Aliens : le retour (Aliens) 1986

« C’est ça notre mission mes cailles »
4-25

Déjà, tu es jeune, tu vois Alien, tu n’as plus qu’une question stupide mais légitime pour sa suite : On va le voir plus l’Alien ? Il y a un « s » à Alien en plus, ça veut dire qu’il y en a plusieurs ? Espérance : faut que ça charcle. Même ceux qui ont découvert sur le tard qu’Aliens brassait du vent à tout rompre ne peuvent omettre cette joie enfantine incommensurable de voir des Marines burnés jusqu’aux oreilles se farcir des Aliens par bourriches de 12 puis se faire bouffer tout en lâchant des répliques de râlements virils coincés dans un couloir mortel.

L’histoire d’amour, j’ai arrêté de croire que c’était le moteur depuis que Titanic m’a plu déraisonnablement. Était-ce vraiment Kate et Léo ? Plutôt le mouvement perpétuel de ce bateau, cette mécanique, oui ça c’est plus le véritable moteur d’un Cameron. L’amour y est toujours extrêmement simple y a pas à charcuter, et d’autant plus fort qu’il est très délimité par l’urgence de survivre.

Cameron, il aime les mêmes vaisseaux, les mêmes chars, les mêmes sulfateuses, les mêmes décors Doom Like que toi quand t’étais petit, il en est même l’inventeur. Il va pas se la faire, je montre un univers entier autosuffisant à tes yeux avides de savoir (à cette époque). Non, il va te mettre un amour basique tourmenté dans une impasse délabrée pleine de monstres, de Marines sulfateurs et de traîtres. Il n’annonce pas autre chose, il ne triche pas. Il n’a jamais voulu faire Aliens au sens Ridley du terme.

On vit intensément la relation Hicks / Ripley / Newt parce qu’elle est constamment mise en danger dans un flot rêvé de confrontations entre le Marine, l’Homme conditionné pour tuer, et l’Alien, son maître en la matière. Un amour pris dans une guerre d’action dont le moteur est encore et toujours le mouvement. S’échapper, se cacher, anticiper, contourner, affronter, sauver. Chacun a son rôle et sa manière de bouger, du lieutenant loser au méchant pourri et lâche en passant par le sidekick Paxton gueulard jusqu’à la moindre tête brûlée qu’elle soit mexicaine ou polonaise, ça se meut en souplesse et avec grâce.

Qui n’a jamais prêté attention à ce superbe mouvement de positionnement de sulfateuse au côté que répètent même Vasquez et Drake au début brandissant fièrement leurs armes phalliques ? C’est beau.
De la mystique de Marine spatial à plein régime. Et c’est ça pendant 1 heure.
On a même droit à un cours de sulfateuse entre amoureux tellement ils les aiment leurs engins.

Ce film peut se regarder un nombre incroyable de fois avant de se rendre compte qu’il se passe en fait queue dalle pendant super longtemps tellement les jouets de Cameron sont beaux en mouvement.

Mais il n’y a pas que ça évidemment. Le personnage central est une nouvelle fois chez Cameron très charismatique. Ripley, parfaite Sigourney Weaver, contrebalance magnifiquement cette mer de testostérone en s’opposant aux mouvements inconsidérés, sachant parfaitement tout comme nous de quoi est capable la bête, ce qui lui donne une sensibilité à part en plus d’être une guerrière.

Et même si à la rigueur, on s’est senti trop poireauter dans des couloirs vides à fouiller des pièces vides à coup de détecteur de mouvement, le spectacle de ces oeufs, de ces prisonniers du nid de la bête, de ce commando en déroute puis de cette masse de rampants carnivores, c’est pur pain béni. Et quand surprise finale, comme il existe Ripley désormais Reine des Hommes conditionnés pour tuer, il existe aussi la Reine des Aliens. Alors là mais pfff, le spectacle annoncé dés le départ du robot monte-charge face à un gros truc constitue l’apothéose du jeu certes puéril mais magnifique auquel s’adonne Cameron. Montrer frontalement tout ce que Ridley Scott ne montre pas quitte à piller l’imaginaire de l’original s’il le faut. C’est du niveau du moment où tu prends tes deux plus gros jouets et tu les fais se maraver en guise de final version intensité en sueur. Y a même le perso un peu bizarre amputé et rafistolé avec des bouts qui pendent et qui sauve les situations désespérées. Bishop 4 ever. Et ça court et ça meurt…

Un summum de l’action science-fiction nimbé d’une lumière bleutée et baigné de liquides corporels, de murs indestructibles, de fumée, couloirs et tuyaux étouffants, de Marines amoureux de leurs armes verges et de monstres agressifs, toute une colonie.

Alors bon, les dialogues, l’intérêt, la profondeur, la cohérence et tout ça après… Un autre jour.

Et puis perso, il ne faut surtout pas voir la version longue (malheureux gastronome irrécupérable) qui met en image tout un tas de trucs et autres backgrounds sentimentaux statiques largement mieux imaginés par le spectateur lui-même lors de la seule et unique version cinéma, ramassée et parfaitement suffisante pour un film d’action made in Cameronia.

aliens03
aliens02

http://www.senscritique.com/film/Aliens_Le_Retour/critique/1437493

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s