The Mist (2007)

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Mistodonte

4-25

Je l’ai revu donc il devrait perdre des points… Mais tant pis, ça marche quand même, les extrémités que Frank Darabont cherche à étaler sont toujours là. Il est très fort pour faire accepter des personnages caricaturaux de toute façon, et sait les pousser assez loin pour les faire joliment imploser. Leur franchise est appréciable, ils réagissent comme espéré, sans ambages.

Dès la dixième minute, tout le monde est méchamment dans la mouise, j’aime, pas besoin d’une heure pour être dans la mouise. Ensuite, il n’y a que des connards qu’on a envie de trucider, le politicard black et la prédicatrice atteignent les hautes sphères dans le registre, ce qui appuie terriblement le dicton « une foule, c’est con », puisque nous aussi avons rapidement des envies de meurtre et de violence, d’autant plus si cette foule a peur. Ici, elle est terrorisée et fait face au pire des cauchemars digne d’Half Life. Côté peur, c’est donc plaisant, pas frustrant.

Il faut vraiment savoir faire abstraction du rendu dégueulasse des tentacules et des gros « chiens squelettes volants », pas évident certes, leurs mouvements restent sympas en passant outre l’incrustation parfois cheap, mais concernant les autres bestioles, les taons géants, les araignées et les homards quadripodes impériaux, c’est juste excellent. Les grosses mouches qui se collent aux vitres, les araignées qui balancent de la toile alien et pondent dans les cadavres, les géants qui choppent un homme comme une biscotte au petit-déj’, les sévisses sont spectaculaires, la menace constante, oppressante et le brouillard ambiant fichtrement bien utilisé. Il camoufle habilement les textures de synthèse in-montrables autrement, suggère et décuple la tension. L’horizon bouché est toujours placé au centre du problème.

La fin, terrassante la première fois, est toujours marquante, très « tiens, prends ça ! », mais tout de même assez gratuite et maladroitement conclue à la revoyure

comme si le dragon sacré était passé par là d’un seul coup.

Thomas Jane (qui incarne officieusement Drew Struzan, marrant) est vraiment une purge aussi, un ersatz de Christophe Lambert c’est dire, mais on lui demande juste de ne pas savoir quoi faire et c’est donc assez marrant de le voir craquer petit à petit. J’étais content de voir le kid qui trouve ça cool au début virer aux larmes et à la détresse (oui, je suis un sadique), l’ennui, c’est qu’il ne s’arrête plus après, il va falloir l’arrêter à un moment… Et ça fait plutôt plaisir de redécouvrir pleins d’acteurs qui deviendront des piliers de Walking dead. On n’est pas loin d’un condensé de la série Walking dead d’ailleurs.

Ça vaut toujours le coup quand même. Cette histoire de Stephen King a un potentiel monstre et il n’y a toujours que trop peu de réalisateurs qui savent comme Frank Darabont en extraire une partie alléchante du jus. Toute valeur héroïque y est copieusement et consciencieusement saccagée sur l’autel de la superstition et du fiel humain et ça fait plaisir. Le danger et la survie valent le détour, plus encore en tant qu’amateur de films de monstres sans doute.

ps : il faut absolument que je vois la version noir & blanc.

SC

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