Le Baron de crac (Baron Prasil) 1961

Mêlant la technique du dessin anime et le jeu d’acteurs réels, Zeman s’inspire de divers auteurs de la littérature classique fantastique.

Après avoir vécu diverses aventures sur Terre avec son ami l’astronaute Tonik, le baron de Crac est accueilli sur la Lune par Cyrano de Bergerac et les héros des romans de Jules Verne.

Dégustatif doré
4-25

Adaptation du Baron de Munchausen vu par le tchèque Karel Zeman, à la base spécialiste des marionnettes puis figure de l’animation mêlée au réel grâce notamment à ses adaptations de Jules Verne dont « Aventures fantastiques » désigné comme son chef d’oeuvre. C’est Mirifique.

En particulier, la première partie, la plongée initiale dans l’univers, la lune, la mer, les forteresses, la découverte de ce monde fantastique dessiné et réel à la fois où quasiment chaque plan ferait un fond d’écran qui te ferait un tableau pour ton salon. La maîtrise graphique de Karel est suprême. Acteurs réels et décors réels ou peints à la Victorienne, souvent inspirés voire repris des gravures de Gustave Doré, s’entremêlent avec des personnages animés, des ombres chinoises et des marionnettes animales fantasmagoriques fusionnés avec une perfection soufflante. Comprenez bien, je ne parle pas d’ombres chinoises, puis de personnages réels, puis de personnages dessinés. Tout est constamment mélangé et change d’une seconde à l’autre selon les besoins de la scène. Tout est net, impeccable. L’échelle de chaque chose est parfaitement crédible et chaque plan du décor est une texture dessinée ou réelle sublime de précision à chaque échelle de plan. Le passage où le Baron chevauche un cheval hippocampe en fuyant les sirènes requins, le cheval hippocampe mi marionnettes, mi animé, il est super trop bien incrusté avec le baron, c’est la foliiiiie ! Et tout est comme ça, le moindre bout de décor. L’étalonnage des couleurs est parachevé par un filtre général sépia, mordoré, rougeâtre, bleuâtre ou verdâtre très Jules Verne et Méliès, les principales inspirations de Zeman, qui fulgure l’unité de l’image. Inspiré de nombreux classiques d’un certain côté mais c’est du grand art.

Bon, sinon, c’est le Baron de Munchausen tchèque, donc c’est pas la super joie non plus. Il y a de l’humour mais l’austérité est de mise et le Baron fantasque et un brin mythomane n’est pas du genre rigolard. Le fil rouge se concentre sur l’histoire d’amour entre la princesse et le cosmonaute venu de la lune, lui-même conduit et concurrencé par le Baron, sûr de lui, invincible, conquérant et friand de l’étalage de ses conquêtes féminines. Conte un poil longuet et froid peut-être mais ça reste très beau. Et surtout, tout est possible tant le rythme fantastique est élevé. On retrouve des scènes du futur Terry Gilliam et bien d’autres dans une ambiance graphique absurde et ténébreuse de référence.

NB : Baron de Munchausen (baron Prasil en tchèque) aussi appelé Le Baron de crac pour le baron du crac, soit du mensonge et de l’affabulation.



http://www.senscritique.com/film/Le_Baron_de_crac/critique/16491551
Iconographie : http://www.c1n3.org/z/zeman01k/index3.html

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