Raggedy Ann & Andy: A Musical Adventure (1977)

Attention, l’affiche pique les yeux.
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Raggedy Ann et Andy, les deux poupées de la jeune Marcella, quittent la chambre pour le jardin au secours de Babette, une belle poupée française offerte en cadeau à Marcella et kidnappée par un pirate.

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Une autre pépite de Richard Williams (« Roger Rabbit », « Le Voleur et le Cordonnier » et d’autres), toujours avec Art Babbitt dans un coin, cette fois-ci à l’animation du chameau. Et encore une fois, Richard Williams ne devait pas bien saisir le budget nécessaire à mettre en oeuvre ni où aller mais s’acharne à enchaîner les moments de bravoure d’animation. Une bonne moitié de l’équipe est faite de petits jeunes inexpérimentés et ça se sent. Je ne sais pas si c’est un choix délibéré mais la colorisation minimale et fadasse fait très mal et les décors sont clairement torchés assez souvent, voire inexistants.

Il n’y a pas d’histoire ou presque non plus. A la rescousse de la poupée française évadée devient La petite balade au pays des délires. C’est tout mimi sur l’amitié entre les jouets. Tout n’est que prétexte au délirant et à chanter. Ah oui, les chansons, autres points à surmonter, ça n’arrête pas, il y en a beaucoup trop, c’est indécent, il n’y a que ça presque.

Mais c’est génial quand même, délirant pour les fans d’animation et l’histoire a ses bons moments. L’autre moitié de l’équipe est faite d’animateurs chevronnés des classiques Disney tout de même. Le film mêle aussi brièvement et avec brio réel et virtuel au début et à la fin. Le plot de Toy Story est exposé au poil près et part en vrille d’animation tout de suite. Les musiques de Joe Raposo, compositeur sur « Rue Sésame » sont clairement toutes excellentes (hors prise en compte de leur saveur bisounours). Elles restent en tête longtemps et ont traumatisé toute une génération de jeunes américains 80’s.

Vous connaissez forcément la poupée Raggedy Ann au moins de visu, avec ses cheveux en laine rouge, poupée bon marché très loin du jouet de luxe, raggedy signifiant sale, débraillé, rapiécé. Elle et son frère croisent une flopée de personnages resucés ici et là :
– un roi minuscule qui gonfle s’il rit assez fort accompagné d’une sorte de Don Quichotte farceur engoncé dans une armure de Tin Man.
– un chameau aux genoux vrillés pris d’hallucinations et d’un ardent désir de retrouver les siens qu’il voit triper dans le ciel
– un vieux petit pirate teigneux moustachu et roux qui kidnappe d’amour Babette, une belle poupée française guindée à l’accent à couper au couteau
– Et parmi tant d’autres une chose dégoulinante, un Blob de nourriture, qui se répand au sol lors d’un passage éreintant.

Sous son allure faussement mignonne se cachent des monceaux de dégoulinures d’animation pondus par des esprits retors. Moins facile à avaler que « Le voleur et le cordonnier » donc, il demeure du beau travail d’animation en stock.

Un Disney sous psychotrope en somme.

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stills : http://www.thestrong.org

Si vous vous sentez d’attaque :

(Restauration inespérée, c’est le même uploader que Le voleur et le cordonnier.)

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