Frankenstein (1931)


Pas Franchement du Einstein
3-00

ça démarre plutôt bien. Le cimetière, la potence, l’orage, les cadavres, le noir et blanc, l’ambiance gothique commence à s’installer et déjà, le Professeur Henri Frankenstein est accrocheur. Colin Clive est au dessus. Au dessus de Boris Karloff serait même le problème… Colin Clive est un acteur tourmenté et son tourment transpire à l’écran. On ne peut lui enlever son « It’s alive ! » du tonnerre. Mais à partir du moment où la bête arrive, j’ai malheureusement eu le regret de découvrir petit à petit que les magnifiques photos d’exploitation du film en jetaient plus que la réalité du métrage malgré tout le talent de Whale à la réalisation. L’ambiance et toutes ses qualités indéniables ne cachent pas un récit qui oublie la force de la relation entre la créature et son créateur préférant le spectaculaire d’époque et le divertissement direct, plus trop crédible aujourd’hui tout de même. C’est quand même assez moyen de voir le monstre grimacer, changer intempestivement de faciès toutes les secondes, se ruer dans les portes ou les murs, ou mieux le voir prostré dans un coin fouetté par un bossu cabotin. Le maquillage a beau être culte, Boris Karloff change d’attitude un peu trop brutalement pour composer un être enfantin et poignant autant qu’un monstre dangereux avec une finesse qui transcenderait la puissance évocatrice des lignes de son crâne. Il peut très bien passer du corps excité qui s’agite à la marche figée bras tendus vers le bas, du regard bovin au sourire narquois en passant par l’innocence, et c’est tout de même assez difficile d’y voir une quelconque perfection de performance d’acteur dans la mêlée en ce qui me concerne.

Le final du moulin est un lieu puissant mais avec le coup du monstre qui débarque on ne sait comment d’une scène à l’autre malgré son ignorance affirmée et trouve la mariée en passant par la fenêtre, le paysan qui sait sa fille assassinée par la bête alors qu’il n’a rien vu et le Professeur qui renie sa création et passe chef de file de la battue qui suit sans que personne ne l’accuse de quoi que ce soit, je regrette vraiment que le personnage ne soit pas plus développé dans l’échec et le reniement de sa création. L’acteur aurait vraiment pu approfondir cet aspect en beauté. Boris qui jette une fillette à l’eau, ça fait peut-être partie du rituel dramatique du mythe mais c’est un peu trop vite expédié au milieu du tout pour convaincre vraiment. Autant de raccourcis et autres tics tout de même désuets qui me font un peu nuancer les critiques enthousiastes même si ça reste assez charmant dans sa mise en scène passionnée et un film important dans l’histoire du cinéma de genre Hollywoodien et fondateur du film de monstre. Un peu comme le Dracula de Tod Browning, c’est fondateur à bien des égards mais bon…




http://www.senscritique.com/film/Frankenstein/critique/9322537

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