Spartacus : Les Dieux de l’arène (2011) et Vengeance (2012)

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3-00

J’ai vraiment adoré la première saison, tellement sans limite dans la barbarie et l’outrance qu’on y palpait une sorte de vérité de l’époque parfaitement tenue par une distribution haute en couleurs, une cascade de complots jouissifs, une intensité dans les dialogues et de délicieux rebondissements d’une vulgarité affichée qui formaient un ensemble parfaitement cohérent se suffisant largement à lui seul. La suite était attendue.

Pas de chance, comme plus ou moins pressenti avec le départ malheureux du real Spartacus Andy Whitfield atteint d’un cancer (RIP), cette saison qui se veut une préquelle de la précédente, idée déjà rarement efficace, tourne en petits cercles concentriques, ne trouve jamais réellement sa propre personnalité et ne parvient jamais à s’élever au dessus de la copie sans saveur, d’autant que le spectateur qui connaît forcément l’histoire à suivre ne devine que plus facilement ce qui va se passer cette fois-ci.

Même si le plaisir de retrouver une bonne partie des acteurs de la première saison est bien là, l’intrigue à la va comme je te pousse et le décalque sans inspiration aboutit à 6 épisodes bien fades à peine relevés par de jolis massacres, plus mal filmés encore que dans l’original, quelques conspirations trop vite argumentées et justifiées, et quelques jolis mais timides moments de fesse.

Je regrette aussi la sous-exploitation des deux nobles retors jusque sur leurs visages, Peter Feeney et son compère, et le dernier épisode assez quelconque est des plus décevant pour l’impression globale. Mais bon, sans faire le difficile, ça reste tout de même à peu près sympa.

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3-50

Spartacus est une série pour bourrin avec tendance crypto-gay enfouie où les queues et les corps musclés et suintants forniquent de jeunes donzelles bourgeoises en chaleur. Ça n’a absolument rien de réaliste et de défendable mais on y palpe quand même une certaine vérité de l’époque, une vulgarité calculatrice et ségrégationniste que les romains devaient forcément pratiquer quelque part.

Le plaisir écervelé de retrouver du cul, du gore et des jeux (dangereux), c’est la base de Spartacus, série primate faite spécialement pour les esprits barbares qui a su marquer le dégénéré de manière conséquente dans sa première saison, « Blood and sand », déroulée avec passion et sans temps mort. Une vraie claque prenante, je n’ai pas honte de le dire, tout cinéphile présumé que je suis.

Cette deuxième saison « Vengeance » ne déroge pas à cette règle de trois : cul, gore et complots. Elle l’applique même systématiquement, ce qui la sauve et la perd à la fois.

Dans l’idée, c’est très bien de se libérer du Ludus (maison ou l’on forme les gladiateurs) de Quintus Batiatus pour embrasser la destinée plus vaste de l’esclave rebelle, ça promettait. J’espérais même pourquoi pas le côté épique du film avec Kirk Douglas retranscrit au format télé, avec la patte graphique et thématique de la série.

Malheureusement, la bonne histoire ténue du Ludus et ses personnages colorés confinés dans un espace réduit, avec autant d’étages que de couches sociales, faisaient beaucoup du charme original et il n’est pas facile de retranscrire le souffle de trahison d’une série dans un autre cadre voulu plus grandiose et aventureux, qui plus est sans le véritable maître des lieux, Quintus Batiatus.

Tout comme Liam McIntyre ne pourra jamais parvenir au niveau de présence d’Andy Whitfield malgré toute sa bonne volonté fédératrice, « Vengeance » ne peut égaler la très bonne tenue de la première saison autosuffisante, série entière sous sa vulgarité, pavé de transgression télévisuelle jeté à la face du bien pensant, n’hésitant pas à balancer du moins de 16 ans très con.

L’échelle plus grande qui devait faire de cette saison 2 une grande bataille pour la liberté plus ouverte sur le monde et sur Rome, se cloisonne finalement en un duel Spartacus / Glaber le préteur. Et Glaber, quoi qu’on en dise, est un méchant largement moins juteux que Quintus. Il n’y aura pas vraiment de complots politiques attendus et plus vastes autour de Spartacus. Cette saison demeure trop dans le giron de ses origines, cloisonnée paradoxalement à son cadre plus libre. Les batailles promises se réduisent d’ailleurs le plus souvent à quelques hommes parce qu’il faut les trouver les figurants et les moyens mine de rien.

Le cadre de cette échappée a donc du mal à prendre ou en tout cas prend du temps, les décors voulus plus épiques révèlent davantage leur cheap virtuel. Les complots machiavéliques sont plus simples et deviennent fortement prévisibles. La jeune Sépia, bandante Hanna Mangan Lawrence, petite gamine reine des pétasses, est sympa mais on est encore loin de Viva Bianca qui éclate une tête de jeune bourgeoise sur le sol marbré. Le personnage de Lucrétia s’épuise derrière sa folie divinatoire, heureusement qu’il reste la fourberie sans égal d’Ashur pour nous faire danser, mais tout cela est largement moins porteur que « Blood and sand » à mon sens.

Il ont du mal à garder une intrigue bien tenue surtout, une unité. Ce qui faisait la singularité de la première saison devient davantage une formule édulcorée simplement déclinée. Le cul n’est plus aussi direct et sensé, les giclures de sang sont trop systématiquement filmées pour le même effet graphique inutile. la Phantom Flex, fierté de caméra au ralenti à la « 300 », est trop automatique, une solution facile pour faire plus friqué que ce qui donnait pourtant beaucoup plus de charme à l’origine, des superpositions de plans à la manière de cases de BD qui donnaient une véritable identité barbare au show. Même les belles transitions entre plans ne sont plus là. Là non, on a un ralenti à chaque coup portée ou presque. Même la logique des combats est largement moins lisible. On ne retrouve pas non plus le sens du gore original de départ. Il y a bien du gore et du franc, mais c’est plus gratuit, il y a moins de sens.
Les bas-fonds par exemple sont beaucoup plus lisses, propres sur eux, moins crus. Les relations sont davantage mécaniques et non plus levées par nécessité, les personnages sont largement moins intéressants et les complots sont attendus et non plus surprenants. Bref, « Vengeance » a pour moi perdu en route ce qui faisait beaucoup du sel de « Blood and sand » (tout comme « Gods of the Arena » du reste).

Liam McIntyre a beau jouer le fédérateur sympathique, il joue mal et ne peut faire rejaillir un instant la puissance du regard vengeur d’Andy. Il suffit de revoir le premier épisode de « Blood and sand », qui vaut plus à lui tout seul que les deux autres saisons réunies, pour comprendre qu’on ne retouchera plus à ce niveau de vicissitude porteur.

Tout fan que je suis, je devrais donc saquer cette saison comme il se doit. Pourtant, vu que je suis un gros bourrin, j’ai encore trouvé ça inévitablement sympa quand même… Les personnages y sont aussi plus perdus et prennent leur temps pour sortir la tête de l’eau. Ça monte plus correctement dans la seconde moitié d’ailleurs, ça devient heureusement plus vicelard et tordu au fur et à mesure et il y a toujours de grands moments gore malgré tout. C’est toujours un minimum sympa quoi.

En revanche, j’ai bien peur que la mort de tous ceux qui avaient du charisme n’empêche encore plus la nouvelle saison « War of the Damned » de se hisser au niveau. Mais je la regarderais quand même, parce que du cul, du gore et des jeux dangereux, c’est toujours bon à prendre en ce qui me concerne.

ps : ouais, c’est long pour une série aussi inintéressante, mais m’en fous.

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