Le sable était rouge (Beach Red) 1967

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Pendant la guerre du Pacifique, une troupe de marines américains est attaquée par l’armée japonaise. Une poignée de survivants avancent vers la jungle où de nombreux tireurs sont camouflés.

Wilde jungle
3-75

Cornel Wilde est clairement un de mes plus gros coups de cœur récent de petit réalisateur largement oublié. Austro-Hongrois d’origine, Escrimeur de haut niveau ce qui lui valut son premier contrat remarqué à Hollywood auprès de Laurence Olivier, acteur, sportif, gros baroudeur et cérébral, Cornel Wilde se met tardivement à la réalisation après de nombreux rôles et crée sa propre petite boîte de production en 1950.

Toi l’amateur de film de genre, fonce maintenant.

En découvrant Terre brûlée, j’ai immédiatement été charmé par le style frontal de l’acteur-réalisateur. Un brin 60’s, un brin vieillot et kitsch pour un regard actuel mais habité, psychologique, direct, épuré, osé, presque radical, et tellement en avance sur son temps pour tout amateur de film de genre, tellement que les qualités de ses films ne lui offrirent pas le succès escompté, le public étant peut-être encore peu familier à voir des films à la violence et au propos si directs, tellement que nombre de films de genre l’ont copié ensuite, même sans le savoir.

Cornel Wilde, c’est de la pure came non coupée pour l’amateur de film de genre avec pointe de classicisme.

« Terre brûlée », BOOM, prends ton survival « Fils de l’homme » / « 28 jours plus tard » / etc, tout à la fois, qui traite de tout ce que les films de survie zombiesques de notre nouveau millénaire pensent novateur, le tout sans zombie, juste avec la sauvagerie des Hommes. Bon, c’est moins beau que « Le monde, la chair et le diable » mais c’est autrement plus tendu.

Ensuite, ce fut La proie nue, BADABAM, son chef-d’oeuvre, le survival à l’état brut, une course-poursuite, pas de chichi, pas de philo, de la survie sauvage dans une Afrique palpable toujours avec cette touche psychologique et sombre du réel comme si tu regardais « Essential Killing » version Romero, du caviar.

Restent d’autres films du monsieur dont ce « Beach red ». Avec un titre comme ça, déjà ça sentait le pré-« Ligne rouge », ça fleurait le « Attack ! » de Aldrich ou même le Big red one de Fuller. Oh oui, après deux réalisations si singulières, je l’attendais de pied ferme ce « Beach Red », et il n’a pas à rougir devant la profondeur contestataire de ses « modèles ». C’est aussi une anticipation bluffante de « La ligne rouge » avec le même rapport de fascination face à la nature, ici belle mais aussi dangereuse, les mêmes voix offs introspectives, la même réflexion sur la guerre mais sans spiritualité Malickienne, juste par le réel. Au passage, « Platoon » lui repique aussi une masse d’idées presque au plan par plan. Les jeunes soldats anti-héroïques au possible, réfléchissent déjà au meilleur moyen de se blesser pour s’extraire comme ils peuvent de cet enfer où les japs se cachent mais où Wilde n’oublie pas leur propre point de vue la fin approchant, celui de l’ennemi aussi Humain que l’américain.

Film amer en pleine guerre du Pacifique au déroulement épuré, « Beach red » débute par un débarquement très similaire à un mélange entre « La ligne rouge » et « Le Soldat Ryan » de près de 45 minutes (!), avec les voix off inquiètes, les bateaux chahutés, la prise de la plage hécatombesque, le tout sur une île du Pacifique infestée par l’ennemi malin et patient, au sein d’une jungle dangereuse pleine de pièges, de maladies et de petits animaux dangereux. Le principal restant encore la rencontre avec l’ennemi à suivre.

Les moyens sont évidemment incomparables, principal défaut, trois ou quatre bateaux en réel et des figurants cadrés comme il faut pour faire illusion. Mais le réalisateur traite la réalité brutale de ces jeunes ados avec sensibilité, menés par lui-même en caporal compréhensif. Il anticipe brillamment les films de guerre contestataires à venir et parvient non seulement à offrir une réflexion et une vision personnelles sans chichi, dénonçant déjà l’arrogance des États-Unis en matière de conflit mondial, mais distille aussi une action tendue et jamais gratuite. Tout comme « Attack ! », le film de Cornel Wilde marque par son fil conducteur simple et ses choix philosophiques audacieux.

Une impression involontaire de déjà vu est malheureusement assez présente, le budget réduit mais très bien utilisé n’est pas toujours heureux, et ça reste assez râpeux il faut bien l’avouer. Mais bon, c’est juste ma note… Beach red développe tout ce qui fera la moelle des futurs poids-lourds avec une authenticité artisanale remarquable.

« Storm fear », « Les requins », « Le virage du diable », « Tueurs de feux à Maracaibo », « Lancelot chevalier de la reine ». Tous aussi durs à trouver, je frémis de pouvoir les découvrir.

http://www.senscritique.com/film/Le_sable_etait_rouge/critique/18015974
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3 réflexions sur “Le sable était rouge (Beach Red) 1967

  1. Ce film, c’est de la bombe de balle ! Plus de 30 piges pour découvrir un auteur comme Cornel Wilde, damn. Comme quoi, vaut mieux tard que jamais. Je m’attaque bientôt à « Terre brûlée » parce que ce mec le vaut bien.

    I.D., cornelien jusqu’à la mort !

  2. Ouaaaais ! Ptain, ce film reste en tête en plus, je sentais qu’il allait falloir pousser un peu sa note à lui, là tu me le confirmes… ^^

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