Terminator 3 : Le Soulèvement des machines (Terminator 3 : Rise of the Machines) 2003

Terminator3

Tais-toi
4-00

Je l’ai pas revu et c’est comme ça, tais-toi. Ce n’est pas un vieux souvenir enjolivé, je pense toutes les énormités (pour la plupart) que je vais sortir.

Et donc ouais, mais carrément que le T3 de Jonathan Mostow mérite beaucoup mieux que cet alignement de décapitations en règle. Il est bon, et même très honorable face au 2 mais ouais tais-toi, tu sais pas. Déjà, y a Schwarzy gouverneur qui présente le dvd, le gars croit encore à la com’ des 90’s, c’est mémorable. Juste un apéritif de second degré à travailler.

Il faut pas me la faire avec le côté sombre du 2, c’était déjà du Cameron actionné, de la pure poursuite mais genre premier degré, on est sérieux, et l’esthétique brutale de Terminator était déjà bel et bien morte. Plus propre, plus numérique, plus assez sombre, vainement sentimental, revu y a pas longtemps et ça fait mal comparé à la claque d’origine même si ça reste une référence. Ici, c’est pas forcément mieux mais c’est du velouté mais tais-toi, oscillant entre plusieurs degrés avec un équilibre que je n’explique pas mais qui m’a pleinement convaincu au contraire de beaucoup de monde (trop).

Et alors question comparaison entre le T1000 (un peu has been aujourd’hui quand même…) et la Terminatrix, mais ouais mais va-t’en, carrément que Kristanna Loken, elle est trop féroce, tout autant que Robert, elle est trop plein d’armes dans ces bras et ses pieds, elle se métamorphose à l’envie, elle s’accroche partout, elle est trop fatale. La Trix se cache derrière tous les clichés de la bombe pour mieux montrer son attirail. Évidemment qu’elle ne parvient pas à les chopper, est-ce que le T1000 choppe quoi que ce soit lui ? Queue dalle. Elle foire comme lui à maintes reprises mais elle en veut la jeunette, objectif unique en tête, elle s’en fout d’être belle au final, c’est juste un leurre parfait. J’aime son regard. Pas besoin qu’elle tue des gens pour me plaire.

Et non je m’en fous que ça parte trop vite et que ce soit trop dépouillé cette photo, c’est dans l’esprit mécanique informatisée post-2000 et les courses poursuites sont totalement dingues point barre !! La poursuite mythique de T2 avec la pétrolette de John passerait limite pour une jolie petite image d’Épinal à côté. ça défouraille sévèrement de bout en bout et je déguste l’action too much de ce T3 de bout en bout, pas un cadrage à jeter, pas une idée qui ne me plaise un tant soit peu.

Mais mieux que ça, je dirais même que j’aime cette histoire entre le jeune John et sa copine, innocents jusqu’à l’os parachutés dans un feu d’artifice de métal et d’improbabilités savoureuses, où on leur annonce traditionnellement en pleine cavale qu’il sont méchamment dans la mouise.

J’aime comme John est récupéré plus tard sur sa route, paumé, bien plus désabusé, drogué mais simple, banal, presque fini, juste assez débrouillard pour éviter le bout du rouleau, une belle loque humaine faible. J’aime l’espoir que sa jeune vétérinaire rencontrée par hasard lui apporte, tout deux inconnus l’un pour l’autre mais connectés dans le chaos que déclenchent les deux machines folles. J’aime comme elle commence à prendre ses impossibles responsabilités face au poids inconcevable qui s’abat sur eux. J’aime même cette scène sur le bord de la route où les choses se posent un bref instant. J’aime cette VF aussi. J’aime ce couple de jeunes protégé par ce vieux Schwarzy fini mais résistant.

J’aime toutes les touches d’humour lourdingues qui dynamitent le côté éminemment ridicule de toute cette histoire sans que l’essence de la fatalité du futur n’en soit écornée. Bien au contraire, j’aime ce scénario anodin qui se résume à une gigantesque fuite vers nul part et j’aime trop cette fin qui écrase le tout magistralement et constitue la meilleure fin possible à cette trilogie, mais ouais carrément jusque là, tais-toi. Et ce passage avec Schwarzy virussé, et la sortie avec le cercueil, et le soulèvement des machines, certes anodin comparé à ce que laisse entendre le titre, mais justement, c’est ça, là est le basculement vers l’inéluctabilité.

De l’arrivée de la Terminatrix au moment où elle fond sa belle peau sur l’anneau, je loue Kristanna Loken d’être aussi charmante, glaciale, physiquement surprenante, fluide et convaincante. Elle apporte vraiment un plus au film, une originalité qui semble peut-être débile et aussi grossière que clichée, comme tout ce que je suis en train de raconter penseront certains, mais qui se tient si bien dans sa démarche assumée qu’elle définit par la même le meilleur de l’efficacité bruyante des années 2000 transmise par une femme à priori simple objet sexuel publicitaire.

Ce T3 reprend la trame du 2 mais réussit à mon sens un parfait remix qui respecte le matériau et développe de nouvelles pistes fraîches et sait ne pas se cantonner au show débile ni à la gravité premier degré lassante. L’humour n’est pas forcément là pour être drôle mais simplement pour désamorcer la mystique un peu vécue de Terminator. Et je trouve ça définitivement couillu, sans honte d’y aller au maximum. Et cette poursuite qui dure toute une matinée est un grand moment de destruction sur grand écran à elle seule.

La première fois, j’ai été jusqu’à saisir comme jamais toute la puissance de ces machines grâce à la dose de bâtiments et d’obstacles qu’ils pouvaient réellement leur mettre dans les dents. Ces machines sont invincibles, elles n’ont pas besoin de se speeder. Leur puissance aura forcément raison des deux jeunots non ?…

Je ne sais pas pourquoi on tape sur ce film alors que je vois des tas et des tas de grosses bouses prétentieuses qui croient vendre de la bonne action à 1000 lieux de ce que peut faire Jonathan Mostow ici. ça n’arrête pas ! J’aime cette opposition entre le mécanique, vieux et laid T800 protecteur et la jeune, belle et vicieusement informatique Terminatrix.

Et ce combat dans les chiottes merde !! C’est autre chose de brutalité que ce truc moisi qu’est Terminator renaissance que l’on tolère bien plus facilement pourtant, alors qu’il incarne lui parfaitement la prétention de vouloir péter plus haut que son cul que l’on dénonce largement ici à tort. Tais-toi, va-t’en.

Terminator32

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http://www.senscritique.com/film/Terminator_3_Le_Soulevement_des_machines/critique/1433814

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