Terre brûlée (No blade of grass) 1970

Terre sans pain
3-75

Un dangereux virus issu de la pollution industrielle a contaminé l’herbe et certaines plantes spécifiques comme le riz et le blé, bref toute la chaîne alimentaire. La famine, la panique et le cannibalisme se répandent dans le monde. L’Asie et l’Afrique sont déjà presque entièrement contaminés. A Londres, John Custance en bon militaire à la retraite anticipe la dégradation de la situation malgré l’attentisme optimiste des médias et du gouvernement britanniques, et décide de rejoindre avec sa famille la ferme isolée de son frère dans le Nord de l’Angleterre où ils pourraient mieux faire face aux évènements.

Aventure post apocalytpique de 1970 accompagnée de sa petite réputation culte, par le réalisateur du plus réputé encore « La proie nue » (excellentissime survival à ne pas manquer). Bon, c’est un tout petit peu râpeux quand même, il y a des raccourcis qui ne trompent pas sur la précision relative des détails d’enchaînement. Qu’est-ce qu’ils mangent déjà au bout d’un moment ?… On sent le côté film de genre post peace and love avec le gang de motards hirsutes, le viol dramatique, et la musique. Vraiment, les trompettes 70’s ou le rock progressif, c’est cool mais c’est moyen pour une ambiance dramatique. Les acteurs n’ont pas l’air super tendus non plus pour des fuyards de la fin du monde. Il sont biens dedans, notamment le duo principal Nigel Davenport / Jean Wallace, mais pas géniaux pour faire simple. Il y a aussi des flash forward avec filtre rouge qui m’ont tous paru complètement inutiles, au contraire des voix intérieures plutôt sympas elles pour continuer dans le subjectif. Bref, pas de fortes émotions pendant ce film réputé marquant.

Mais ça reste un sacré bon petit film fondateur du genre post-apocalyptique, original et fortement recommandable, avec un petit côté Fils de l’homme joliment réaliste. Et Peu nombreux sont les films qui traitent vraiment du passage de la démocratie à l’anarchie générale. C’est aussi typiquement un film de 1970 qui se veut réfléchir sur les grands problèmes d’avenir, en gros les nôtres. Les corrélations écologiques avec notre période sont toutes dénoncées en force de la chaîne de distribution aux questions d’OGM, tout en envoyant régulièrement une odeur d’action de fin du monde avec des moyens limités mais un goût pour le cadrage travaillé et la dénonciation radicale à la Peckinpah.

C’est certes un peu facile de montrer un enfant africain affamé à la télé filmé en parallèle avec de bons anglais bien gras dégustant de la viande de porc sur un buffet, mais c’est aussi un film voulu très réaliste qui sait rester à l’échelle intime et poser tous les problèmes que notre mode de vie pourrait rencontrer s’il s’effondrait. Le petit voyage dans la campagne anglaise réserve de beaux instants psychologiques révélateurs de la sauvagerie humaine en situation de chaos sans héroïsme mal placé. Le kid adepte des armes n’est pas qu’un fou brutal. John Custance, le retraité borgne et grisonnant leader du groupe n’est pas irréprochable non plus. Les choses n’arrivent pas toujours au bon moment (sauf quand on a placé des flashs forward pour annoncer que ça va arriver mais bon…).

Un film pessimiste mais pas glauque, un peu misogyne par moment mais varié, intéressant et assez sobre avec des personnages joliment ambivalents et de beaux paysages rocailleux et brumeux au milieu d’eaux impropres et de bétail mort.

Ah, on avait des choses à dire dans les films 70’s…

ps : sinon, j’ai failli noter moins avec l’attaque des motards à cornes. Scène pourtant excitante mais :

Qu’est-ce qu’ils foutent à tourner en rond là-bas pendant 3 plombes au lieu de foncer dans le tas ou ne serait-ce que tourner autour de leur cible !!?… Le reste du script, notamment le final, pâlie heureusement à ces quelques défauts de forme.




http://www.senscritique.com/film/Terre_Brulee/critique/14759896

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Une réflexion sur “Terre brûlée (No blade of grass) 1970

  1. Appréciant les œuvres traitant de situations post-apo’, j’ai bien accroché à l’ensemble. Encore une fois, conquis par le boulot de Cornel Wilde. Le film offre beaucoup de choses dont l’intérêt est grandissant : le sujet, l’audace de son traitement, le fait d’éviter tout manichéisme (voir nos protagonistes tomber dans une certaine forme de barbarisme), etc… Après, il est vrai que le métrage souffre d’un coup de vieux, et c’est bien dommage tant le propos résonne encore aujourd’hui. Pourtant, au-delà de ça, certains procédés font mouches et participent à l’ambiance « fin de monde ». On est presqu’obligé de recontextualiser ce Cornel Wilde sinon, y a moyen d’être sévère.

    Sinon pour ce qu’ils graillent, il me semble qu’ils tablent sur des réserves embarquées. Mais vrai que c’est plutôt flou. Surtout après s’être fait dépouiller.

    Quant à ton PS, ça m’a également interpellé. Drôle de stratégie que de tourner en rond aussi longtemps. Je pouvais comprendre le choix de départ. Tu ne peux encercler tes cibles. Tu crées donc un nuage de poussière et tournes en rond pour les déstabiliser. Tu en profites pour recharger tes armes s’il le faut mais c’est bien trop long ! Lorsque ça marche pas, ça marche pas, tu fonces, point, et les bikers sont assez cramés de la tête pour le faire, chose qu’ils font de toute façon ! Bref. Mal branlé tout ça.

    I.D., prêt pour la fin du monde : achat d’un AK-47, de balles chinoises et de boîtes de raviolis…

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