The Age of Assassins (殺人狂時代) 1967


Un banal professeur de criminologie maladroit et vieux garçon devient la cible d’une guilde d’assassins. Il va essayer de sauver sa peau et de remonter jusqu’à leur chef à l’aide d’une journaliste et d’un voleur de voitures.

Okay Moto ? Otomo Bill !
4-00
Après le grand Sabre du mal et l’excellent « Samouraï » avec Toshiro Mifune, Kihachi Okamoto sort du chambara pour une comédie policière et absurde qui a du peps, de la subtilité et de la beauté à revendre. Une ambiance de comédie qu’il tentera de rediluer avec parcimonie dans son retour au chambara qui suivra et le non moins recommandé Kill.

Mélange glouton d’un peu tous les genres, d’une enquête, de gadgets et d’action avec une louche de Bond, du non-sens par bonnes couches et d’une touche classe typiquement Seijun Suzuki, de l’humour absurde et efficace qui n’est pas sans rappeler la Nouvelle Vague française en général et Pierrot le fou en particulier, en passant par des visages, un noir et blanc et quelques cadrages très Docteur Folamour, voire ajoutez un soupçon de folie à la Jodorowski, le tout baigne dans une sorte d’enquête policière visant à découvrir une guilde de tueurs en série paranoïaques et tout ça se tient très, très agréablement aussi étonnant que ça puisse paraître.

Une mixture intelligente, divertissante, esthétique et par bons moments très drôle, avec un casting bien emmené par Tatsuya Nakadai qui s’amuse avec le réalisateur à dynamiter joyeusement son personnage du héros impénétrable, grimé en professeur de criminologie autarcique et bigleux. Et en plus, ça le gratte toujours entre les orteils, c’est très gênant.

Pour l’accompagner, une pétillante Reiko Dan en reporter plutôt secrète, un excellent Hideo Sunazuka en voleur d’auto dénommé Otomo… Bill ! (scène très drôle de présentation où le voleur tente de subtiliser la 2CV toute pourrie de Nakadai avant de lui faire la morale sur l’insalubrité indécente de sa voiture), et un non moins coloré Esei Amamoto, scientifique japonais néo-nazi de son état, spécialisé dans le contrôle des naissances et le contrôle du taux de population, et entouré d’une clique aussi indescriptible que le scénario.

Kihachi Okamoto n’est pas un Mickey et sa mise en scène est encore une fois très précise et créative. Il parvient à tout mélanger pour recouvrir le tout d’un noir et blanc très classe. Justement, il manque peut-être une ultime finition pour parfaire la profondeur de l’oeuvre dans sa globalité, un peu plus de parti pris alors qu’il s’attaque aux relations secrètes entre nazis et scientifiques japonais et la fin aurait pu être mieux. Mais bon, le film retombe tout de même sur une gourmande mise en abîme du héros solitaire et le caractère ovniesque fait bien plaisir au gosier.

Beau, rythmé, absurde, drôle et loin d’être pour autant débile, conseillé aux amateurs de films originaux.


http://www.senscritique.com/film/the-age-of-assassins/3431332838072571/critique/drelium/
http://www.cinemasie.com/fr/fiche/oeuvre/ageofassassins/critiques.html

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5 réflexions sur “The Age of Assassins (殺人狂時代) 1967

      1. Oh oui, du coup j’ai encore plus envie de voir Oh Bomb ! Jamais déçu par Okamoto pour l’instant.

      2. t’inquiète pas, il a du dechet aussi ^^ Mais comme souvent on s’attaque à ses meilleurs en premier.

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