Le Transperceneige (Snowpiercer) 2013

snowpiercer

Train Man Show

3-75

C’est donc à mon tour de faire le connard cynique… Un peu.

Non sans lourdeur, Snowpiercer a quelque chose de vivifiant et mérite d’être soutenu. Comment ne pas fondre devant cette belle métaphore à la forme originale du train fou, machine moderne inépuisable, qui lance le restant de l’humanité sur un chemin de fer que l’on ne peut quitter, emprisonné, exploité par un pouvoir devenu fou ?
(***spoil***
Oui, c’est 1984 dans un train le jour d’après, y a même John Hurt.
***spoil***)
Pourtant, Snowpiercer s’étale copieusement sur une trame qui peut tout de même se deviner avant même de voir le film. ***spoil*** Franchement, Truman Show dans un train, ça m’a coupé net les grosses surprises de retournement chères au réalisateur et attendues avec enthousiasme. ***spoil***

Mais je me calme, ça se passe plutôt bien malgré tout. Le réalisateur est à l’oeuvre et la révolte du train ourdie lentement prend de l’ampleur, devient de plus en plus folle à mesure que l’on franchit un nouveau wagon. Il y a des personnages colorés à la saveur lunaire toute coréenne (mélangée à du Kill Bill mélangée à du Jin Roh (ou 1984…) pour le sombre, mélangée à du Burton (ou du Anderson selon l’humeur), ouais quand même, bonne salade.

Mais au fond, on a surtout des wagons à la personnalité savamment étudiée dans leur impact visuel. Le train est le meilleur personnage amha. Les scènes avec vue sur l’extérieur sont d’ailleurs toutes magnifiques. À côté de ça, les rôles bien vivants sont tout de même écrits à la truelle même s’ils ont tous leur truc super cool à eux pour faire bonne mesure. Celui qui ouvre les portes, celui qui dessine, celui qui perd un bras et à qui on prend son fils, celle à qui on prend son fils, celui qui tape, etc. C’est sympa mais ça ne va pas plus loin. Ils sont là pour la bonne cause.

J’ai envie de soutenir et de saluer les qualités de mise en scène, les scènes colorées et les bons moments de tension et d’humour décalé passés dans ce train mais c’est quand même du Bong Joon-Ho passé à la machine. Niveau intérêt du scénario, stoppons la loco dithyrambique, c’est du basique. Ça s’étale nonchalamment et les acteurs secondaires à priori formidables sont sous exploités pour la grande majorité comparés à Chris Evans sur-déifié qui squatte l’écran de sa superbe face de super-héros pure comme la coupe de sa barbe, hop, plan-séquence au ralenti. Et je n’ai rien contre Chris Evans qui s’en sort bien.

C’est con, autant il y a des passages géniaux à l’humour croustillant et de vrais moments porteurs, autant le sacrifice et la violence, la bestialité humaine largement démontrée même si habilement stylisée, ont bon dos pour couvrir le fond de l’histoire vu et revu. N’y a-t-il plus de thèmes qui méritent un traitement réellement à la hauteur dans la science-fiction d’aujourd’hui ? Où est passé mon Blade runner…

Bon sinon, ça vaut quand même le déplacement, allez-y sans crainte.

***SPOIL****
Évidemment, c’est coréen, donc le héros à sa petite fin différente de la fin américaine mais au fond, ça ne change pas grand chose.

ps : Ah oui la réplique culte : « Le mois d’après, on s’est tous retrouvé à s’offrir des bras et des jambes. » Mouah ! Ah mince, fallait pas rire…
***SPOIL****

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