L’Ange Rouge (赤い天使) 1966

angerouge
1939. La guerre fait rage sur le front de Mandchourie entre le Japon et la Chine. Sakura Nishi, une jeune infirmière, découvre toute l’horreur de la guerre auprès du docteur Okabe dont elle tombe amoureuse. Elle décide alors de le suivre sur le pire des champs de bataille. [cinemasie]

Red is death
3-25

Autant ça passe bien lorsque Masumura est un peu plus exploitation (La bête aveugle, Hanzo 2, et même Tatouage), autant ici, il lorgne vers « La Condition de l’Homme » pour la femme avec une telle dose de pathos en boucle que toute sensualité et autres considérations pour les personnages s’évaporent.

Elle est jolie notre infirmière toute blanche colombe mais c’est finalement un simple objet sans volonté propre balloté du pire vers le pire, qui change d’avis comme de chemise en plus, juste pour un peu d’amour. C’est la guerre, c’est terrible… Je trouve ça un peu trop binaire.

Un film comme « Le Journal d’une fille perdue » traite d’un sujet approchant avec beaucoup plus de finesse je trouve, et sans user de la fatalité de la guerre. Là, c’est simplement une suite infinie de calamités qui lui tombe dessus et qu’elle subit sans broncher, comme une expression du courage de la femme japonaise par le sacrifice de son corps. C’est beau, mais pour la dernière demi-heure alors. Sinon, c’est malheur, viol, cadavres, opérations sanglantes, longues et inutiles, amputations, désir sexuel d’un handicapé, désir d’un vieux qui lui fait penser à son père, ah oui et je vous ai pas dit pour finir, le choléra vient nous rendre visite.

L’approfondissement et l’évolution de la psychologie des personnages est toute relative, voire stagnante. Le vieux médecin me semble loin de l’épaisseur d’un Barberousse, ce qui fait que ça n’a clairement pas la puissance d’un Kobayashi ou d’un Kurosawa amha. Et là où Masumura sait faire de sublimes moments d’érotisme habituellement, je les ai trouvé ici assez ratés et inutiles ce qui n’arrange rien.

Donc, je suis assez surpris de l’avis général presque unanime, y compris chez les asiaphiles.
Heureusement, il reste un peu de poésie (lorsqu’elle se retrouve seule) ce qui m’a fait apprécier la dernière partie.
Il y a des qualités de mise en scène indéniables mais le sujet est lourd non ? On dirait un boucher qui aligne les tranches. Allez hop, un viol, une amputation et une déshydratation massive à gérer pour Madame, ne craignez rien, vous ça ira très bien…

http://www.senscritique.com/film/L_Ange_rouge/critique/3434018
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