Django (1966)

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Deux bandes rivales, celle du major confédéré Jackson, et celle du Général mexicain Rodriguez, terrorisent un village à la frontière mexicaine. Arrive Django, un vagabond solitaire avec un cercueil…

Dark Eastwood
4-00

Ah la vache, ça reste du bon Bis mais ça fait mal quand même… J’ai pourtant redécouvert avec une nostalgie émue Django traîner son cercueil dans la boue de la bourgade morte mais à mesure que ça avance, la beauté baroque du souvenir resplendissant fait vite place au bis massacreur bien direct à souhait. En fait, il y a 20 ans de cela, cela ne m »était même pas concevable de regarder Django avec un oeil critique sur sa mise en scène et une attente plus grande qu’un film de genre. Pensez donc, au bout de 5 minutes, on a déjà vu l’héroïne se faire fouetter, 5 mexicains à terre et 5 Sudistes massacrés. Au bout d’une demi heure, on a déjà un massacre final, un curé qui a bouffé son oreille, des filles qui se battent dans la boue, après 1 heure, la gatling obtient le bonus munitions infinies et le héros se fait méchamment rabaisser le caquet. Alors que le minot faisait au départ le fier à bras redresseur de tort, voilà qu’il n’est plus qu’un voleur qui tente de s’échapper dans la plus pitoyable des situations, alors même que ses objectifs ne sont plus du tout certains.

Comparé à un western classique, tant de péripéties crépusculaires masquent magnifiquement les défauts de fond et de forme qu’un oeil critique voit lui sauter au visage telles d’innombrables agressions. Le cowboy en noir qui crache un bouchon de bouteille à la figure du curé en guise de salut remue forcément le coeur de l’amateur de décrépitude, de sale, d’excès et d’ultra violence, comme une impression étrange de découvrir un Clint Eastwood encore plus rentre dedans. Pour l’époque, ça reste un cran de violence inédit assez magistral.

Ce qui est d’autant plus magnifique, c’est que la mise en scène semble presque volontairement sortie du caniveau pour mieux montrer la fange dans laquelle le spectateur nage. Pourtant, inutile de le nier, elle s’approche davantage d’un western post apocalyptique que d’un Sergio Leone. La photo est dégueu, la caméra ultra hasardeuse par bons moments. On pourrait presque croire que Corbucci est déchiré… On ne peut pas dire que ça respire le génie esthétique. La musique est ultra redondante comme de coutume dans les spaghs des familles. Django assis au saloon (c’est même pas un saloon d’ailleurs, c’est plus une pièce décrépie avec des couleurs affreuses, MAIS, c’est partie intégrante du trip) provoque directement 10 mecs en même temps dès leur arrivée et s’emballe l’héroïne en claquant des doigts au bout d’un quart d’heure ! Ce qui est au départ vraiment unique devient vite léger pour construire une vraie histoire. On en arrive donc à un film de genre bourré à craquer de scènes explosant les poncifs du western classique. Passons sur les raccords foireux et les acteurs approximatifs. Franco Nero pause bien mais sa mono expressivité devient très douteuse la fin voulue dramatique arrivant.

Mais bon, ça reste porteur dans son excès (et puis impossible de résister quoi), tout est affaire d’apprécier la vulgarité de gueules burinées s’entretuer au plus vite en fait, en braillant si possible. Et de ce côté là, on ne peut pas dire que ça s’arrête en chemin. Et puis le tir au pigeon sur des mexicains, c’est toujours très efficace pour présenter un bad guy, ça fait mélange entre Mad Max, Road House et Turkey Shoot… Mhh.

Django reste très agréable à découvrir, n’en déplaisent aux bougons cinéphiles, et bel et bien au dessus de la grande majorité des autres Spaghettis, hors Leone évidemment. Que ce soit du niveau d’un 5, ça c’est autre chose. J’ai bien peur que Le Grand silence ne tienne mieux la route.

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http://www.senscritique.com/film/Django/critique/1400140

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