Schizophrenia (Angst) 1983

angst

Kargl lasse le sang
3-75

(L’affiche ci-dessus n’a rien à voir avec la stricte photo allemande 80’s ni avec le film qu’elle semble annoncer comme un simple slasher mal tenu.)

Grosse réputation d’ovni pour ce film autrichien qui s’inspire du vrai parcours d’un tueur en série dénommé Werner Kniesek. C’est super glauque et y a pas d’histoire aussi. Le résumé tient sur quelques lignes mais ce serait dommage de tout raconter car la mise en scène a du sens et ne rien connaître du peu qu’il faut savoir participe à ce sens.

Du côté du tueur, c’est un peu l’anti Funny Games. Aucune préparation, aucune tenue, ici c’est freestyle. Il débarque comme un touriste qui se serait perdu dans un village de province. Depuis la porte de la prison, on le suit en taxi puis à pied jusqu’à trouver un coin tranquille où tuer en paix. Le chétif psychopathe a beau nous expliquer de sa douce voix intérieure qu’il a tout prévu comme dans ses rêves, tout se passe comme dans la réalité d’un schizophrène qui ne contrôle rien de la réalité, ni de ce qu’il fait, ni de ses pulsions.

Et dans la réalité, ça prend des heures de nettoyer un triple meurtre. C’est ce qui fait la force du film aussi (ou pas), baigner dans ce désir de meurtre qui n’en finit pas, sentir précisément le tableau de son point de vue.

La caméra bouge beaucoup de par l’excitation de départ à grands renforts d’extrêmes gros plans paranoïaques, plus tard prend de l’altitude pour respirer un peu et termine par rester fixe de longs moments pour souligner toute la difficulté du malade à se resituer et se ressaisir. De courts instants, il se libère pour profiter d’une plénitude narcotique avec en ligne de mire l’instant parfait à renouveler : plus de terreur sur le visage des autres.

Les sensations pures du meurtrier donc, d’autant qu’il nous raconte tous les détails de chaque instant par voix off, pourquoi il laisse tomber la grand-mère pour s’occuper du fils paralysé avant d’hésiter à revenir sur la jeune femme attachée à la porte par exemple, le tout accompagné de ses traumatismes d’enfance et toute la panoplie de glauque pervers qui va avec.

ça a généralement très peu de chances de passer me concernant mais cette fois, j’admets que c’est du glauque plus respectable que la moyenne innombrable, mentalement suggéré avec tact.

L’acteur principal habité par le personnage parvient presque à faire peser de sérieux doutes sur son équilibre mental au naturel. Les trois victimes, on ne sait pas trop si elles jouent mal, si c’est une réaction normale de tétanie face à un tel énergumène, ou si le réalisateur a voulu les montrer comme les fantômes qu’ils représentent à ses yeux. Ils doivent quand même jouer pas terrible c’est forcé… Par contre, ils sont champions pour jouer les cadavres. Respect à la mémé malmenée.

Le petit lit rouge sur moquette grise au milieu de la pièce vide a participé à me rappeler par instants la scène d’effraction d’Orange Mécanique. D’ailleurs le film ne raconte que cette scène mais d’un point de vue totalement différent, réaliste et réellement incontrôlable.

Heureusement, Gerald Kargl est adroit pour meubler le vide avec une caméra habile à présenter plusieurs états d’esprit, remuant mais sans caricature, sèchement violent puis lent et épuré. Le film judicieusement court garde une sobriété qui fait du bien au slasher movie souvent injurié.

angst2
http://www.senscritique.com/film/Schizophrenia_Le_tueur_de_l_ombre/critique/18164985

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