Le Voleur et le Cordonnier (The Thief and the Cobbler) 1993

À la dingue
4-25

Monstrueux trip d’animation maudit produit de 1964 à 1993 (presque 30 ans, record du monde) sans jamais avoir été véritablement terminé malgré deux autres versions qui suivirent la director’s cut originale. L’une tentera d’ajouter des morceaux chantés pour égayer l’ambiance étrange et l’autre ajoute une voix off aux pensées du cordonnier avec la voix de Sean Connery histoire d’avoir un héros moins muet. Mais ce sera moins bon.

Le problème, c’est que ce n’est pas un film d’animation pour enfant derrière son allure de conte de fée des mille et une nuits. Plutôt un trip gigantesque d’animateur sous opium aux mosaïques de couleurs, décors asymétriques, isométriques et autres enchevêtrements Escheriens sinusoïdaux de circonvolutions aberrantes en mouvement perpétuel. (Si tu aimes cette phrase, tu vas aimer…)

Un voleur très compulsif qui ne perd jamais son unique sandale, brindille sous sa cape constamment orné d’une nuée de moucherons au dessus du crâne (y a pas mieux pour donner envie de tous les tuer mais lui ne fait rien… Irritant), un vizir, Zig-Zag, proto Jafar et son vautour bruyant aux grands gestes insupportables, un Kalif paresseux, une princesse aux courbes divines, un cordonnier nommé Tack (clou) en guise d’Aladdin qui n’a pour seule bouche qu’un ou deux clous qu’il machouille, et une prophétie qui dit que l’invasion commencera lorsque les 3 boules d’or accrochées tout en haut du minaret auront disparu.

On aurait pu obtenir un conte merveilleux tout ce qu’il y a de plus normal, mignon et scintillant, avec les voix de Vincent Price en Zig Zag et Sean Connery pour les pensées de Tack, rien que ça. A la place, on a un trip halluciné de 90 minutes éreintantes enchaînant les moments de bravoure animés, un mélange entre Allegro non troppo et Belladonna baigné de Bip Bip et Coyote vu par un illuminé sans doute inconscient du coût de production total et réel d’une telle somme de travail.

C’est pas fini, le son est outrageusement mal mixé, la grandiose musique symphonique déchire les tympans, ça part méchamment en quenouille mais c’est drôle et le gars sait ce qu’animer veut dire pour sûr. Un dénommé Richard Williams, directeur d’animation sur un certain Roger Rabbit et quelques autres perles oubliées, l’oeuvre d’une vie. Il ne pourra réellement faire le gros du métrage qu’après le succès de Roger Rabbit et un deal avec la Warner Bros qui se transformera en duel d’autant qu’une grosse partie de son équipe travaillera pour le Aladdin de Disney sorti dans la bataille qui lui pique au passage pas mal d’idées visuelles, jusqu’à la trame de l’histoire.

Une version fanatique, la director’s cut originale sans chanson ni pensées de Tack, avec en prime de nouveaux passages non terminés remontés par les fans :

Big ride.

ps : la grande scène finale de 20 minutes de l’armée mécanique des One-Eye est une tuerie de circonstances surréalistes qui écartèle le fondement, et le voleur pousse à la note inconditionnelle.

http://www.senscritique.com/film/Le_Voleur_et_le_Cordonnier/critique/16273661

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