Nos voisins les Hommes (Over the Hedge) 2006

Nos voisins, les hommes

Over the Edge

3-75

Depuis 1982, j’ai toujours mangé des métrages en image de synthèse (comme on disait avant) comme un morfale. Plus encore à partir du moment où je suis tombé sur le festival Imagina 199… Attends c’était quelle année déjà… (… 1h de recherche plus tard)
1992 ! dans l’Oeil du Cyclone sur Canal+ bien sûr ! Le tout diffusé tard dans la nuit pour ajouter à l’ambiance.
J’ai même découvert le Mystère des voix bulgares avec ce court (oui, rien à voir mais L’Oeil du Cyclone avait mis Pilentze pee des mystères des voix bulgares sur ce court et ça le faisait carrément).
Damn, désolé, j’étais parti là. Après un petit détour rapide sur YT vers Imagina 1988 via ce saisissant documentaire britannique qui offre un regard frais sur le principe et les perspectives des images de synthèse ainsi qu’une caustique intervention d’un animateur peu connu dénommé John Lasseter, déjà réalisateur de plusieurs courts-métrages mis en compétition chaque année avec Red’s dream (87), Tin Toy (88) et Knick Knack (89), j’ai fini par retomber sur L’Oeil du Cyclone spécial festival Imagina 1992
Aaaaah, c’est là. Dès le début de cette merveille au souvenir prégnant, on a droit au court Starwatcher de Moebius avec musique sublime de Vangelis s’il vous plaît, suivi de Suboceanic shuttle de Jerzy Kular. Les créateurs du futur étaient déjà tous présents, John Lasseter, Moebius, Douglas Trumbull, Philippe Ulrich, Rythm & Hues, etc. Dès lors, chaque nouvelle édition fut attendue comme un mort de faim.

Dans l’édition 94, le court-métrage Inter Galactic Interface de Takahiko Akiyama, lance la machine à images psychés ponctuée d’un film dénommé « Jurassic Park » qui voit ILM copieusement écraser toute concurrence dans la course aux images de synthèse réalistes.

Ces courts furent mes vraies premières grosses claques après le bébé, la texture plastique et la vitesse d’animation de « Tin Toy », une de celle qui rende accro à L’oeil du cyclone et plus encore à Imagina, évènement annuel co-produit par l’INA et le Festival de Télévision de Monte-Carlo et conçu pour concurrencer le Siggraph américain[1]. Festival d’audace visuelle et de recherches expérimentales en simulations de tout ce que tu veux, Imagina inculqua à nos jeunes cerveaux avides les prémisses et la notion perturbante mais de pur plaisir de caméra virtuelle qui participa au boom du cinéma dynamique (un temps où le Futuroscope était encore en avance).

Dès lors, la moindre annonce d’un nouveau long-métrage en animation 3D (comme on dit aujourd’hui) fut attendu avec impatience, d’autant plus après que le créateur de « Knick Knack » soit entré dans l’histoire en 1995 avec « Toy Story ».

En conséquence de quoi, je suis génétiquement né conciliant et apte à être rapidement conquis par tout long-métrage d’animation 3D…

Nonobstant, il fut rapidement un point où les sensations nouvelles de déplacement virtuel et la beauté de l’image seule ne pouvaient plus suffire, gavé à perdre haleine de prouesses toujours plus belles, dynamiques et réalistes. L’histoire et la force du concept reprirent leurs droits sur la prouesse, à la manière de la ligne initiatrice de Pixar qui guida longtemps tout le monde seul devant.

Or, un jour, Dreamworks Animation pu prétendre lui aussi raconter une histoire sympa sur un concept simple malgré leur manie d’utiliser des animaux parlants. Ceux de « Madagascar » retournant littéralement à l’état sauvage furent ma première petite surprise. Avant, il y avait déjà eu Fourmiz (moyen), « Shrek » et « Gang de requins » mais ça ne marchait pas du tout, l’horreur. Avec Madagascar, sorte de variation de ce que Tex Avery est à Disney, Dreamworks m’avait bien fait rire. Un autre problème de Dreamworks est qu’ils surexploitent leurs personnages jusqu’à la nausée, on en est à « Madagascar 4″… Et ça ne pousse pas loin la réflexion et l’originalité, c’est le moins que l’on puisse dire.

Vint alors « Nos voisins les hommes », on y arrive…

Malgré son peu d’ambition, j’ai beaucoup de tendresse pour « Over the hedge » (plus court et moins tarte). Rien que l’opossum qui simule sa mort shakespearienne m’éclate, alors je n’ose parler de (alala, je suis tellement désolé…) la voix de Clovis Cornillac pour le raton-laveur que je trouve juste exquise, parfaitement dedans, tout comme Laurent Gerra pour la voix fatiguée de la tortue méfiante (olala, j’ai honte…).

Pourtant, c’est moche hein. Comparé au majestueux volcan de textures et de couleurs des « Croods » ou de « Dragons », Over the hedge fait déjà figure d’antiquité aux polygones Legoland. Mais sous le recyclage, la façon de speeder le récit est fraiche, l’ambiance comique réussie et heureusement beaucoup moins caca prout que dans un « Shrek ». L’animation des personnages garde la ligne hystérique de « Madagascar » mais arrondit les angles, affine les postures et les mimiques, prépare le terrain pour la touchante humanité de « Dragons » et de « Croods ». Le chara-design s’en trouve sans doute moins audacieux et original que la moyenne mais c’est propre et bien animé avec une caméra virtuelle très fluide et rapide.

Et puis, le principe du raton-laveur roublard qui se sert de la gentillesse d’animaux des bois innocents pour régler son problème de crackers avec un ours en hibernation et se trouve peu à peu une famille en leur inculquant les joies de la malbouffe et quelques cours de psychologie du comportement humain, ça me le fait ! Je ne comprends pas vraiment ces notes de merde même !

Bon, c’est tout gentil et d’un clipesque hallucinant certes. Par exemple ce passage de shopping sauvage chez les Hommes, entre autres, du bon gros passage musical « résumé express » tout dégoulinant mais je sais pas quoi dire, moi qui en plus déteste tout tube commercial trop joyeux, toute idée même de surplus de joie presque, et bien j’aime même cette chansoooon !
Bordel.

Le duo raton-laveur audacieux / tortue prudente, leaders plus malins que la moyenne, fonctionne bien imprimant le rythme élevé adéquat à l’ensemble. Verminator et ses machines tueuses sont cools aussi. Et Shaâh le chat allemand ! Et Zamy l’écureuil sous acide !! Je le trouve génial ! Plus drôle que Scrat ! Au moins, il ne fait pas toujours la même chose. Et les petits porcs-épics qui deviennent fous sous caféine ! Et Zamy sous caféiiiine !!

Mmmh, bref, les personnages sont moins énervants que dans pas mal de longs-métrages suivants et j’aime toujours « Over the hedge » plus que de raison.

[1]cf ce joli site mémoire de 1998 et ce wiki sur l’histoire et l’influence d’Imagina

SC

overthehedge0

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