Dreamscape (1984)

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Le cauchemar intérieur
3-50
Aaaah(rf) Dreamscape… Le film d’enfance par excellence, éducateur confirmé en apprentissage de futures déviances. Première VHS, premier trauma SF et horrifique parce que comme tant de mères de l’époque, la mienne a cru m’offrir une aventure du genre « Indiana Jones » avec son affiche on ne peut plus inspirée, et en plus, il y a Kate Capshaw (la femme de Spielberg accessoirement), alors que non. Première rencontre avec Dennis Quaid aussi, qui conditionnera d’autant plus mon amour pour « l’Aventure Intérieure » à venir, et premier Max Von Sydow que j’imaginais ensuite toujours vieux. Il y a même Christopher Plummer. Oui mais voilà, « Dreamscape » n’est en rien une aventure guillerette mais plutôt un sombre cauchemar dont on peine à sortir.

Tout comme Leviathan, « Brainstorm », Hardware, le magnifique Sang des héros et une multitude d’autres, « Dreamscape » est à ranger dans la case « indéfectible nostalgie » et a construit l’imaginaire d’une génération entière de boutonneux. « Dreamscape », c’est aussi accessoirement le « Inception » 80s. C’est même pour ça et ayant adoré Memento que j’attendais le scénario de Nolan de pied ferme. Bon, dégringolade, déception, froid comme la pierre, « Inception » expose des rêves rigides menés par des fascistes armés… Si j’avais encore 12 ans, je volerais dans les plumes de Nolan avec « Dreamscape » pour lui montrer combien les rêves sont par définition fantasmagoriques, éthérés et surtout insaisissables, alternant violemment suspension et chocs. Joseph Ruben avait compris ça au moins avec son budget ridicule, et « Dreamscape » de graver des images transgressives dans nombre de têtes blondes.

Dennis Quaid est un psychologue jeune, rebelle et autodidacte, tout comme dans « L’aventure intérieure » en moins excentrique. Aidé par Kate, il se voit proposer un job ultra secret par le gouvernement grâce à ses pouvoirs psychiques très développés, afin d’infiltrer les rêves de patients dépressifs ou dans le coma pour tenter de les en sortir par le dialogue. Il s’agit donc d’entrer dans le rêve de quelqu’un, de subir son trauma, avant d’entamer un dialogue avec son subconscient qui régit l’architecture instable de son rêve. On a un gamin, un vieux (c’est le Président damn !), un psychopathe aussi, si je me souviens bien… Revu il y a un petit moment, ça a forcément beaucoup perdu de sa superbe, plus même que les autres films cités plus haut, mais boudiou, comment oublier David Patrick Kelly, toujours en mode cabotin diabolique, qui arrache un coeur dans la scène du train, précédé d’une attaque de loups aux yeux enflammés et d’un filtre rouge sanglant qui suinte de partout. Croyez-moi, ça n’a l’air de rien mais j’en ai cauchemardé pendant longtemps…

Ah oui, et puis, il y avait la fille (ou Patrick encore ?… oui, c’est encore Patrick) qui se transforme en serpent avec une tête flippante et sifflante, du bon make up artisanal mine de rien. Aaah c’était quelque chose. Il y avait un vrai mystère et l’impression de vraiment rentrer dans un rêve où tout pouvait arriver. Le revoir, c’est aussi rester incrédule devant la puissance des images sur l’imaginaire d’un enfant, vu qu’aujourd’hui ne reste qu’un petit B-Movie plus qu’imparfait… +1 facile.

Musique bien sombre de Maurice Jarre aussi, père de Jean-Michel.

ps spoil : Oh putain, je viens de revoir la fameuse scène du train, c’est ultra bisseux, tout y est, toutes mes tares sont là : l’homme serpent, les coeurs arrachés, les zombies et même Bruce Lee dans un hommage hallucinatoire !! Et la musique de Maurice est super cheap !… Mon dieu…

http://www.senscritique.com/film/Dreamscape/critique/1411407
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