Le Grand Sommeil (The Big Sleep) 1946

thebigsleep2

Je m’ferais beau gars

4-50

(Oui, j’ai un peu honte…)

Après une gouleyante brochette de classiques du film noir, ‘Le Grand sommeil’ c’est quand même… La grosse, grosse classe. Ce n’est pas forcément que ce soit du lourd suspense final parce que le scénario vire un peu aux poupées russes mais (on s’en fout) c’est vraiment tout, sinon c’est le firmament à première vue.

Non seulement, l’histoire est aussi délicieusement enchevêtrée que dans un « Quand la ville dort » ou aussi rondement menée que dans un « Assurance sur la mort », pointures aussi bavardes que léchées, mais il y a plus. L’objet filmique semble surnager insensible au classicisme du genre. Les personnages sont tous à la hauteur du reste, iconiques. On est assez loin de Marilyn Monroe débutante en tout cas…

Humphrey Bogart porte son enquête tout le long avec ferveur, eux-même portés plus haut par Howard Hawks. Ça marche moins bien dans « Le faucon maltais » malgré les dialogues et Humphrey au taquet. Ici ça glisse telle une démonstration : « laissez-moi vous conter le film noir ».

Une sorte d’icône millénaire du polar noir fantasmé où tout est abracadabrantesque mais passe merveilleusement bien jusqu’à démontrer l’honneur par l’absurde. Chaque moment se savoure, chaque dialogue s’emboîte comme deux cuillères, chaque réplique d’Humphrey me fait un peu plus kiffer son aplomb inimitable derrière sa silhouette distinguée, son visage anguleux aussi savamment décortiqué que celui de Robert Mitchum dans « La griffe du passé » d’où surgit son timbre de pingouin à la cadence d’une mitraillette unique entre tous, James Cagney compris.

Que dire de Lauren Bacall absolument fatale, définition du mot ou presque, entre la pulpe brûlante et l’hiver glacial où l’on ne voit pas à 5 mètres devant, et de toutes les femmes dans le cadre par extension et comme par enchantement. La moindre chauffeuse de taxi est une déesse. De la moindre hôtesse à la barwoman en passant par les libraires, toutes nécessitent au minimum un Philip Marlowe pour assurer la (ré)partie.

Au milieu des vices du jeu, de la drogue, du sexe et de l’entourloupe bourgeoise, aussi pudiques que leur odeur refoule la suggestion à l’écran, Marlowe avance décidé, pas à pas, aux mêmes moments qu’il évite les obstacles. Que dire de plus qui n’ait déjà été mieux dit… La classe.

Eddie Mars : Who are you soldier?
Philip Marlowe : Marlowe is my name, I’m a private detective.
E.M. : who’s the girl?
P.M. : a client of mine.
E.M. : Convenient the door being open when you didn’t had the key.
P.M. : Yeah wasn’t it? By the way, How’d you have one?
E.M. : That any your business?
P.M. : I can make it my business.
E.M. : I can make your business mine.
P.M. : Ho, you wouldn’t like it, the pay’s too small.

Toute la conversation, toutes les conversations sont au paradis du tac-au-tac ni vu ni connu je t’embrouille.

Je ne doute pas une seconde qu’il puisse se revoir un nombre incalculable de fois.

SC

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