Battleship (2012)

Battletoads
2-00

Ça y est, les vieux retraités de la Navy ont enfin leur film. Mieux que ça, ils jouent dedans et arrivent en rang au ralenti sur le pont de leur cuirassé façon Armageddon ***spoiler*** et sauvent l’humanité ***spoiler***. Ils ont du râler après « Battle Los Angeles » prétextant que vu le nombre de films de propagande sur les Marines, il était bien temps de montrer qu’à la Navy aussi, ils ont des grosses, batteries de canons. Pour les récompenser de cet oubli fâcheux qui remonte tout de même à l’infâme Pearl Harbor, Peter Berg va mettre les bouchées doubles.

Je veux bien que tout pète pour pallier au patriotisme dégoulinant. Même la première demi-heure flasque de présentation de nos jeunes héros, je veux bien la manger. Après tout, c’est presque un passage obligé. Dans Independance day aussi, la première demi-heure est pourrie (oui, oui, le reste aussi…) et ne sert qu’à meubler avant l’arrivée des extraterrestres. Et s’il y a une chose que les américains savent faire, c’est l’arrivée des extraterrestres. Les mecs sont rodés, on ne la leur fait pas. Donc, la deuxième demi-heure est plutôt plaisante. Je commence même à croire au n’importe quoi en puissance qui se déploie.

Sauf qu’ensuite, vu que les frangins scénaristes qui n’en sont pas s’arrêtent là et oublient de dire pourquoi, comment, où, sous quel forme, par quels moyens, et simplement QUE font les Aliens et tout ce qui pourrait développer un truc un minimum intéressant sur eux, ils nous pondent une partie de toucher-couler contre des vaisseaux qui sautent sur l’eau comme des grenouilles. Non mais qui sautent quoi ? pourquoi ? où ? comment ? au début je me suis même dit que c’était intelligent peut-être, que les aliens en fait ne savaient pas voler et donc, c’était peut-être pour ça que leurs vaisseaux étaient arrivés en se scratchant. Même pas ! Leurs vaisseaux sautent sur l’eau, point.

Admettons, je mange le vaisseau qui saute. Mange-le, c’est original un vaisseau qui saute.

Faire s’affronter la Marine mondiale et les Aliens, ça aurait été trop compliqué avec beaucoup trop de paramètres à gérer officieusement. Officiellement c’est trop facile. Les beaux missiles de l’armée sont tellement puissants face à la technologie super évoluée Alien, ce serait même pas drôle… Alors, pour pallier à ça, on va enfermer un petit croiseur tout penaud en plein milieu du boxon alien et couper l’accès de tous les autres via un champ électromagnétique infranchissable, comme ça, c’est plus équilibré… Et puis, plus fort, à la fin, ils n’auront que le cuirassé Missouri légendaire et antédiluvien pour gagner, ça fait plus héroïque encore et rappelle les beaux souvenirs de la Navy.

Et puis tant qu’à faire, on met à leur tête un jeune rebelle encore plus con que les héros joués par Will Smith et Bruce Willis réunis moins leur charisme et sans humour. Un jeune gradé tellement abusé qu’il est absolument impossible pour n’importe quel corps militaire de l’accepter comme stagiaire. Pour donner une autre idée du niveau de Taylor Kitsch, homme le plus malin encore en vie sur le pont, il reste en extase devant l’intelligence de son collègue Japonais qui utilise les balises météo pour se repérer sans radar… (Aaah, mais c’est une blague, surement une référence lourdingue à…, wink). Octobre rouge et USS Alabama sont des films historiques à suspense pour polytechniciens à côté.

A partir de là, on administre de belles cordes d’amarrage fraternelles sur la beauté de la Navy. Et surtout, à partir de là, c’est du Hasbro à son pire. On va pouvoir faire croire que tout pète dans un milkshake de références pas fines histoire de flatter l’intelligence du public à reconnaître les anciennes gloires du « blockbuster US qui pète » et faire avaler que tout ça, c’est frais et enjoué bien entendu.

Je voulais bien mais que font les aliens ? Présentés si surpuissants, ils ne sont bientôt plus que des glandeurs incapables de se défendre contre une barque ou une Jeep. Et puis, même dans Independance day ou Armageddon, Il y a des personnages colorés et rigolos au minimum, là, on a Rihanna… Et un cul de jatte qui tire la tronche tout le temps. Oublions le scientifique cynique. De toute façon, lui comme les autres refoulent copieusement les répliques four à pain.

La deuxième heure tombe à vitesse grand V dans le vide interstellaire du gros bousin post 2000. Une fois les trois bonnes idées d’armes alien découvertes, elles seront rabâchées jusqu’à la fin et rien n’empêchera plus de subir les pires élans de cette grosse vache à lait.

Asano et Kitsch refont la scène de Titanic et sautent carrément de 100m du haut d’un cuirassé qui coule, absolument sans aucune raison puisque les autres ont sauté sur le côté comme tout le monde (j’oublie aussi qu’ils montent à pieds jusqu’en haut alors que l’engin est à 90°…).

Kitsch fait du surf avec son cuirassé pour expliquer à Asano l’Art de la guerre de Sun Tzu.

Et c’est tout.

Est-ce que quelqu’un peut m’expliquer ce que font exactement les aliens ?! Tout juste, ils font péter deux barques et quelques infrastructures avec des yoyos à roulettes mécaniques mais sinon ils font quoi ? – « Hey les gars, on est bien arrivé, vous pouvez venir, c’est cool, y a un show à l’américaine ! »…

Au début, je me suis dit qu’ils avaient aussi des raisons de faire comme le Predator et de n’exterminer que les personnes armées ou hostiles, surtout que Peter Berg insiste copieusement sur ce point, mais même pas !! C’est juste pour faire comme Predator.

Tout ce film, c’est juste pour faire comme si ça le faisait.

http://www.senscritique.com/film/battleship/4521270950287293/critique/drelium/

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