Troupe d’élite (Tropa de Elite) 2008

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1997. Les milices armées liées au trafic de drogue contrôlent les favelas de Rio. Rongée par la corruption, la police n’intervient plus sur le terrain. Les forces d’élite du BOPE (Bataillon des opérations spéciales de police) sont livrées à elles-mêmes dans leur lutte sans merci contre les trafiquants. Mais le maintien de l’ordre a un prix : il est de plus en plus difficile de distinguer le bien du mal, de faire la différence entre l’exigence de justice et le désir de vengeance. Le Capitaine du BOPE Nascimento est en pleine crise : en plus de risquer sa vie sur le terrain, il doit choisir et former son successeur, dans l’espoir de quitter cette vie de violence et de rester auprès de son épouse, qui s’apprête à donner naissance à leur premier enfant. Neto et Matias, deux de ses recrues les plus récentes, sont amis d’enfance : l’un est un as de la gâchette, l’autre refuse de transiger sur ses idéaux. A eux deux, ils seraient parfaits pour le poste. Séparément, il n’est pas sûr qu’ils puissent s’en tirer vivants…

Trop pas des littéraires
3-75

Sur le même sujet de la guerre police / gangs dans les Favelas de Rio, vue cette fois-ci du côté police, Tropa de Elite est sans doute un peu moins violent visuellement et dans l’action que « La Cité de Dieu ». Par contre au niveau du propos, c’est autre chose. Ici, on veut quand même nous justifier que tuer des gamins à bout portant dans la rue, c’est logique et normal pour la police militaire. En ressort deux faces d’une même pièce. D’un côté, un portrait sans précaution de la police, où l’on n’hésite pas à montrer les forces de l’ordre en général sous leur jour le plus sombre, corrompues et violentes, et de l’autre, une volonté d’humaniser les membres de la BOPE (la troupe militaire d’intervention spécialisée) assez troublante derrière leur discours et leurs actes de purs bourrins, plaidant même ouvertement pour leur cause (en apparence), même si elle semble perdue d’avance et injustifiable.

D’un côté, le discours omniprésent du héros en voix off est assez primitif, du genre « s’il n’y avait que moi, je les buterais tous », et envahissant, combien de fois il nous fait le topo sur ses deux recrues ? C’est innombrable. Et de l’autre, le film arrive à dépasser ce côté primaire pour montrer la réalité telle quelle. Le devoir du soldat dans ce marasme, est de prendre parti radicalement, comme le font les gangs, et donc de bourriner sans faiblir. Entre une approche sans concession du discours et des scènes proprement barbares de meurtres et de tortures, le film peut donc paraître fascisant, sans nuance, voir même répétitif. Pourtant, c’est cette même répétition quotidienne du « travail » qui finit par éclaircir le portrait entrepris et convaincre que cette guerre est bien plus absurde que les hommes ou le film en lui-même. L’histoire du Capitaine qui se cherche un remplaçant à sa hauteur passe finalement plutôt bien avec des personnages au fond très humains. On comprend bien finalement que de toute façon, il n’y a plus le choix de l’honnêteté. Ici, c’est la guerre et il y a des tués tous les jours d’un côté comme de l’autre.

tropadeelite
http://www.senscritique.com/film/Tropa_de_Elite_troupe_d_elite/critique/5252555

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