Kooky (Kuky se vrací) 2010

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Poupée de son

4-25

C’est magnifique. Intelligent, ingénieux, merveilleux.

Une toute petite peluche rose sans la précieuse étiquette « lavable » se voit jeter aux ordures par la mère du jeune Ondra pour éviter de réveiller son asthme. Ondra ne s’imagine pas sans son doudou et décide de prier avec son autre peluche jaune, lavable elle, la chanceuse, pour que Kooky s’anime et revienne sain et sauf à la maison. Dans le même temps, l’enfant commence à être fiévreux.

Jan Sverák installe dés lors une ambiance irréelle, soupçonnée d’être imaginée par l’enfant, au fond d’une forêt remplie d’êtres surnaturels où un vieux gardien un peu myope dénommé Capitaine va tenter d’aider le petit étranger rose échappé de la déchèterie au risque de perdre son autorité déclinante sur la population locale. Un pitch fait d’éléments déjà vus mais traité avec intelligence et une originalité remarquable dans un environnement très réel.

Tout est en vie et l’esprit de chaque chose forme ces entités surnaturelles. Petit bémol envisageable, à partir de là, une ronce peut conduire un tout-terrain fait d’objets métalliques récupérés à la décharge. Techniquement, un véhicule est plus simple à animer et je comprends le réalisateur vu le boulot gigantesque fourni partout avec des moyens pourtant relatifs. Les engins motorisés bringuebalants peuvent donc sembler revenir un peu trop souvent pour pinailler mais en attendant, c’est toujours pour amener quelque chose de précieux au récit et non pour le spectacle seul. Du reste, ils sont magnifiques.

Les habitants de la forêt ont aussi des trognes étranges et peu expressives qu’il peut être difficile de qualifier de belles. Ils sont faits de ronces, de lianes, de racines, de glands, d’humus, de mucus, de champignons pourris ou de navets putrides. Ils sont élémentaires, basiques et même laids, surtout comparés à Kooky, et pourtant, ils sont beaux, comme partie intégrante de l’environnement. Lorsqu’ils se déplacent tous en même temps sur le tapis d’un bois profond, la nature bouge, étrange et vivante, éclairée de rayons de soleil naturels transperçant la canopée. Kooky devient par opposition une tâche synthétique embarrassante malgré son attendrissante couleur et son innocence totale de la vie. Heureusement, le vieux Capitaine ne voit plus trop mais connaît intimement la nature.

Les animaux réels sont là aussi, magnifiques, naturels, presque palpables, tapis au creux des douces mains de précieuses scènes. Des oiseaux, des écureuils, des escargots, un papillon, deux libellules et même des sangliers enrichissent le récit sans aucune intervention humaine et toujours avec une lumière divine. La scène où l’oiseau vient s’abriter de la pluie au côté de Kooky au creux d’un arbre est trop belle. Je ne sais pas comment il a pu tourner toutes ces scènes hallucinantes.

Kooky est un hymne à l’imagination et à la nature superbement filmé avec pleins de petites bêtes gesticulantes qui s’animent au milieu. Le vieux capitaine Goddam est laid comme une patate pourrie mais a plein de choses captivantes à raconter à son jeune ami rose et en plus, il sait comment faire tomber la neige.

Entre l’aventure et le conte, le contemplatif et l’action, Kooky sent la forêt et le champ de blé, les matières et les forces qui les animent. C’est un peu du Svankmajer familial. Un plaisir à croquer.

Merci @griffithred.

http://www.senscritique.com/film/Kooky/critique/5847155
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