Le Prince de New York (Prince of the City) 1981

princedenewyork

Descente de flic

3-00

ça devient difficile de noter les Lumet et très ténu de les classer. Entre Le gang Anderson, Le verdict, La colline des hommes perdus, The offence et Le prince de New York, il n’y a en fait pas de gros écueils. Ce sont tous des films réussis, très personnels et engagés, à apprécier selon sa propre sensibilité. En découvrant plus en profondeur Lumet, on ne peut que respecter ses choix artistiques jamais évidents qui en font un grand cinéaste de la réalité.

Danny Ciello est un jeune flic « caïd » des stups qui a infiltré tous les milieux de la pègre avec son équipe de quatre copains, non sans utiliser des méthodes peu démocratiques. Et en même temps, il n’y a aucun autre moyen de faire tomber des gros bonnets comme Danny le dit si bien. Après 11 ans de service, pris par une grosse envie de revenir à la source du bien qu’il l’a amené à devenir flic, lui dont la famille baigne dans la mafia, il commence à travailler avec les fédéraux en entassant des écoutes juteuses pendant plus de deux ans.

Mais quelle est la limite entre le bon et le mauvais côté lorsque l’on parle de relations si proches que personne ne sait plus où est la vérité et le bien fondé…? C’est le début de la descente aux enfers. Et 2h47, la descente quand même… Autant dire qu’il vaut mieux être motivé parce que dans la même veine très réaliste de The Offence ou Le verdict, Lumet accouche d’un film noir et pessimiste au possible qui baigne dans une ville grisâtre, des bureaux austères et autres coins lugubres et sans espoir. Volontairement, le film ne se centre pas sur les procès qui sont soigneusement esquivés par des procédés elliptiques assez malins, ni sur les méthodes mafieuses (aucun coup de feu, pas d’action). Sidney Lumet s’intéresse quasi exclusivement aux choix d’un homme aux nerfs très solides mis face à la réalité de son métier et emporté dans le flot de la délation.

Mise en scène discrète, le film est une descente douloureuse dans la réalité d’un flic qui a force de se remplir de remords ne sait plus du tout où il va ni à quel saint se vouer. Treat Williams est pas mal mais pour presque 3 heures, j’aurais préféré quelqu’un d’un peu plus nuancé. Il assure mais c’est pas la franche prestation éclatante non plus. Mais le film est ainsi, très rugueux voire laborieux, où rien n’est facile et tout le monde a de sales trognes. La situation plus qu’inextricable dans laquelle ces flics pas comme les autres évoluent est décortiquée de long en large petite couche par petite couche, étape par étape. C’est du scientifique au scalpel. Pour les amateurs de policiers bien noirs et réalistes, c’est de la solide « affaire infernale ». Pour quelqu’un qui veut du suspense ou de l’amusement, euh, pas forcément conseillé non…

http://www.senscritique.com/film/Le_Prince_de_New_York/critique/3496965
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