Les fils de l’homme (Children of men) 2006

childrenofmen

Teo

4-75

Je suis bien emmerdé. Je me suis imposé la lourde tâche de faire une critique mesurée sur un film considéré, par moi y-compris, comme l’un des tout meilleur film de science-fiction de la décennie. J’ai lu tant de critiques nous caresser avec des mots qu’on aimerait lancer à ce film pour le bonheur qu’il nous procure. Et je me dis que je devrais la fermer pour changer… Mais je suis bien décidé à faire mon chieur… J’avoue, je ne voyais pas par quel bout on pouvait dénigrer ce film, tant il me semble évident, vue la claque initiale et les nombreux visionnages qui ont suivi, que c’est un chef d’oeuvre du genre. Il passe tout seul, c’est un plaisir de le revoir à chaque fois, que ce soit clair. En fait, je l’ai vu tard tous les soirs de cette semaine, oui ça m’arrive souvent avec certains films, je m’endors avec…

Et donc, ne nous voilons pas la face, on n’est pas au niveau de Blade Runner, Alien et compagnie. Mais c’est tellement bien déroulé que le miracle du cinéma en mouvement n’a jamais aussi bien fonctionné. Chaque scène est l’occasion de présenter un peu plus le monde autour de nous. Chaque scène est en fait exclusivement créée pour présenter le monde autour de nous, impliquant certaines hypothèses mais coupant court aux suggestions. Du coup, les personnages pourtant hautement accrocheurs ne vivent pas vraiment par eux-même dans ce monde mais font partie d’un canevas qui présente simplement l’essentiel à savoir. ils sont intégrés au mouvement général constant mais n’ont en réalité que quelques répliques pour bien montrer qu’ils existent. C’est le schéma du gros film moderne. Il ne faut pas (vraiment) s’arrêter pour réfléchir. Les réflexions nous sont imposées, le kidnapping ou la réunion par exemple. Il ne faut pas s’éloigner du mouvement.

Ce mouvement, c’est celui de Théo, magnifique représentant de l’anti-héros qui nous attache à lui chaque seconde un peu plus. Tout le film suit Théo. Il débarque dans ce monde en même temps que nous, dans le café où il ne pense pas comme tous les autres agglutinés au comptoir, il ne semble pas les connaître tout comme nous. Par ce jeu de différenciation avec les autres, la caméra invite déjà à le suivre de bon coeur. Il découvre la mort de Bébé Diego, et tout comme nous, il trouve ça risible. Ensuite, il fait ce qu’on rêve tous de faire, dire à son patron qu’on prend sa journée cash. Puis il va voir Michael Caine, un personnage qui semble normal dans ce monde sous tension, au taux de sympathie tellement élevé que chaque saut chez lui devient un moment de paix et de relaxation. Pourtant, on ne peut pas dire que ce soit les meilleures répliques de Michael Caine… Il fait comme les autres, il présente ce monde, renouveau planétaire, origines de Théo, etc, et Alfonso Cuaron le présente en même temps que son mouvement, petit balayage sur la commode avec toutes les photos pour expliquer en deux temps trois mouvements qui il est, d’où il vient, qui est Théo, il a eu un fils, voilà sa femme, etc. Un plan qui suffit pour nous mystifier sur l’existence réelle de ces personnages dans le film qui est quoiqu’il arrive dans son seul et unique mouvement : suivre Théo, lui coller aux basques, se sentir aussi cool que lui, ressentir avec la même peur qui le caractérise, le danger qui l’entoure de toute part, nous entoure et nous étouffe. Les plans-séquences fonctionnent alors comme une catharsis explosant au milieu du chemin de Théo, de notre chemin, notre mouvement avec lui. Il est Christ moderne qui s’entretient avec la bourgeoisie, chez son cousin, et avance dans les bas-fonds pour ouvrir la seule voie de rédemption de l’humanité : Kee. Lorsqu’il n’a pas de chaussures, pleure, sourit ou boit un coup, une énorme identification à Théo est à l’oeuvre et ça marche du tonnerre.

Mais bordel, je ne suis pas du tout mesuré ! Je suis en train de replonger dans la mystique dithyrambique de ce film !! Il n’y a tout de même qu’un fond politique largement succinct présenté avant tout par quelques panneaux et autres artifices visuelles. Il a quand même un bol de marcassin aussi le Théo à se fourrer dans la pire merde et à en réchapper par des esquives qui tiennent du miracle, hop j’enjambe le muret et je me planque quand tout le monde meurt autour…

On a aussi la sage-femme cosmique, le militaire véreux, la vieille polonaise, le paysan sympa qu’il faut pas faire chier, le rasta fou, le black dérangé, ils sont trop terribles, c’est du pur jus de « insérez votre fruit préféré » quand même !! Et les plans-séquences, mais n’en parlons même pas, quelle jouissance pour un amateur d’action, de vraie bonne action !…

Bon, j’y arriverais pas… Alfonso Cuaron a dégainé son dard pour nous faire vivre cette escapade comme personne, un réalisme calculé, une réalité virtuelle filmée plus vraie que la réalité, et donc totalement différente. Au diable le fond qui mériterait une approche plus approfondie et subtile tant la dystopie pouvait être intéressante, au diable la fabrique des dialogues commodes qui ne laissent que peu de place à ma liberté de penser (wouw !), ce film vous prend tel un courant d’air pour vous emporter dans son front, vous retourner et finalement s’échouer sur une barque dans la brume endeuillée. Pur kif.

http://sens.sc/1a6p9kk

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