Le Monde perdu : Jurassic Park (The Lost World) 1997

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Le fossé

3-50

Vidé par ses deux films les plus éreintants, Jurassic Park et La liste de Schindler, Spielby fait inconsciemment un test et creuse lui-même la future tombe du blockbuster virtuel. Le premier volet a tellement tout fait péter que l’excitation est à son comble, Le Monde Perdu ne peut que cartonner. Les deux priorités sont un univers plus sombre et plus de dinosaures, Spielby ajoute les Stégosaures parce que la demande était trop forte par exemple. On y voit donc un Tricératops debout et en parfaite santé, des Stégosaures, des Ptérodactyles, des Parasaurolophus et tout un tas d’autres dont le féroce banc de piranhas terrestres du crétacé, les mini Galliminus (ndz : des Compsognathus je te prie). Sans compter les Raptors et deux T-Rex dont un en ville, joie et bonheur. Comme dans Aliens, on a ajouté un côté Safari Xenomorphe avec des chasseurs en Jeeps Mad Max (ou Hatari! plus) armés jusqu’aux dents qui n’en ont rien à battre. Comment y résister ?!

Pourtant, dès l’entrée en matière, Tim et Lex font un caméo totalement inutile, Jeff Goldblum à l’air d’avoir pris 10 ans et joue sérieusement, John Hammond t’explique que la première île, c’était de la rigolade, que la vraie sauvage pleines de dinos en liberté était à côté… Non mais alors, la mousse à raser on oublie et on avale ça ?!… :( Spielby préfère reprendre le bouquin de Michael Crichton. Déjà, ça sent la mini-trahison mais ça passe parce que la suite toujours rythmée nous balance de l’image qui pète encore plus que le premier, donc ça marche à fond, j’oublie, je surnote… C’est varié en attaques, Pete Postlethwaite, superbe tronche, mène d’une bonne poigne son équipe de bras cassés qui ne servent tous strictement à rien. Tiens, on va mettre Peter Stormar qui se fait bouffer en allant pisser, ça va être marrant. Spielby avoue avoir fait cette scène comme une pure vengeance à ce que Stormar faisait dans Fargo, l’intérêt pour l’histoire, on le cherche toujours.

Il y a bien le cache en l’air mais il ne sert pas non plus. Mieux vaut dix grosses minutes à se démener dans un bus qui glisse au bord d’une falaise… Et on y arrive à oublier tout ça, c’est dingue ! Spielby faisait inconsciemment un test donc. Il prouvait à tout le monde que balancer des images qui pètent suffit à cartonner même si ça ne sert à rien pour l’histoire. Et je ne lui en veux même pas, il était vraiment fatigué à ce moment là et il sait toujours filmer les images qui pètent, au moins la base…

Oui donc… Tout est fait pour que le T-Rex arrive en ville. Spielby veut encore rendre hommage à King Kong, à Godzilla, aux films de monstres alors qu’il avait tout fait dans le premier pour rendre les monstres plus vrais que nature. Non parce que, si je tiquais un tout petit peu sur la scène des raptors dans le premier, que dire de ce qui se passe ici sous nos yeux ébahis !! Des queues en plastique qui s’agitent dans les hautes herbes, des spécimens bêtes comme leurs pieds qui se prennent tous les murs, les vitres et les tuiles sur la gueule, et il y en a même un qui parvient lors d’un énorme faux raccord à atteindre le haut du toit de la grange d’où un autre s’est fait kicker quelques secondes plus tôt lors d’une séance de barre fixe rentrée dans l’histoire, ultime test de la scène qui ne sert à rien.

Qu’est-ce que je disais moi… Ah oui, le T-Rex toujours. On s’en fout quand on n’a pas aimé, eh oui, mais même quand on aime et que l’on connaît le film, on sent que ça ne tend que vers ça et rien d’autre. Le reste est simplement élaboré avec largement moins de minutie et de perfectionnisme que le premier dans tous les compartiments, même les effets spéciaux. Michael Lantieri, responsable des effets mécaniques, avoue avec une pointe de regret dans la voix qu’une décision fut prise au départ : des animatroniques pour les plans rapprochés et des images de synthèse pour les plans plus larges. Mais oui mais non ! Toute la prouesse de Jurassic Park consistait à mélanger un maximum les techniques dans la même scène pour ainsi faire oublier à l’esprit rationnel les artifices utilisés et n’appréhender qu’un dinosaure vivant et non un monstre, dixit Spielby. Sur ce point, c’est beaucoup moins audacieux ici, beaucoup plus fainéant et les dinosaures ont quelque chose de beaucoup moins réaliste. Le plan du Tricératops capturé qui fonce fou furieux dans le camping par exemple, ça pète mais c’est tout sauf réaliste. Le bébé Tyrannosaure est pas mal mais hé, à un moment sérieux, on voit le câble avec le gros autocollant bleu sortir de la veste de Vince Vaughn et rejoindre le petit. Si c’est pas une preuve de laisser-aller ça.

Ça fait quand même énormément de points bâclés, entre autres… Pourtant, j’arrive encore à lui coller une bonne note. C’est qu’il reste encore tout l’amour d’époque pour la chose qui perdure en moi voyez-vous.

http://www.senscritique.com/film/Le_Monde_perdu_Jurassic_Park/critique/1439136
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