13 Assassins (十三人の刺客) 2010


Remake du classique de Eiichi KUDO, Miike s’attaque au film de sabre sous influence de western spaghetti. C’est la fin de l’ère Edo et Shinzaemon embauche treize assassins surqualifiés pour tuer l’ignoble frère du Shogun. Les mercenaires sont ravis d’avoir quelqu’un à tuer dans cette époque de trop longue paix. Ensemble, ils combinent une embuscade savante. Comme il se doit, toutes les étapes de cette ruse sont mises en scène. Le climax est atteint avec l’arrivée du cruel seigneur dans le village transformé en piège géant. Dans la boue et le sang, les treize héros se lancent dans une mission suicide avec un héroïsme désintéressé qui rappelle celui des 7 samouraïs ou des 12 salopards. Ils se livrent un combat sans merci, à 13 contre 200, pendant toute la seconde heure du film. Dans un tempo parfait et une lumière mélancolique, les victimes innocentes du vilain hobereau seront enfin vengées. (BM 2011)

Miike mousse
3-75

Bon, c’est pas mal quand même. Pas franchement fan de Miike depuis toujours alors que j’ai tout de même mangé une bonne partie de sa filmo, voilà enfin un film qui prend son temps, tient son cap et s’apprécie simplement.

Pourtant, on sent bien dès le début que Miike a du mal à contenir son côté “prends ça dans ta face c’est gratuit !” ce qui encore une fois annihile pas mal du relief possible et voulu à l’oeuvre. Miike ne peut s’empêcher d’en faire trop :
couche 1 : une pauvre femme au visage fou
couche 2 : elle a les 4 membres coupés
couche 3 : elle se montre nue à genoux et face caméra
couche 4 : elle est rachitique. Il n’y a plus que les os.
couche 5 : elle n’a plus de langue, écrit difficilement avec un pinceau dans la bouche et elle bave
couche 6 : elle se casse la figure par terre et s’agite comme elle peut
couche 7 : elle crie comme une bête enragée les yeux injectés de sang
Juste après :
couche 8 : elle est tuée à coups de flèches à bout portant
couche 9 : toute la famille y passe aussi dans le même temps toujours à bout portant
couche 10 : le fils termine le massacre…

Est-ce vraiment nécessaire d’en faire autant ?…

Mais Miike fait l’effort, il se contient magnifiquement pendant 1h30. Il respecte le plus scrupuleusement possible le film original de Eiichi Kudo de 1963 et s’appuie sur la grandeur des 7 Samouraïs pour consolider son socle aventureux. Il installe le cadre, les personnages, les prises de vue travaillées avec un beau budget bien utilisé, et c’est tout à son honneur. Mais on voit bien aussi que tout ça n’a pas franchement le fond qui cautionnerait cette ambiance de chambara traditionnel. A partir de 1h30, Miike n’en peut plus et le carnage commence pour ne plus s’arrêter jusqu’à la fin.

Oubliez les tactiques de combats à la 7 Samouraïs, les réflexions qui approfondissent les guerriers où les réactions logiques. Miike n’en peut plus de ne pas avoir encore frimé ! Il va donc te mettre une bonne grosse couche de 10 jeunes guerriers qui lâchent leurs arcs (!!) et sautent à pieds joints du haut des toits, seuls au milieu de deux cents soldats et samouraïs expérimentés, comme ça juste pour la frime, et hop, un Kikuchiyo carrément immortel en bonus, et hop des boeufs en flamme pour le style… Arrêtez de vouloir me faire avaler que c’est le sens de l’honneur, ça ne marche pas.

Mais bon, c’est super hargneux et pas trop épileptique en plus, et le cast est costaud et agréablement au taquet. Bon au bout de 2h, Miike n’en peut plus de ne pas avoir mis ses grosses focales épileptiques, alors il t’en met une bonne grosse couche bien sale. Mais on ne lui en voudra pas (trop). C’est quand même du plaisir et un sacré massacre de 50 minutes et on est bien content quelque part de voir Miike en forme, tout ça est passé vite et bien.

Bien joué Miike !


http://www.senscritique.com/film/13-assassins/2771229551083049/critique/drelium/

Publicités

7 réflexions sur “13 Assassins (十三人の刺客) 2010

      1. J’ai eu la réponse sur SC, je n’avais pas fait gaffe à l’échange à la fin de ton papier. ;) J’aime bien le cinéma d’Eiichi Kudo. Maintenant, je n’ai pas le recul nécessaire pour juger de sa violence à l’époque. Je sais qu’il dépotait bien. Le final surtout est assez hallucinant.

        J’en avais écrit un p’tit truc sur M.I.A. :

        http://made-in-asie.blogspot.fr/2010/02/les-treize-tueurs-eiichi-kudo-avis.html

        Martin me conseillait à l’époque « Le sang de la vengeance ». Ça me fait penser que je ne l’ai toujours pas chopé celui-ci. Il passait lors d’une rétro’ Tôei mais je n’avais pu y assister.

        Sans ça, va falloir que je me le programme ce Miike d’autant plus que c’est un cinéaste dont j’apprécie le boulot (pas tout le temps, hein ? Mais souvent).

  1. Je viens de voir la première demi-heure de l’original est c’est scrupuleusement les mêmes scènes expurgées de la violence moderne évidemment. Je termine ce soir. ;)

      1. Bon, j’ai fait une critique juste pour ici où j’ai repris ce que je te disais ^^, ça mange pas de pain. :)

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s