The Butcher Boy (1997)

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Bitch Boy

3-75

Beau petit film entre euh, « Stand by me » et « Orange mécanique » ?… C’est spécial en tout cas. Comédie dramatique centrée sur une petite ville irlandaise où vit un petit roux tout excité nommé Francie joué par l’incroyable Eamonn Owens. Et il faut s’y accrocher au gamin. Il mène littéralement le film à un train d’enfer d’autant que sa voix off visiblement plus mûre remplie les maigres trous, et que sa vie pédale pourtant largement sur place. Oublié par son père alcoolique trompettiste et sa mère dépressive cuisinière, il expulse positivement son énergie et fait les 400 coups avec son pote Joe au grand dam de Madame Nugent, la bourgeoise qui contrôle les ragots du quartier, armée elle de son gentil fils propre sur lui.

Une certaine importance du thème de la foi traverse le tout comme le veut Neil Jordan, notamment Sinnead O’Connor en Vierge Marie tout de même. Une bonne ingérence de la culture américaine sur les jeunes aussi, avec des aliens à tête de mouche, à force de trop lire de comics et de voir des films de science-fiction – horreur. Francie mélange ça avec des explosions atomiques tirées du fond télévisuel de crise des missiles de Cuba et du documentaire britannique « La bombe » qui parcourent légèrement le film et fertilise son imaginaire. Des éléments de culture à priori anodins qui forgent l’existence de Francie tout autant que son monde réel pauvre et simple, les problèmes avec ses parents invisibles mais aussi les lieux comme la rivière ou la fontaine, point de ralliement au centre de la place du village.

Son ami Joe semble de plus en plus un garçon tout à fait normal comparé à la débordante hyperactivité de Francie qui perd peu à peu tout repères parentaux et affectifs et s’accroche de plus en plus à son pacte d’amitié avec Joe. Pas intéressé par les filles, il n’y en a pas une d’ailleurs, son petit monde de débrouillardise n’est fait que de vieilles barriques et de joyeuses explosions en tout sens et dans tous les sens du terme. Il sort d’un hôpital, d’une école, d’un internat ou d’un asile assez rapidement en général.

La réalisation transmet un beau cadre irlandais brumeux d’époque et de bonnes compositions du cadre. Ça repose un peu parce que le seul truc à vrai dire, c’est d’accrocher ou pas à Francie. Le jeune acteur est exceptionnel mais il peut aussi devenir assez saoulant à force de ne jamais s’arrêter de parler, de meugler et d’enchaîner les conneries. La mise en scène suit d’ailleurs fidèlement son rythme ce qui n’est pas forcément sans reproche. Reste que c’est toujours bien pensé et aborde ainsi des sujets graves avec une très belle légèreté. Le haut du panier de Neil Jordan sans trop m’avancer.

Merci @FoxMcCost.

Le plus étrange personnellement, c’est que malgré toutes ces énergies qui l’unissent, le film peut sembler assez rugueux, pas très expansif en émotions voire un peu trop sur la même ligne mais ça lui donne une couleur.

http://www.senscritique.com/film/Butcher_Boy/critique/18241691

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