L’Argent (1927)


Un banquier avide au bord de la faillite s’associe avec un jeune aviateur qui a découvert des terrains pétrolifères en Guyane.
4-50
Ce film porte magnifiquement son titre déjà. 3 millions de budget presque doublés, bataille entre producteur et réalisateur, cadre, costumes, scénario, ambition vénale et absence totale de désir des personnages si ce n’est malveillant, tout y est argent, fond comme forme, dehors comme dedans, propre comme figuré.

Je ne peux pas dire que j’ai trouvé ça ultra passionnant de bout en bout ni que je n’ai pas regardé l’horloge une seule fois (3h30 ce n’est pas rien et je n’étais pas au courant…). Après tout, on y parle presque que de magouilles financières.

Combattant le cinéma parlant alors en plein avènement, le film fut mal accueilli, trop austère pour le public, trop « mainstream » pour la critique, moins auteurisant comparé au reste de l’œuvre de L’Herbier. Je ne peux pas dire, je n’ai pas encore vu les autres. Je ne peux pas dire non plus que la plupart des idées du scénario ne soient pas connues de tous, ni, au niveau de la forme, passer sous silence quelques problèmes de mises au point un poil envahissants qui gâchent légèrement le travail, outre les flous volontaires. Peut-être un brin de calcul en trop qui nuit à la spontanéité par instant aussi. C’est tout ce que je ne peux pas dire. Pour le reste, L’Argent est tellement grandiose et hypnotique que je me garderais bien de le dévaluer davantage.

La complexité et la modernité du scénario sont remarquables, la mise en scène et l’image simplement hallucinantes. Des travellings dignes de Kubrick avec des caméras maniables comme des tanks, une composition de la lumière époustouflante, des décors monumentaux, des idées géniales de mise en scène par camions, une composition graphique au dessus de tout.

Plus encore, les acteurs déboitent tout par leur seule présence. Pierre Alcover scotchant, la baronne Sendorf, Brigitte Helm (Metropolis), je suis amoureux, captivante, hypnotique, sublime, y a pas de mot, Marie Glory superbe et fragile, étincelante, Alfred Abel (Gunderman) omnipotent et classe, etc.

Non, je ne peux vraiment pas dire que je regrette l’achat de ce très beau dvd Carlotta à la classieuse couverture en relief. C’est un classique immortel. Pourtant, je ne le pousserais pas au firmament de la notation. Je connais maintenant d’autres muets qui m’ont prouvé qu’un film de 1920 pouvait me captiver plus encore de bout en bout, en plus d’être grandiose par sa mise en scène.


http://www.senscritique.com/film/l-argent/1561229576452491/critique/drelium/

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