Seul sur Mars (The Martian) 2015

seulsurmars

Martian solo

3-50

Donc, c’est un « Apollo 13 » moderne sur Mars avec des images et un réalisme Gravity et c’est correctement tenu ce qui est déjà bien pour un Ridley récent vu son dernier chapelet de films, Exodus, Cartel, Prometheus (qui a ses atouts propres certes) et Robin des Bois, où il a clairement perdu de sa superbe d’antan. Il se relève ici, revient vers une SF plus classique, moins risquée mais mieux tenue, assez crédible, et blinde son film de science réaliste ce qui confère à « Seul sur Mars » une base de film costaud tout à fait regardable nappé d’un Matt Damon trop à l’aise, oui trop.

Mais arf… Le synopsis ne me fait pas mouiller plus que ça d’emblée. « Seul au monde » sur Mars avec Matt Damon mentalement indestructible sur fond de « c’est pas sorcier », comment croire que Matt court un quelconque danger et qu’on ne va pas avoir droit à la scène finale du hourra victorieux ? Malgré tout de belles images, un cadre crédible, pas de gros soucis d’incohérence, pas d’ennui franc non plus, « Seul sur Mars » tient ses 2h20 grâce aussi à son ton léger et son optimisme ambiant qui aèrent le tout et camouflent habilement la trop habituelle tension de ce genre de mission de l’extrême.

Mais de suspense, il n’y en a point. Sous la bonne tenue se cache le gras. Je ne suis pas là pour prendre un cours de man Vs wild cross Mac Gyver pendant deux heures, je veux une histoire bien contée, si possible surprenante, pas un décalque d’Apollo 13 remis au goût du jour technologique.

Et puis, toutes ces petites formules sur-employées dans tout gros machin récent me coupent le feeling. On ne se pose jamais vraiment quelque part en fait (si, la scène où Matt est assis au milieu du désert martien, là oui), on enchaîne comme un clip géant et la musique d’ambiance crispe encore davantage. Dès la scène où Matt se recoud le ventre, ça sent les gros sabots de Ridley. Un Poooin spatial très « Interstellar » se ramène et ne s’en va plus de toute la scène. Et bordel, pourquoi veux-tu me mettre une musique de suspense sur un mec qui s’agrafe le ventre ? (bonjour Prometheus). Laissez le silence, arrêtez de cliper des portions bout à bout sur fond de disco, ne raccourcissez pas chaque scène pour pouvoir en ajouter plus en piochant au rayon SF. Racontez-moi une histoire simple mais entière, porteuse. Arrêtez de zapper. Arrêtez vos formules de narration toutes faites. Arrêtez vos personnages stéréotypés. Creusez-moi cette psychologie dissimulée derrière cette légèreté comique. Surprenez-moi avec vos belles images. Arrêtez les solutions miraculeuses trouvées par le mec le plus geek de la NASA (hey, si on faisait comme dans Apollo 13 les gars ?…). Ne tentez pas de me faire croire qu’une foule chinoise peut se soucier du sort d’américains, etc. Mince, que SC m’a rendu difficile…

Pourtant, je ne me suis pas ennuyé, l’ensemble ne manque pas de qualités et n’est pas excessivement prétentieux ce qui le rend presque plus plaisant que quelques autres mastodontes actuels inattaquables (pas de nom, pas de nom…), mais ce n’est pas un grand film de SF. Jamais Matt n’est vraiment en danger, ceci justifié par l’incroyable esprit individuel et collectif de la NASA à toujours trouver une solution aux problèmes, oh ça va hein…

SC

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