Viy (Вий) 1967

viy1967

3-75

Khoma Brutus, jeune séminariste depuis peu en vacances, sorte de version cosaque d’un Russel Crowe benêt (qui a dit pléonasme ?…), se fait emporté dans les airs par une vieille sorcière, en réchappe miraculeusement puis la tabasse à coups de bâton. Elle se transforme alors étrangement en jeune et belle jeune femme mortellement blessée. Le lendemain la même jeune femme est mystérieusement sur le point de trépasser dans le village d’à côté. Son père (où son mari ?) demande bientôt au jeune Khoma, pas du tout motivé, de prier pour son salut pendant trois nuits, enfermé dans la chapelle avec elle, où repose son cercueil.

Une malédiction ancestrale russe sauce 60’s, ça ne court clairement pas les rues. Cette courte (77 minutes) petite nouvelle filmée a fait son trou dans les pépites à l’ambiance désuète pleine de charme. Nul doute que le public moscovite de l’époque a du faire dans son pantalon à la vue de la revenante qui se met à léviter puis à attaquer Khoma. Pur film d’épouvante à l’ancienne qui lorgne vers la Hammer, le Gyonshi chinois ou une Sadako japonaise, Viy n’est plus vraiment sombre aujourd’hui mais garde une réalisation, un style et une âme typiquement russe, minérale et précise, chaleureuse et bourrée.

Des couleurs chaudes et froides, un séminaire agité, de beaux paysages de Toundras verdoyantes et une carriole agréable pour commencer, puis un village, des vaches, un coq ponctuel, des paysans chantants, de la vodka et un jeune naïf dansant au milieu. Cette ambiance traditionnelle se voit déchirée par les scènes fantastiques avec des effets spéciaux rudimentaires mais diablement efficaces, un peu à la manière de Hausu 10 ans plus tard (en forcément beaucoup moins taré…).

Rien de vraiment époustouflant avant le final à vrai dire mais tout de même une ambiance agréable et travaillée, de bonnes gueules avenantes, une photo charmante et une mise en scène pleine d’entrain. L’histoire est très simple, trois nuits de prière mouvementées, si simple qu’on se laisse bercer par l’atmosphère imbibée, elle-même filmée avec de jolies superpositions de plans, jusqu’aux instants d’épouvante qui s’invitent brusquement.

Le superbe décor intérieur décrépi de la chapelle a bénéficié des plus grands soins. Le budget peut faire mourir de rire un réalisateur britannique de l’époque mais il y a clairement du niveau ! Les spots utilisés avec ménagement, les bougies et bien entendu la jeune femme maudite étalée là au milieu dans son cercueil assurent clairement l’ambiance.

***léger spoil*** On connaît tous le coup du cercle dessiné à la craie par terre pour créer une barrière contre l’esprit maléfique et ce truc va bien servir les deux premières nuits. Mais alors le final, la troisième nuit, c’est limite du Evil Dead cross L’Antre de la folie. Un truc pas tapageur, assez court, mais on en redemande, grisâtre, poussiéreux, surréaliste, avec des revenants, des monstres, des nains zombies et des corbeaux qui glissent sur les murs ou sortent des trous.. (!!!!!) ***léger spoil*** Scotchant, surtout quand on s’attend à de l’artisanal. Clive barker, Rick Baker ou même Stan winston n’auront certainement pas renié le trip.

http://sens.sc/16Unmdw

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