Hobo with a Shotgun (2011)

Nous sommes des bons Hobos.
2-00
J’aimerais vraiment aimer franchement cette tranche de gore bisseux néo Atomic College-like, surtout que je suis fan de Rutger depuis oulala, et que ça saigne. Vraiment, j’avais le cerveau éteint, j’étais prêt à manger du débile. Mais y a rien à faire, chaque seconde, l’image du réalisateur qui te pisse dessus est la plus forte. C’est vraiment dommage. J’apprécie un strict minimum les moments déjantés nombreux et Rutger impeccable mais à chaque instant, l’instant bis, la surprise, l’originalité, l’outrance ne valent rien et ne sont qu’une pauvre façade en carton couvrant un défilé de scénettes suspendues au néant foumoilà, « l’exploitation mercantiliste de la nanardophilie », c’est terrifiant.

Non, le n’importe quoi réussi, ce n’est pas ça pour moi. C’est volontaire ou involontaire mais ça respire toujours la passion. Or là, ça pue la prétention de se mettre facilement dans la poche le public visé sans effort. Trop de scènes gore sont une idée petite, insignifiante, volée ET mal réalisée. Et c’est sans compter qu’une bonne partie de la chose se prend tout de même très au sérieux avec un discours roucouloulou « se battre pour le bien, c’est mieux que se battre pour le mal ».

Je conchie la caméra épileptique qui ne crée rien, trop confiante dans le chaos qu’elle croit filmer. Elle n’est elle-même que mouvement hasardeux volontaire en guise de seule idée créative. Je tendrais même à croire que les deux mecs en armures ont tenu la caméra. A ce propos, les deux mecs en armure sont les plus charismatiques derrière Rutger, au moins, on ne voit pas leur face. Tous les autres ne sont qu’une bande de branquignolles sans aucun intérêt qui ne sont là que pour faire un concours de grimaces vite fait à tour de rôle devant la caméra. Et je m’en foutrais à la limite, que ce soit juste des gueules, après tout c’est normal puisqu’ils sont supposés être des tocards de street trash, si seulement je n’entendais pas juste à côté le réalisateur hurler un « Hey regardez c’est trop cool ! On fait n’importe quoi ! » bien gras et dégoulinant à la place de la moindre intention de développer ne serait-ce qu’une once d’ambiance. C’est du faux bis qui se cache derrière sa volonté nanarde mercantile pour me faire avaler que c’est cool et ainsi justifier sa pauvreté.

L’intention est ce qui fait cruellement défaut. Rutger a cette intention et sauve la chose à lui seul en apportant seul une once d’ambiance et un minimum de teneur à l’apparence de ce qu’il dit… Purée les dialogues piochés dans les fonds de tiroirs, l’horreur. Le reste de la cuisine a juste un goût dégueulasse, simplement parce que dans ces fichus films Grindhouse, les idée Bis sont non seulement pompées mais seules, petites et indépendantes les unes des autres. Rien ne fait évoluer quoi que ce soit. Tout repart aussi vite qu’il est arrivé. Rien ne s’installe, tout n’est que caméo, façade Bis, zapping nanar. A Fuck Town des tarés tuent, il faut les tuer. Point Barre. En dessous, c’est le vide, une averse de poncifs et quelques attitudes faussement rebelles dignes du bac à sable. Non mais vous voulez vraiment me faire avaler que ce trio de débiles congénitaux est à la tête de la ville parce qu’il fait peur !? Et je devrais juste apprécier ça parce que c’est du second degré mec, c’est juste des tarés !?… Non merci, j’ai déjà bouffé du Troma plus que de raison, et au moins, ça avait l’excuse d’être fauché et le mérite d’être inventif dans son jusqu’auboutisme, là même pas, ou si peu. Au passage, l’innocent gamin de small soldiers qui joue le fils caïd psychopathe, fausse bonne idée.

Reste une scène vraiment fun : l’arrivée de The Plague, le duo en armures, dans le couloir de l’hôpital. Enfin un semblant d’ambiance et une idée exploitable : le fusil-harpon à pendaison. Mais là encore, c’est juste une idée esseulée qui s’évanouit aussi vite qu’elle est arrivée. Notez bien que c’est le seul morceau de bravoure du duo (ah si, ils violent une pieuvre géante 3 secondes aussi, croisement entre Pulp Fiction et kalamari wrestler ?…). Ensuite, c’est le final et ils n’y font strictement rien. L’un est juste là pour se prendre une balle dans les couilles (très original vraiment) et se faire déchiqueter son armure par le moulin d’une tondeuse à gazon, balèze cette tondeuse, l’autre n’en parlons même pas. Super ? Rien, à part une contre-plongée hideuse sur un 4×4 et des étincelles qui volent tandis que la petite héroïne se fait la pose « je gueule, je suis en sang et c’est cool ! » ayant eu son bras déchiqueté par la dite tondeuse. Mieux vaut retourner à Braindead. Ivan se sert de patins à glace et tape quelques coups sadiques ? Dans Ichi the killer, on te découpe en deux d’un kick de patin, au minimum. The Drake met un coup de batte avec lames de rasoir pour ouvrir le bide d’un mec suspendu qui se fait tabasser derrière par 3 nénettes ? déjà vu une multitude de fois. Le rire des pouffes qui suit sonne d’ailleurs faux comme le vide ambiant. Une salle de jeux (des bornes d’arcadeuuh !…) est animée par des auto-tamponneuses qui fracassent deux têtes et deux punks qui font wazaaa à la caméra ? Toujours pas. C’est toujours aussi mal filmé et ça ne sert toujours à rien à part remplir le film d’une autre scénette esseulée, autant se refaire un Troma pour les jeux gore et les vrais tarés. Les trois caïds coincent la tête d’un mec dans une bouche d’égout, attache un barbelé à son coup et à leur caisse et le décapite ? Petit. Déjà vu à l’identique dans une trouzaine de post apos. Même un Shaw Bros te fait ça en 100 fois plus fun. Mais ça se répercute sur le final ! Cette première scène est celle qui attend Rutger à la fin ! Queue dalle. L’héroïne fourre son os de bras fraîchement déchiqueté dans le méchant puis dans la bouche d’égout et c’est marre, ça suffit à faire kiffer. Aucun poids, aucune portée. Machine Girl est au moins une vraie nénette manchot qui a les crocs. Slick le petit branleur crame un bus scolaire au chalumeau ? Jamais vu une scène d’infanticide aussi naze, Run and Kill vous propose une vraie crémation d’enfant en bonne et due forme. Et le mec au caméscope qui fait bouffer une bouteille à Rutger, merde c’est censé être cool ça ? Je ne sais comment mieux expliquer que ça pue le manque de créativité flagrant et que personne devant la caméra ne croit à autre chose que faire la grimace Hormis Rutger et son fusil. Et ça, je dois être trop vieux pour ces conneries.

Néanmoins, je le préfère aux Rodriguez d’une petite longueur, il est moins irritant. Pour la dose généreuse de gore en plastique, pour Rutger impeccable et le plaisir que ça a failli me procurer, je pousserais bien à la moyenne. Mais vraiment, c’est terriblement énervant cette impression de voir une suite de scènes récupérées et remises en vrac et filmées à la va comme je te pousse. Planet Terror, Machete, Hobo, même combat.

http://www.senscritique.com/film/hobo-with-a-shotgun/7841279734985147/critique/drelium/

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