Les Chemins de la gloire (The Road to Glory) 1936

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La vie du poilu

2-50

Bon, j’ai envie de confesser ici que Torpy m’a fait découvrir un nombre de films raisonnablement incalculable, que dis-je m’a réellement ouvert les portes des vieux classiques américains, et je ne compte plus mes envies qu’elles soient assouvies, drapeauïsées, planifiées ou à venir…. Donc avant tout, merci.

Et voyez-vous, contrairement à l’adage qui voudrait que le spectateur mainstream (c’est à dire moi à la base) conchie les films chiants et vieux qu’aime Torpy, j’affirme que le monsieur a pourtant un principe bien à lui pour délimiter de façon univoque le film chiant de celui qui ne l’est pas : l’intelligence de ce que le film raconte pensera vite le méfiant. Le bougre poilu ne sait pas apprécier le divertissement. Il n’aime pas Kubrick, ce n’est déjà pas normal. Mais en fait non. C’est l’inverse. Ce qui délimite ce qu’il aime, c’est le rythme et la diversité de ce qui est conté, pas tant sa « profondeur » que son foisonnement populaire. Que ceux qui croient encore que le bougon aime donc les vieux films chiants se nettoient les yeux ©, j’ai intensément fait l’expérience du contraire.

Donc ça, c’était l’instant Suchard. Parce qu’une nouvelle fois, ce film n’est pas chiant, enfin… Et puis, de toute façon, les classiques c’est bien.

Mais, il y a un moment où il faut arrêter de déconner quand même. Parce que oui, c’est Howard Hawks et ça s’enchaîne si bien que ça passerait presque cette histoire de première guerre mondiale côté français faite par les américains, mais malgré toute ma bonne volonté de la première heure, c’est à dire enjamber une rafale de clichés sur les français sur coulis de romance foireuse à trois pour se laisser bercer par l’ambiance de poilu dans la tranchée, ça finit quand même sérieusement par être n’importe quoi ce film !

Déjà donc, l’actrice principale est calamiteuse. Ok, elle a un minois sympa mais elle joue comme une truelle. En plus, c’est une infirmière mais elle se balade toujours en tailleur sombre la bougresse, crédibilité zéro. Donc toutes les scènes qui composent le trio d’amoureux pendant la guerre, tu oublies. Plus que cela, deux, trois circonstances inopinées ajoutent franchement à l’imbuvable, du genre le capitaine Laroche soit disant acariâtre qui trouve le collier par terre alors même que le gentil lieutenant Denet qui fait du piano ne souhaitait que son bien en renonçant à son amour… Ça va pas être possible.

Que dire de ce résumé SC qui vante l’affrontement moral entre les deux officiers… Au bout de 15 minutes, ils sont déjà sur la même longueur d’ondes. Le capitaine Laroche n’a pas l’air si dur que ça, plutôt paumé, humain. Bon ça, ça passe, même sans le charisme.

Le plus réussi du film est donc la vie des soldats faite d’allers et venus entre les lignes arrières et le front. D’accord, il y a de bonnes trognes de poilus et de violentes explosions (d’ailleurs il y en a une qui souffle trois mecs d’un coup sur place à un moment, 3, 4 secondes dignes d’une cascade hongkongaise), et les scènes sont tout de même assez réussies, mais à part être patriotes et se sentir volontaires ou vaguement apeurés, c’est le néant quasiment. Niveau de discussion juste là pour mettre en valeur l’honneur du général, la bienveillance du lieutenant, le volontarisme du troufion mais c’est tout, pas plus.
Passons sur les clichés des français qui lisent des revues intelligentes, boivent du rhum et séduisent tout ce qui bougent. Sous ce verni « exotique » pour un américain ne subsistent vite que des hommes au sens du patriotisme digne de « We were soldiers », oui, oui, le Melou.

Et ça campe sévère. Pas la queue d’un ennemi. C’est la sale guerre, donc les tranchées presque face à face où personne ne se voit sauf par les pluies de projectiles d’accord, mais y a des limites aussi ! Howard Hawks pousse le principe beaucoup trop loin et la réalité voulue palpable n’est donc jamais là, surtout avec les prises sur le plateau bien faites mais toujours un peu factices, en plus d’avoir déjà lâcher les personnages principaux pour cause de non charisme et de non développement psychologique. Joker pour Denet qui s’en sort pas mal. Le vieux est sympa mais devient vite ridicule tant il n’a qu’une seule facette. Et paye pour lui aussi sa scène de pathos massif avec le coup de la grenade jetée inopinément.

L’ennemi semble pourtant bien être à 5 mètres puisqu’il tire avec précision. Mais pas de problème, la seconde d’après, les soldats français restent campés à discuter en filigrane de leur courage. Pas l’ombre d’un affolement, d’une riposte, à peine un coup de sang. Je sais bien que c’est aussi le principe de la première guerre mondiale et l’objectif d’un film pré-seconde guerre mondiale aussi, mais c’est bon, on a compris au bout d’un moment. D’ailleurs, la fin semble conclure ce qui traîne depuis un bail sans grande conviction.

Bon, j’arrive pas trop à être méchant malgré tout parce que c’est presque sympa au fond c’est vrai, mais croyez-moi, je les ai déjà oublié le temps d’écrire tout ça, mais il y a pas mal de moments où j’ai sorti des rololo mais on est où là ? Et ça s’est grandement intensifié avec la dernière demi-heure des plus grasse.

ps : je n’oublie pas le coup de la mine allemande posée en live sous terre sans aucune réaction des français. Nos soldats attendent la relève et ceux qui viennent à peine d’arriver se la prennent…

SC

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