veut moins un puzzle à suspense aux seconds rôles solides qu’une simple et belle démonstration de résistance d’un homme fatigué qui veut retrouver son honneur, prendre sa dernière grosse vague quitte à perdre toutes ses plumes. Le verdict, c’est un peu un combat de vieux pour la vie, ça paraît simple mais c’est dur, précis, prenant et beau de vérités bonnes à dire. Et même en vieux loser, Paul Newman déboîte des nuques.

http://www.senscritique.com/film/Le_Verdict/critique/1455466
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