Marketa Lazarova (Marketa Lazarová) 1967

A l’époque du Moyen-Âge, au XIIIème siècle, Mikolás et son frère Adam volent des voyageurs sous les ordres de leur tyrannique père, Kozlik. Après un de ces actes de banditisme, ils se retrouvent avec un jeune otage allemand sur les bras, dont le père s’échappe et part immédiatement rapporter le vol et le kidnapping au Roi. Kozlik se prépare contre la colère du Roi, et envoie Mikolás faire pression sur leur voisin Lazar afin qu’il les rejoignent dans la guerre à venir. La tentative de persuasion échoue, et pour se venger Mikolás kidnappe Marketa, la fille de Lazar, juste au moment où elle s’apprêtait à rejoindre un couvent. Le Roi, durant ce temps, forme une armée, et appelle Lazar, dévot, à le rejoindre dans sa quête contre Kozlik…

Marketa Lazarova

Foi de chèvre et esthète tchèque

3-75

Bon… C’est trop beau aussi. Le noir et blanc est des plus sublime. C’est au moyen-âge dans la neige. La pierre est éclatante, la forêt mystique. Les costumes sont plus vrais que nature, le top de l’artisanal, les visages sont ciselés par un orfèvre, les acteurs habités, le personnage de Kozlík est une attraction à lui tout seul, il y a de la misère et de la barbarie féodale poétisée, une jeune vierge innocente, un manchot plutôt chaud-bouillant, une vieille superstitieuse et plein d’autres, du paganisme sauvage et du christianisme embourbé, de l’humanité, on pense à Andreï Roublev, la mise en scène n’arrête pas de chercher le plan parfait ou le mouvement aérien qu’il faut à ce moment là, on pense au « 7ème sceau ». Bref, c’est le plus grand film tchèque de tous les temps et ça impose une tenue.

Mais purée, que c’est long pour rien… Bien dedans tout d’abord avec cette structure en forme de pulp fiction dépouillé, mais l’histoire en elle-même, qui rappelle celle des « Chevaliers teutoniques » (tiens, pour une fois que je peux le replacer celui-là…), est constellée d’ellipses contemplatives qui ma foi ne sont certainement pas toutes utiles pour en dire aussi peu. Une fois lu le résumé ci-dessus, on en sait déjà beaucoup. Après tout, c’est un récit historique voulue légende ancestrale mystique qui garde un socle aventureux assez conventionnel et n’a certainement pas la profondeur thématique d’un Tarkosvki ou d’un Bergman à mon avis, mais fait quand même mine de faire genre avec un brio certain…

C’est malgré tout une bonne histoire imprécise, découpée en morceaux éparses avec une poésie du chaos toute particulière qui laisse de magnifiques images et plans de personnages gravés sur la rétine avec une atmosphère dure et froide très persistante ornée de chants religieux presque fantomatiques merveilleusement intégrés à l’image. Certaines scènes sont vraiment prenantes mais ça reste un peu trop diffus comparé à Andreï Roublev et d’autres. Parce que si j’avais noté le film sur sa dose de contemplation somnifère, ça aurait été autre chose…

http://sens.sc/1364PtC
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