Son of the White Mare (Fehérlófia) 1981

sonofthewhitemare 

Les Trois frères : le retour

4-50

Second long-métrage du maître incontesté de l’animation hongroise, aussi reconnu en son pays que Walt Disney et toujours très méconnu chez nous, fable fantastique à la fois sombre et éclatante d’énergie, narrant le destin de trois fils d’une jument blanche, dignes héritiers légitimes des trois châteaux à la tête du monde, qui cherchent à conquérir leur trône ravi par trois cracheurs de feu maléfiques. Niché entre le moyenâgeux et le super guerrier, c’est de la pure came non coupée.

Les films d’animation psychédéliques fin 70s, début 80s sont pourtant légions mais ceux qui parviennent à vraiment vous emporter dans leur univers sont peu nombreux, surtout avec ces récits le plus souvent faits de silence assez pesants (ex : René Laloux…), très en vogue à l’époque. Pour l’ambiance, tu vois.

Hypnotique, caléidoscopique, Fehérlófia (le hongrois, c’est trop beau) pourrait être quelque chose entre « Belladona » (1973) pour l’étrange atmosphère, la profondeur de champ aplatie, les cadres et les plans qui s’entremêlent, et « The Thief and the Cobbler » pour l’animation hallucinée, rondouillarde et joviale, mais c’est encore autre chose. Quelque chose du Shonen peut-être, non seulement dans la coiffure super-saiyenne du héros, mais aussi dans cette animation fluide qui appuie l’effort des corps en mouvement, thème récurrent chez Jankovics, et la puissance destructrice croissante du trio de demi-dieux, les bien nommés : Treeshaker le remueur d’arbre, Stonecrumbler le bougeur de roche et Ironrubber le façonneur de métal.

La fable solide est simple et se répète quelque peu car elle utilise une structure se rapprochant des Trois petits cochons, mais l’univers est à tomber par terre, perso c’est 100% ma came. Le trait virevolte et change constamment les apparences, tout s’entremêle sans arrêt (un peu comme ce super clip de flying lotus http://youtu.be/wtjZOf0WmdE ou ce super clip de Blockhead http://youtu.be/NhheiPTdZCw m’voyez…), les couleurs sont ultra pétantes, le plus souvent deux pour chaque personnage et annoncent avec une avance insolente pas mal de trucs Flash beaucoup plus récents soit disant novateurs.

Et ici, point de démonstration de puissance terre à terre à la japonaise, tout n’est que symbolisme, métaphore et poésie au milieu de l’aventure. Les allusions sexuelles abondent, les personnages sont ambigus, Fehérlófia le héros n’a rien de sympathique alors que son aura peut faire courber toutes les lignes du cadre. Les dragons sont des métaphores cubistes de la guerre et de la barbarie. Un chef d’oeuvre.

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sonofthewhitemare2 http://www.senscritique.com/film/Son_of_the_White_Mare/critique/28146937

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