Le labyrinthe des rêves (ユメノ銀河) 1997

yumenoginga

La bête et le beau

3-25

Le fameux Labyrinthe des rêves prisé par nombre d’amateurs du Japon en général et de Sogo Ishii en particulier, un de ses meilleurs même. J’aime bien Sogo Ishii même si c’est très spécial son côté punk original, de « Burst city » à « Electric dragon 80 000v« . Bon là, pas du tout punk mais ce n’est pas incompatible.

Ici c’est une serial romance avec un beau noir et blanc typé 50’s ouateux assez fidèle à l’ambiance de flirt campagnard 30’s. Un film à contempler mais pas contemplatif (ou je vais me faire tuer), une histoire d’amour où dés le début, Tomiko (Rena Komine et ses énormes yeux ronds, ces yeux !), sait que le nouveau chauffeur de bus Niitaka est surement le serial killer de poinçonneuse de la légende rurale qui circule. Une tension s’étire donc pendant 1h30. Tomiko raconte par courrier à sa copine qu’elle va gérer le serial killer beau gosse et qu’il ne la possèdera pas. Elle sait qu’il a déjà fait le coup avant avec une copine poinçonneuse à elle avec qui il s’est même marié et qu’il a ensuite tué parce qu’elle ne l’intéressait plus. Donc, elle sait à quoi s’en tenir avec le nouveau chauffeur de bus. T’inquiète, elle gère.

Sauf que le chauffeur, c’est Asano Tadanobu. Toutes les filles tombent obligatoirement. Tomiko aussi craque complètement. Il faut dire que c’est un autre style que Takeshi Kaneshiro niveau charisme rebelle… Il est trop fort Asano, il n’a pas besoin de parler ni même de bouger le moindre muscle. Il reste planté là parfois une minute entière de plan fixe sans rien dire. Alors elle résiste, elle ne dit rien non plus… Combien de temps le plan fixe peut-il durer avant qu’ils ne se décident à dire ou faire quelque chose ? Suspense nippon poussé ici dans ses derniers retranchements ! De toute façon, elle craque quand même toute méfiante qu’elle est. Ah je vous jure, ne cherchez plus des stratagèmes pour draguer, faites comme Asano, restez planté là à regarder dans le vide, ça suffit amplement pour qu’au bout d’un moment, elle vous saute dessus.

Et donc, il y a une ambiance si, si. Entre la bande originale parfaite, la mise en scène épurée, joliment métaphorique et pleine d’ironie faite de discrètes boucles se répétant subtilement et la défiance envers un serial killer romantique et beau gosse plus proche d’un fantôme que d’un être humain, on obtient une sorte de mystérieuse romance dark et surtout un film à la mise en scène belle et originale. La tension froide où l’on se demande ce qu’il va se passer, surtout le dernier quart d’heure, est à l’oeuvre. Un petit côté réminiscence de l’ATG peut-être (Va, va deux fois vierge un peu) mais plus léger, irréel et accessible, ouais différent en fait… Aaaah, l’amour morbide nippon coincé entre lui-même, le meurtre et le suicide…

Pour toutes ses qualités, je comprends que l’amour rebelle qui s’y étale émoustille.

Parce que sinon, au delà du scénario qui tient sur un Carambar, au delà des images fixes interminables de « tu la sens l’émotion dans la non-émotion », au delà de la lenteur incommensurable de l’ensemble, au delà des deux personnages omniprésents qui n’ont pas la moindre ombre de caractérisation ni la moindre étincelle de vie, les grosses scènes clés dont celle interminable du verre de vin sont prévisibles à des kilomètres, c’est d’une inutilité déconcertante. Une sorte de Twilight underground…

http://sens.sc/16OELV3
labyrinthedesreves2

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