La Petite Maison de thé (The teahouse of the august moon) 1956

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Mariole Brando

3-50

Le film débute directement sur Sakini, Marlon Brando avec prothèse sourcilaire, dentier proéminent et accent à couper au couteau, expliquant face caméra pourquoi Okinawa et son glorieux passé maritime connait depuis longtemps la démocratie, passant par des arguments en rafales tels que : « la pornographie est une question de géographie ! », imaginez…

Donc, ça surprend d’entrée surtout qu’il s’incruste bien. On ne sait s’il est à sa place ou complètement incongru, c’est au choix. Il est très présent toute la première heure avec son kimono mal fichu et sa dégaine toute sauf japonaise. Il sert d’interprète malin et je ne suis pas sûr de sa motivation à occuper cette position un peu bancale tout le long du film. Mais bref, ça c’est pour commencer, la première heure un peu relou où ça se présente bizarrement.

Ensuite, Marlon s’éclipse peu à peu et laisse plus de place au Capitaine Fisby (Glenn Ford) envoyé répandre la démocratie dans un village japonais juste après la fin de la seconde guerre mondiale. Maladroit mais terriblement enthousiaste et sympathique, il trouve finalement en ce petit village de Tobiki une source de bonheur social inépuisable et prend bientôt son pied à s’imprégner de la culture nippone, délaissant costumes et galons pour les geta et le kimono (fait avec son peignoir de douche), admirant le coucher de soleil en buvant le thé. Festival de clichés pourra-ton dire…

Le commandant typiquement fonctionnaire qui fulmine à des hauteurs assez rigolotes envoie alors un médecin, le Capitaine Mc Lean joué par l’excellent Eddie Albert, pour analyser la santé mentale de Fisby. Mais Mc Lean en grand amateur d’agriculture, succombe à l’idée de faire pousser de beaux légumes sur les terres de Tobiki. Tout cela sans compter sur l’alcool de patate distillé par Sakini.

Bref, ça semble partir en screwball, c’est un peu effrayant mais heureusement, ça reste bien malin sous l’humour bon enfant qui n’est pas ma tasse de thé, dénonçant les méthodes d’occupation américaines avec une rare intelligence , combattant le racisme et les idées reçues avec juste de la joie, étalant par ci par là un joli lot de répliques finement jouissives.

J’ai cru que j’allais avoir du mal à tenir les 2 heures avec Marlon Brando en japonais qui te parle fixement mais lui aussi reste assez malin pour nous faire oublier qu’il ne parle pas un mot de cette langue. Tous les personnages sont charmants et la pellicule chaudement colorée ajoute à cette sympathie, cette paix fantasmée entre les peuples, bien vivante, là en plein milieu d’un village occupé. Glenn Ford est d’un altruisme communicatif, Eddie Albert d’une main verte enthousiaste et Marlon Brando d’une philosophie de plus en plus croustillante.

Vient se poser sur le tout la douce présence d’une Kyô Machiko détendue et rieuse en Geisha accomplie, qui offre en bonus une superbe danse à l’éventail avec changements de kimonos magiques, tout en une prise. Chapeau.

Un film de vieux mais il a du charme le bougre.

http://sens.sc/1anH7KO
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