Jurassic Park (1993)

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Il en tira nos ors…

4-25

Amoureux des dinosaures comme tout gamin (non ?…), j’avais pourtant été un peu déçu à le revoir déjà que je n’étais pas un ultra au départ, vu que mon cousin, le fanatique des dinosaures de la famille, lui vouait un culte hors norme dont j’appréciais prendre un peu de distance. Oui, c’était massif, hautement novateur et bien cool mais c’était quand même très balisé aussi et donc nuisible à une vraie tension. Et puis ces gamins font vraiment n’importe quoi même s’ils sont sympathiquement supportables (non mais arrête d’agiter ta lampe dans sa face, ça fait 5 minutes qu’on te le dit ! Tim, tu peux pas lui dire, toi qui est censé t’y connaître en dino ?…). Il y avait aussi quelques faux raccords qui m’ont toujours beaucoup crispés mine de rien. Deux en particulier : Lorsque Sam Neill découvre le premier brachiosaure, il s’effondre avant le haut de la colline, assis dans la pelouse avec de grands arbres autour que le mastodonte vient de mâchouiller, et le plan suivant ultra cadré pour le panoramique le montre assis au milieu d’une vaste plaine d’où il fait mine de découvrir le troupeau qui est juste en face. Euh oui mais non tout de même, ça m’a toujours gêné cette incohérence spatiale flagrante d’un plan à l’autre alors que c’est censé être un moment fort. Deuxième exemple, le fait que la voiture poussée par le T-Rex tombe dans un précipice qui était quelques secondes avant une plate-forme parfaitement plane, c’est pas exactement au même endroit que la chèvre pourra-t-on redire mais quand même… Bon bref.

Il était temps de remettre le couvert avec le bluray et alors cette fois, à part le premier plan, la première découverte du brachiosaure en plein jour, le premier plan de dino fait pour le film donc, qui accuse un peu le coup hein, le reste est simplement une tuerie (!) entre synthèse et animatronic que peu sauront égaler ensuite. Quasiment impossible de faire la différence entre les deux techniques même, c’est parfaitement entremêlé et étalonné avec des dinos qui en jettent méchamment, T-Rex en tête. C’est fichtrement agréable à redécouvrir. « Sur la terre des dinosaures » en est même loin 10 ans plus tard avant tout parce que les effets réels dominent intelligemment les virtuels. Chaque vue rapprochée est d’ailleurs une animatronic de référence.

Ensuite, bin c’est là qu’on voit le niveau de blockbuster actuel hein. Ce qui paraissait une histoire un peu juste à l’époque en devient une très bien menée aujourd’hui… Boudiou, mais où est passée une caractérisation au moins aussi efficace qu’ici ? Spielby avait quand même l’art de parler de choses sympas et d’autres au milieu de l’action, hommages, parenthèses éducatives, petites ellipses sympathiques (Le Raptor recouvert de codes, c’était bien vu finalement…), humour cool, je ne peux pas dire qu’il y ait une vraie tension, je ne l’ai jamais vraiment senti du reste, puisque forcément les gentils vont s’en sortir et les gueules louches vont y passer, mais on est bien sur une définition propre de l’entertainment d’où son importance sur le genre. Même les Raptors dans la cuisine qui, j’en suis désolé, m’ont toujours paru un peu en dessous des scènes avec le T-Rex (qui peut croire que quelque chose de terrible va arriver aux kids à ce moment là sérieux ?…), et bin là, c’était cool quand même.

Surtout, Spielby ne passe pas par dessus les répliques pour en mettre plein les yeux et c’est avec un certain étonnement que j’ai redécouvert une utilisation parfaite des SFX toujours réalisés pour l’histoire. Récit assez restreint vis à vis de la grandeur du parc et du nombre de rencontres possibles, chaque scène est pourtant finement pesée pour son efficacité. On pense à des clôtures électriques, à des boîtiers d’alimentation, à de la mousse à raser, à des objets qui sont tout aussi importants et efficaces qu’un gros monstre réaliste pour ajouter à l’installation d’une tension. Ce n’est pas comme, tiens par exemple, Pacific Rim au hasard, où il faut oublier des pans entiers de narration complètement fadasses. Non, cette bonne grosse première partie où l’on ne voit pas la queue d’un Dilophosaure est vraiment agréable et le show dino ne prend jamais gratuitement le dessus sur le reste comme ce sera malheureusement trop le cas pour ses suites.

Diantre, comme on s’est habitué à pardonner des dialogues de merde, des personnages stéréotypés en bloc et une exposition rachitique sous prétexte de se repaître d’images qui pètent. C’est en revoyant une nouvelle fois Jurassic Park, quasi symbole de l’entertainment virtuel et des personnages stéréotypes, que l’on mesure le fossé qui s’est creusé, celui qui faisait du virtuel un formidable outil avant d’être une finalité.

Et pour finir : Jeff Goldblum.

Non, pour finir : Stan Winston, Dennis Muren, Phil Tippett et Michael Lantieri.

http://www.senscritique.com/film/Jurassic_Park/critique/1384994dennismuren-stanwinston-PhilTippett-MichaelLantieri

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