Rush (2013)

rush

Tête brûlée

3-00

C’est l’histoire de deux monstres ultra charismatiques du sport automobile aux fantastiques parcours parallèles où la réalité dépasse allègrement la fiction. Même en n’y connaissant rien ou presque, il y a du plaisir à suivre ces deux compétiteurs antagonistes qui ont fait l’histoire de l’âge d’or de la F1. Daniel Brühl est un parfait sosie de Niki Lauda et incarne superbement sa volonté de fer. Chris Hemsworth colle bien au rôle de James Hunt même s’il peut aussi bien passer pour n’importe quel sosie de Thor avec une micro-dose de nuances en plus. Le budget bétonné permet une reconstitution charmeuse de la période à même de faire rêver tout amateur. La dernière partie est assez émouvante et Ronnie parvient à véhiculer un beau duel en course à Nürburgring et Fuji 1976 tout en pointant les motivations aussi bien que les risques insensés pris par ces bêtes de course nées pour la compétition.

Bref, il était presque impossible de faire un mauvais film avec deux parcours aussi incroyables et Niki Lauda lui-même en consultant. Mais franchement, est-ce que les gens vivent et se parlent comme ça dans la vie ? Ce ne sont pas des dialogues mais un concours de phrases fortes limite : « vous faites vos pièces en magnésium ? »… Non ? Ah bah, voilà, vous êtes cons, je suis intelligent. Scène terminée… On a l’impression d’assister à un résumé wikipédia avec toutes les grandes étapes collées les unes à la suite des autres oubliant volontairement les détails anodins qui font la vie, où toute scène est commodément gommée de la moindre ambiguïté pour n’être qu’un moment clé parmi les autres. Faut-il vraiment montrer de bout en bout la rivalité entre ces deux pilotes sans aborder un instant leur véritable amitié, autrement plus profonde que ce qui est montré ici, si ce n’est dans une scène finale juste là pour émouvoir sciemment et quelques signes qui flattent l’égo du spectateur ? (ouais, ils s’aiment bien en fait, ça se voit…)

C’est tellement commode, tellement Ronnie. Tout est lissé pour s’enchaîner sans y réfléchir vraiment. Le mannequin Suzie doit quitter l’écran de télé pour aller bosser, hop, James Hunt a immédiatement un problème de voiture alors que Niki lui roule vers la victoire armé de son amour discret et vrai pour Marlène qui est stable et le soutient pleinement pendant la course. Deux italiens fans de Ferrari se sont fait piloter par Niki, hop, l’anecdote se mêle à la rencontre avec Marlène (très bonne Alexandra Maria Lara) histoire de bien densifier le moindre instant résumé. C’est sans arrêt raccourci au plus rapide. Il y a de bons moments et de superbes héros de course mais tellement de fois, je me suis dit, c’est tellement facile, tellement unidirectionnel, tellement gros sabots. Lauda n’a certainement pas récupéré ses facultés en un tour de piste, il a dû abandonner à son premier essai.

J’aime bien Ron Howard mais c’est de plus en plus dur pour moi de vivre ses films naïvement sans être gêné par sa mise en scène surlignant les faits importants et délaissant la profondeur des personnages pour n’en garder que les grandes lignes imagées :
– Bonjour, je suis James Hunt, je suis un connard arrogant mais je suis un pilote de folie, j’aime la teuf et je baise quand je veux même si je ne contrôle pas grand chose.
– Bonjour, Je suis Niki Lauda, je suis un connard arrogant mais je suis un fin stratège, un formidable préparateur et j’ai le contrôle de ma vie parce que je calcule tout et évite les excès.
James est une tête brûlée et se lève la tête dans le cul. Niki est pragmatique et discipliné. 10 fois, 20 fois, 40 fois c’est surligné comme s’il n’y avait rien d’autre à dire.

Évidemment, c’est tout de même un des meilleurs films à gros budget sur le sujet. Forcément, si les concurrents s’appellent Driven, Michel Vaillant et Thunderbolt aussi… Le biopic est assez fidèle à la réalité par certains côtés. Mais bon :

Dites moi que vous ne comprenez pas plus clairement qui sont Niki et James avec ce doc plutôt qu’avec ce film qui n’a pour seul sujet que la dualité, que les deux pilotes n’ont pas l’air un peu plus sympathiques et surtout multidimensionnels, qu’ils n’ont pas l’air aussi seuls dans leur trip que dans le film mais réellement entourés d’êtres vivants aussi importants et passionnés qu’eux.

Je vais éviter de renchérir sur le fait que hormis les deux dernières, les courses sont pour la plupart expédiées en quelques secondes et que la caméra épileptique trop serrée pendant l’action sape une bonne partie de l’intensité et fait qu’une course ressemble souvent à l’autre et n’a que peu de sens tout court, au risque de me faire tuer tout de suite…

C’est dommage, Daniel Brühl est vraiment terrible et Alexandra Maria Lara n’est pas en reste mais au final, ce n’est qu’un minimum vus les parcours extraordinaires de ces deux pilotes.
(flying tomatoes)

ps : et puis, on ne cache pas non plus le film pour bourrin de l’auto où il y a de l’extase sur des gros moteurs (ce que toutes les femmes détestent bien entendu…) ce dont je me fiche éperdument.

http://www.senscritique.com/film/Rush/critique/26290418

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