Leviathan (1989)

leviathan.

3-50

Leviathan, rien que le titre, toute ma jeunesse…

Florilège du niveau :

– « Si vous aviez le culot de m’appeler Becky encore une fois SixPack*, croyez-moi vous pourriez bien décapsuler et chier des bulles ! »

– « qu’est-ce qui se passe ? »
– « et bien… J’essaie de savoir à quel point on est dans la merde et ça c’est pas rien. »

– « Bien sur, je comprends que vous sortez… »
– « On sort ?! Merde on est en plein dedans ! »

– « Ouvre la gueule pour voir salope ! »
Qui dans l’esprit, est subliminalement interchangeable avec :
– « La touche pas sale pute ! »

Aaaah la belle époque.

Quand on a grandi avec pour lumière suprême Alien et The Thing, quel beau petit bonheur de dégoter en 1989, au détour d’une vhs durement acquise, un petit film qui utilise tous les schémas de ses aînés pour un remix sans budget mais avec un casting qui parle tellement à ton coeur sensible qu’ils peuvent sortir toutes les âneries qu’ils veulent sans que ça ne change d’un iota la joie d’être dans un film de monstre slasher mutant sous-marin. Et en plus ,je l’ai vu juste avant Abyss.

C’est comme si on enfermait Robocop, le Colonel Trautman, Winston Zeddemore (SOS Fantômes), Marv (Maman j’ai raté l’avion), Jenny (Le flic de Beverly hills), un Mexicain et un barbu dans une station sous-marine avec un monstre russe caché dans les tuyaux et face à Jean Markham et ses yeux bleux d’un autre monde (Meg Foster dan la forêt d’émeraude). Il reste toujours Amanda Pays la bonasse. Mais elle, même à l’époque, j’avais vu qu’elle jouait super mal…

Stan Winston aux SFX était la grosse caution du film. Là encore, à l’époque ça marchait tout seul. Les bestioles à base de vers gluants et de mélange visqueux rappellent irrémédiablement The Thing. Seuls quelques plans finaux plus larges trahissaient le monstre en plastique. Bon, avec cette nouvelle séance, j’ai un peu cru que Stan Winston avait fourni à l’équipe de Leviathan ses fonds de magasin en mains et autres articulations défectueuses, mais peu importe, c’est largement au dessus de la moyenne.

ça reste agréable de le revoir après plus de 15 ans puisque j’ai pu me rappeler très clairement tout ce que j’aimais voir et revoir dans ce film (je l’ai vu au moins 50 fois… comme tous mes premières amours Bis…), un enchaînement de plans, des détails visuels en fait, aucune attention au fond.
La fiole volée qui verse son liquide inconnu, le bras qui gratte, les cheveux qui tombent, le vers gluant qui sort du buffet de la cuisine, croyez-moi, je n’ai plus ouvert la porte du buffet de la même manière pendant un bon moment après, la fameuse mâchoire qui sort de la main, ultime frayeur, le tout avec une musique de Jerry Goldsmith qui camoufle le néant avec brio et quelques sons bien précis qui appuient le rythme du montage (fermeture pneumatique des portes automatiques placées au millimètre par exemple). Et ce monstre protéiforme jamais visible entièrement qui choppe tout le monde un par un, de la sous prod certes, mais c’était tellement rare de retrouver ces ambiances de monuments SF fantastique dans une petite vhs innocente que ça valait tout l’or du monde.

Attardons nous sur deux répliques punchline 80’s :

– Mais non de dieu pourquoi Sixpack* n’a-t-il pas mis ses clignotants ?
– De toute façon, même à cinquante centimètres, il n’y verrait qu’dalle.

Anodin à priori. Redoutable sur une âme encore jeune. D’abord, noyer le jeunot dans un phrasé simili technique incompréhensible mais néanmoins familier avec un mot mystère : les clignotants. Et là, interrogation, mais pourquoi elle dit clignotants, c’est quoi ces clignotants ? Et hop, la réponse juste là pour envoyer une phrase qui roule au palet et te rassurer avec un truc que tu comprends. J’ai toujours trouvé ça cool qu’il réponde ça, sans prendre en compte que ça ne servait strictement à rien et que c’était naze, comme tous les dialogues du film…

C’est merveilleux aussi de voir comme Peter Weller s’en fiche totalement tout le long. Comme dans Planète hurlante. Tout le monde meurt autour de lui, c’est le chef, mais il ne cesse de répéter une seule chose, « pas de panique les enfants, on va s’en sortir », tout en draguant la bonasse. Comme il était rassurant vu comme ça. Même quand il se prend un gros coup de griffe à la fin, j’arrivais à avaler que c’était normal que ça ne lui fasse ni chaud ni froid…

Quel joie aussi, ce passage où Richard Crenna fait des recherches sur son ordinateur et finit par taper dessus en lançant : « mais devine bon sang ! » Et l’ordinateur de répondre : « altération génétique ? » Plan sur le visage tendu de Richard. Inutile d’ajouter des répliques, il suffisait de prendre un air pensif et la technologie se chargeait de trouver toutes les réponses alors que Richard passait pour le scientifique supérieur pour avoir su taper les bonnes lettres sur le clavier.

C’est comme Meg Foster. Un plan sur ses yeux et elle peut même rester fixe au téléphone sans parler qu’elle est déjà inquiétante. Et puis cette envie irrémédiable de lui foutre un poing dans la figure pendant tout le film, et cette scène finale qui prend bien son temps à arriver où Cosmatos conclue : voilà ton souhait est réalisé kid, tu as senti l’odeur de Die Hard ?

Aaah, c’est sûr, c’est nul pas de doute, mais c’est beau quelque part.

Donc, 2 en réel + 1 pour le souvenir, + 1 pour le premier amour Bis = 4

* Pack de bière, trop classe le surnom…

leviathan2

leviathan3
http://www.senscritique.com/film/Leviathan/critique/1377888

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