Suspiria (1977)

suspiria

Soupiraille

4-50

Mais qu’est-ce que tu nous dis qu’il n’y a pas d’histoire, mais évidemment qu’il n’y a pas d’histoire ;), l’objectif est la peur dépouillée et un étrange mal-être par l’image et le son seuls. Deviner rapidement le tableau ajoute même un surcroit de pression à une tension naturellement présente. On sait parfaitement dès le début que Suzy entre dans une école qui fonctionne comme une secte, enfant d’un démon baroque. C’est avec un rythme insidieux ponctué de meurtres violents que l’étrange et l’horreur s’invitent et commencent à dégouliner par tous les angles sur le son puissant et montant de la musique des Goblins qu’on pourra qualifier d’ultra répétitive si on n’y fait pas gaffe. Et pourtant, je n’aime pas le slasher, ne suis pas fan d’italien ni des Goblins mais le baroque façon Suspiria, ça me scotche. Ou alors, c’est Jessica Harper, gros faible. Et je suis grand amateur de sorcellerie aussi, ça aide.

Si tu rentres dedans, si tu fusionnes de bon coeur avec la musique, les couleurs et les cris de douleur dans l’obscurité enluminée, alors même 35 ans plus tard, tu prends ta claque. La mise en scène est une prouesse graphique de chaque instant finement montée et la maîtrise d’Argento dans le domaine de la peur simple, soudaine, violente et viscérale est imposante et influencera nombre d’admirateurs. Les asticots qui tombent du plafond ou juste le premier meurtre. Non mais qu’est-ce que tu veux dire quand le premier meurtre c’est plaquage de face innocente contre une vitre, triple poignardage consciencieux, ligotage, multiple poignardage dont final à coeur ouvert suivi d’une chute à travers le vitrail au plafond pour finir pendue tel un lustre provocateur, le tout net et précis, une référence en la matière.

C’est trop irrésistible en fait. Le moindre spot criard mêlé à la pénombre est un régal. Peu importent les personnages réduits au strict minimum, le scénario plein d’accessoire et même les creux où il se passe que dalle, l’ambiance n’a quasiment aucun équivalent. Qu’est-ce que tu veux dire quand le moindre plan est un sommet baroque, le moindre papier peint une référence du kitch, le moindre son semble tout droit sorti de l’enfer des vierges effarouchées, et que Jessica Harper est au top de l’innocence qui goûte à la fleur du mal. Un trip daté essentiel.

Pour moi, le meilleur Argento. Pas de fond, pas grave, mieux même, allons-y à fond dans l’ambiance épurée, synthétique. Lorsqu’il tente plus de fond comme dans « Profondo Rosso » de toute façon, je ne suis pas totalement convaincu et préfère l’agression visuelle et sonore de « Suspiria », « Ténèbres » ou même « Inferno », beaucoup plus étranges. Quant à « Phenomena », c’était ma première rencontre avec jennifer Connelli dans le rôle de la mystérieuse victime et ça n’a pas de prix. Et puis Phenomena est étrange aussi.

http://www.senscritique.com/film/Suspiria/critique/1377917

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