Bad Boy Bubby (1993)

Bad_Boy_Bubby

Young Boy

4-50

Un film classé culte qui vaut son buzz, dingue ! Je l’ai vu parce qu’il avait l’air authentique sous sa promotion senscritiquienne acharnée, promotion assez insensée quand on pense à ce film clairement trash au milieu des sorties propres du moment, mmh… J’avais des doutes forcément, on n’impose pas un culte, et c’est là qu’on soupèse la puissance de prescripteur que peut atteindre Tarantino. Une phrase de sa part et c’est bon, c’est de nouveau vendable comme un objet culte et déjanté. Dingue.

La première partie séquestration annonce quelque chose de très glauque et ça aurait pu beaucoup m’énerver. Manque de bol, la suite est excellente ! Un délire crade éclaté qui penche tout d’abord vers un « Taxidermie » mais évite bientôt brillamment le pathos. La fraîcheur surnageant sur le glauque y est remarquable et appuie merveilleusement la tolérance face à la différence. Bubby, attardé et séquestré, enfin libre de sortir de chez lui, prend contact avec la population et au lieu d’utiliser le traditionnel mouton noir qui s’en mange pleins les dents, Rolf De Heer prend le parfait contrepied en télescopant Bubby à une galerie de déjantés qui l’acceptent pour ce qu’il est le plus normalement du monde, car c’est bien connu, le monde est rempli de malades. Et bientôt, c’est lui qui fait briller cette acceptation de la différence sans aucun discours lourdingue. Une simple intervention dans un live rock lui octroie une position culte qu’il assume aisément à la lumière de son manque total d’inhibition. Il se révèle même bientôt le plus sain d’entre tous pour guider les égocentriques brebis égarées d’un monde en perdition. Le discours est simple mais brillamment appuyé par une ribambelle de situations plus dingues les unes que les autres imprimant un rythme étonnamment soutenu comparé à la première demi-heure volontairement claustrophobique.

Plus encore, à la différence d’une tonne de films d’exploitation surexcités souvent sans fondement, s’y ajoute une mise en scène posée, très belle et la dizaine de directeurs photo n’aura pas été utilisée en vain car l’image et sa composition sont souvent remarquables.

Nicholas Hope est tout bonnement parfait, à fond dans son personnage, proche de la caricature sans jamais tomber dedans, sachant être touchant ou explosif quand il le faut. Le reste du casting de freaks est utilisé à sa juste valeur, au naturel, là encore sans excès de glauque, et ça fait du bien.

Un pur produit brut de décoffrage plein de sueur et d’irrévérence cher à l’Ozploitation et un film à tendance anarchique assez unique en son genre dans le sens où il est un des trop rares à offrir un véritable message derrière son délire freak show.

SC

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