Jusqu’au bout du rêve (Field of Dreams) 1989

fieldofdreams

Baseball paradise

2-00

Quelle soupe ! Non, c’est sidérant presque d’utiliser si ouvertement et exclusivement le baseball pour ouvrir une porte vers Dieu. Quand tu n’y connais rien en baseball et en Dieu, c’est comme t’expliquer la fin du monde avec des Télétubbies ou t’expliquer le sexe avec une bouteille de lait, ça n’a pas de sens. D’autant plus si c’est voulu sérieux, il y a un truc flagrant au milieu qui fait tout foirer à chaque instant.

Au moins, on sait pourquoi le film n’est pas arrivé chez nous, trop dangereux, trop américain, c’est limite la bible dégoulinante des blockbusters à venir. Kevin Costner montre la voie, caresse les champs de maïs de sa main déterminée, devine subitement qu’il doit construire un terrain de baseball avec éclairage massif et tout le tremblement pour attirer l’idole de sa jeunesse disparu depuis longtemps (??). Et la star se pointera comme l’a soit disant murmuré le champ de maïs aux oreilles de Kevin, au meilleur de sa carrière, jeune et beau avec une envie simple, juste jouer au baseball, ce qui ne semble pas possible au paradis manifestement, ou alors le paradis serait ce terrain ? Et le rêve de Kevin serait le paradis. Roh comme c’est beauuu. Kevin fera revenir toute l’équipe tant qu’à faire, toujours à l’heure magique, là où toute lumière est belle, et aidera deux, trois autres vieux toujours vivants par une suite d’intuitions juste impossibles et inexplicables. Bon ok, c’est romantique et il y a de beaux plans de campagne et Kevin reflète bien le soleil mais ce propos mes aïeux, c’est d’un gonflé sans pareil.

J’aime bien Ray Liotta et j’adore James Earl Jones mais là, ils sont abusés dingue. James est encore plus Bisounours que dans « Un prince à New York » et Ray reste presque muet pour nous faire croire au charisme de son visage, mâchoire saillante, regard bleu acier… Huhuhu, c’est plutôt bien déroulé à l’américaine en plus mine de rien, de la bonne grosse grue, des images rêveuses, une âme sensible pourrait s’y laisser prendre. Mais de quoi parle-t-on ? C’est ça le questionnement permanent dans ce film qui vient tout exploser en permanence : mais qu’est-ce qu’ils font bordel !? L’interrogation subjuguante perdure tout le film. Ce sont typiquement toutes les scènes clichés vues et revues depuis 20 ans condensées autour du sport sacré, le baseball, pas la compétition mais plus beau que ça, les valeurs sacrées du baseball, étendard du bien dans le coeur de chaque américain, socle même des États-Unis, rêve de chacun, pont vers Dieu. Mais oui mais que racontez-vous mes chers, ne voyez-vous pas le vide sidéral et le ridicule de la chose ?… Non ?… Bon.

Et alors surtout, la femme de Kevin. Alors là, c’est le pompon, personnage d’une incohérence totale typique du second rôle faire-valoir. Amy Madigan joue une pile électrique post-soixantehuitarde réac et impulsive qui change d’avis comme de chemise par amour pour Kevin. Ils n’ont pas une thune, s’endettent jusqu’au bout, mais si c’est pour avoir un contact avec l’au-delà, ça vaut surement le coup.

Mince, c’est dingue, en essayant de me rappeler ce qui se passe dans ce film, je pourrais presque vanter ses qualités simples, ressentir des moments où j’ai apprécié, mais que, mais Vade Retro formule satanique de charme universel de supermarché ! Lorsqu’une discussion entre un fils et son idole se résume à s’échanger la baballe dans un interminable bonheur niais, non c’est pas possible. Pourtant, j’aime bien les films avec des héros américains de sport qui se la pètent et tout, mais là ils ne font rien, n’ont rien à se dire et le font de façon la plus niaise et naïve possible. C’est juste pour la béattitude de voir des esprits revenants jouer au baseball dans un champ de maïs, par le bienfait divin du terrain, la beauté du sport co. Non mais ho, sérieux.

Je comprends mieux « Danse avec les loups » et « Waterworld » grâce à ce film en tout cas.

SC

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