Les 13 Tueurs (十三人之刺客) 1963


A la suite d’un ordre secret émanant d’un haut dignitaire du Shogunat Tokugawa, 13 hommes ont un objectif commun: assassiner Matsudaira Nariaki, le shogun du clan féodal Akashi, un homme sanguinaire, despotique, devenu incontrôlable. Ils ont 60 jours pour atteindre leur but. Les rebelles sont dirigés par un samouraï expérimenté, dont l’attitude très calme contraste avec le capitaine des soldats, au comportement inquiet et paranoïaque. Ce dernier devra se battre comme un lion lorsque le cortège officiel, de retour d’EDO (ancien nom de Tokyo), tombe dans un redoutable guet-apens à l’entrée d’un petit village sur le bord d’une rivière… (cinemasie)

3-50
Un chambara 60’s tout de même porté sur l’affrontement puisqu’il tend vers une longue attaque finale très « 7 mercenaires » dans l’âme. Eiichi Kudo n’oublie pas pour autant de développer intelligemment son propos avec un beau message de crépuscule du samouraï même s’il n’arrive pas au niveau des meilleurs Okamoto, Misumi, Gosha, Suzuki et autres Kobayashi, encore moins au niveau de son grand modèle « Les 7 Samouraïs ».

Ce récit historique de 13 samouraïs en mission d’assassinat royal fait aussi un peu penser au Chambara originel qu’est « Les 47 Ronins » avec son ambiance dépouillée et faussement zen, du moins jusqu’à l’attaque qui mise elle sur l’action 60’s.

Takashi Miike a bien repris très fidèlement la trame de l’original. C’est scrupuleusement les mêmes scènes expurgées de la violence moderne. Jusqu’à l’attaque, c’est le même film quasiment au plan et au dialogue près, à deux, trois détails près :
– Le Kikuchiyo n’est plus, c’est un samouraï paysan
– La femme mutilée n’y est pas évidemment
– Le seigneur est naturellement moins sadique.
– Les soldats ne sont pas 200 mais 53 contre 13 ce qui change évidemment toute l’attaque.

La version de Kudo est beaucoup plus réaliste sur le fond, avec une fin plus ambigüe aussi. Sur la forme, l’action accuse les années. On voit bien que Miike y a été gaiement. Ginzaemon se bat tout le long chez Miike par exemple. Ici, pas du tout. Il y a du pour et du contre. Une fin toute facile pour Miike mais une forme qui dépote. Une fin plus complexe et ironique pour Kudo mais une forme qui accuse un peu le coup pendant l’action.

Le déroulement de l’attaque est par contre très crédible chez Kudo, beaucoup plus que chez Miike. Les jeunes ne lâchent pas leurs arcs tous ensemble pour sauter à pieds joints sur l’ennemi, bien au contraire. Même le meilleur d’entre eux connaît la peur. La topographie du terrain y est aussi beaucoup plus scrupuleuse et crédible.

Par contre, la caractérisation des personnages secondaires est plus sympa chez Miike je trouve. Ici, les personnages principaux sont les mieux lotis et de loin.

En bref, on est quand même pas loin de l’incontournable.

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Une réflexion sur “Les 13 Tueurs (十三人之刺客) 1963

  1. Ah sacré Miike… il faut qu’il nous foute un truc glauque, là c’est la femme mutilé ! ^^ Après il est vrai que les seconds couteaux sont peu approfondis. C’est ce qui m’avait déjà frappé à la première lecture du film. C’est cool que Miike change cet état de fait, l’effet Tarantino sans doute. L’homme qui aime créer des histoires aux personnages secondaires en marketant dessus alors qu’ils crèveront vite fait ou n’auront qu’une scène ou deux, parfois sans répliques. Je force le trait mais ça me donne carrément ce sentiment là.

    T’as plus qu’à te plonger dans le reste de la filmo’ du père Kudo maintenant. Y a d’autres films franchement pas mal.

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