Fitzcarraldo (1982)


Soulever des montagnes.
4-50
J’ai revu Aguirre juste avant histoire de revivre un souvenir brillamment renforcé suite à une très pénible première séance. C’est une très grande expérience pas de doute, mais ça reste quand même un peu pénible (voire vainement répétitif), les seconds rôles sont assez mornes et le style documentaire n’est pas toujours très heureux je trouve. Bon ok, je chipote…
C’est un espace-temps tout à fait particulier que celui de Werner Herzog et Klaus Kinski au Pérou remontant l’Amazone. Tout est engourdi, perdu, primitif, dilué dans l’humidité et la pesanteur de l’immense fleuve sans berge. Le moindre effort devient une épreuve. La lucidité est difficile à maintenir. C’est très porteur ok. Mais là où Don Lope de Aguirre n’accomplit rien de ses rêves et descend dans les affres fatales d’un fleuve sans issue (oui ok c’est génial aussi), Fitzcarraldo accomplit tout de même ce qu’il entreprend, le plus improbable défi, faire escalader une montagne à un bateau ! Et ce qui est vraiment incroyable, (voir même époustouflant allons-y gaiement !), c’est que l’équipe du film a bel et bien remonté le fleuve et hissé le bateau à flanc de montagne avec des cordes et des arbres tout en conditions réelles ! Comme pour Aguirre, avec les esclaves Incas et tout ! C’est affolant !.. C’est des fous !

En plus de cette prouesse hors normes, le film n’oublie pas tout le reste, c’est à dire d’être puissant dans tout ce qu’il évoque. Klaus Kinski est aussi repoussant que génial. C’est aussi appréciable d’avoir des compagnons de voyage bien vivants. La crête de la montagne fait basculer le film vers un dénouement presque mystique puis un dernier final presque absurde. C’est exactement tout le personnage de Fitzcarraldo (et par extension les personnalités uniques du réalisateur et de Kinski) qui définit la structure du film et inversement : idéaliste, mystique, absurde, passionné, insignifiant et gigantesque, impuissant mais vivant. Le personnage ne finit pas tout ce qu’il commence mais ceux qui le suivent croient en sa folie douce d’où peut surgir à tout moment une grande expérience, voir même un succès. C’est lent comme un Herzog, ça on y coupe pas, mais le voyage est tellement énorme que ça vaut largement le déplacement.

ps : seul petit problème, le passage où le bateau laisse place à une maquette qui descend un rapide. ça n’arrive qu’une fois, c’est assez court et c’est bien fait, mais on est tellement habitué à voir tout le reste en réel que ça fait bizarre quand même.


http://www.senscritique.com/film/fitzcarraldo/1441229511480536/critique/drelium/

analyse dvdclassik

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